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20/12/2008 Une journée au Furia
| Report |
by gringo pour fm-r Après s'être brûlé les ailes l'an dernier avec une programmation (QOSTA, Sonic Youth) et des dates audacieuses le Furia revenait cette année a une formule plus traditionnel. L'affiche gardait suffisamment d'atouts néanmoins pour me rendre en province profonde (à Cergy Pontoise) par un beau dimanche d'après midi. Première surprise à la descente du RER : les flics. Ceux ci ne trouvaient pas mieux que d'aligner les festivaliers en colonne afin de dénicher courageusement 3 boulettes de shit. Voir cet ersatz de reportage TF1 m'a fait regretté mon prochain chèque pour les impôts... Enfin pendant ce temps au moins ils poursuivent pas les sans-paps à la sortie des maternelles.
Après un passage rapide à la file d'attente (point positif pour l'orga), un coup d'oeil trait aux Wriggles (qui ont perdu deux membres... courage plus que trois Wriggles à se débarrasser et on ne parlera plus des Nouveaux Frères Jacques), on se rend au premier concert. Mouss et Hakim de Zebda, reprennent des chansons sur l'immigration d'émigrés kabyles et algériens. Si leur projet 100% collègues n'avaient pas d'intérêt, si les reprises de chants révolutionnaires par les Motivé-e-s était un projet intéressant mais affreusement mal réalisé (le Temps des Cerises transformé en youlahiou bavarois ou le massacre du Chant des partisans en hymne pour supporter de foot résonnent encore tristement à mes oreilles), ce projet est à la fois intéressant et fort bien foutu. Le groupe arrive à nous danser dans son univers. Un concert très sympa et militant pourvu qu'on ne soit pas totalement rebuté par l'aspect festif de la chose. Ensuite petit tour à l'espace journaliste où on apprend que le bar est en libre service... mmmh.
Ayant vécut quelques temps au Québec, il fut difficile de passer à côté du phénomène Cowboys Fringants, sorte de mix entre Louise Attaque pour la musique, et Renaud pour les paroles. A la simple vue de ces deux noms les lecteurs des Inrocks auront sauté d'eux même ce paragraphe pour aller directement au chapitre Comets on fire. Reste que ça reste fort sympathique, bien rythmé avec quelques tubes : En Berne (sorte d'Hexagone), Les étoiles filantes (sorte de Mistral gagnant), 8 secondes (Fatigué). Manquait plus que Mon Chum Rémi (Manu)... c'était ben'l'fun mais rien d'inoubliable la dedans. Ah si un panda géant m'a fait une bise.
Vient ensuite Fancy et son rock glam qui se la pète et son chanteur à la voix de Bee Gees suraigüe. On aime ou on déteste, je déteste. Mais il sait foutre une ambiance. Pas de chance c'est Kaolin qui prend la suite. La tartiflette n'arrivant pas à passer on file laissant le groupe jouant devant un public clairsemé (le tube chanson française Partons vite a provoqué un malentendu. Kaolin n'est pas un groupe pour fan de Patrick Bruel. C'est juste un mauvais groupe de rock). Après s'être empiffré de ptits fours et de coupe de champ (des rapias ont fini le fût de bière....) on va voir The Heavy (désolé mais je n'ai strictement plus aucun souvenir de ce concert)
Ma camarade ayant été une grande fan des Stereophonics (mais cette phrase se met elle encore en présent ?), nous retournons à la grande scène. J'avais déjà eu l'occasion de voir le groupe en première partie des Stones il y a 5 ans, pour une prestation très oubliable. Depuis le groupe à lentement mais surement quitté les devants de la scène, peu à peu reléguer au rang de troisième couteau. Mais à défaut d'être géniaux, ils restent agréables à l'écoute, les quelques tubes du groupe passant bien sur scène. Nous aurons même droit à un excellent Maybe tomorrow, chanté par Kelly Jones, qui essaie de faire ce qu'il peut pour cacher le fait qu'il aura bientôt 35 ans.
Après ce grand moment de rock lait fraise, arrivent les Comets on Fire et leur musique bruitiste. Devant les 50 personnes réunies sous le chapiteau (le public à Cergy est très chanson Virgin radio...), le groupe livre une prestation énorme à faire passer Sonic Youth pour un groupe de ska festif. Une vrai transe et une très bonne découverte du festival, qui arrive à point de la journée.
Hélas, hélas, hélas après ce concert, joue sur la grande scène, ce troubadour des temps modernes qu'est Cali. Programmé partout cet été, arrivant avec une tournée électrique (on échappera au moins aux pénibles violons), cet homme n'aurait jamais du être autre que bateleur de foire, vendeur de robot électroménagers sur tous les marchés de la Catalogne... Malgré sa sympathie liquoreuse, afin de prévenir tout geste de désespoir on décide de s'enfuir. Malheureusement le bonhomme joue une demi-heure supplémentaire afin de pallier à l'absence de AaRon qui, tels Metallica devaient jouer avec orchestre symphonique.
Keny Arkana commencera donc avec une grosse demi heure de retard. Si elle ne sauvera pas le rap française, la Marseillaise a déjà pour elle d'avoir une vraie conscience politique, de ne pas louer des voitures de luxe le temps d'un clip, de n'avoir fait aucun duo avec une vieille gloire de la chanson française en mal de jeunisme, de ne pas verser dans la moralisation curé extrêmement chiante (comment peut écouter Abd al Malik sans rire ?) et d'être explosive. On excuse à une boule de feu de verser parfois dans la démagogie. Keny Arkana a la rage communicative. Une militante artiste qui fait du bien dans la niaiserie politique de la scène française. On se souvient encore qu'elle avait envoyé bouler sa maison de disque, choisissant d'annuler une tournée plutôt qu'une série de forum sociaux, ne gardant qu'une date, gratuite, à la prison des Baumettes. Elle y était arrivé avec des gros cartons de disques, avait foutu le feu au public et exprimait par la même ces opinions abolitionnistes. Un très bon moment.
Après un bref détour par RJD2 (je me rappelais pas que c'était aussi chiant) dans un chapiteau (pour une fois) plein, on rentre vite pour ne pas louper le dernier RER, heureux de cette très bonne journée.
Si les têtes d'affiches sont très chanson/chanson-rock, sans pour autant totalement tomber dans le vulgaire, la prog cache quelques pépites. Facilement accessible depuis Paris (même si le Parisien se déplace plus facilement en TGV qu'en RER), le site est très agréable. Un bon festival, à l'abris des mastodontes auxquels il a renoncé de son confronter. On reviendra certainement.
PS : Désolé pour le retard. J'attendais la chronique de la veille qui n'est jamais venue.
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