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12/12/2011 Transmusicales - 01,02,03 décembre 2011 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


Un an. 365 jours d’homélies et d'ennui. Douze mois interminables de patience, d’attente, de retenue, d’excitation pour enfin, avoir sa dose de surprises, de découvertes, d'explorations. Aujourd’hui, on ouvre la première case du calendrier de l’avant. Et les Transmusicales ? Aussi, oui.

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JEUDI 01 DECEMBRE 2011

Repu, nous filons à la Cité, admirer la douce GROUP RHODA pour nous plonger dans son atmosphère pesante, inquiétante et nébuleuse. Assez raccord avec la météo rennaise, si l’on oublie la finesse de la jeune fille. Dans un registre différent mais tout aussi apaisé, MICHAEL KIWANUKA joue la parfaite bande-son soul d’un dimanche après-midi d’automne sous la pluie. On est tout même bien loin de Saadiq. Calme et volupté étant de mise, les BUMPKIN ISLAND clôturent le bal par une délicieuse pop-folk aux faux airs d’Arcade Fire. Joli final au milieu du public, avec un Sunday Morning des plus convaincants. En deux mots : Mi Gnon. Un imbroglio bancaire vient bouleverser la donne. Tout ça pour être accueilli au Liberté par VINNIE WHO, ersatz électro de Mika, lui-même ersatz pop de Freddie Mercury, c’est vous dire la dilution… Dur. LEWIS FLOYD HENRY et son beau chapeau rattrapent un peu le coup par un solo blues-rock. Peu commun. Sauf que 50 minutes, ça esquinte un peu les oreilles. Peut-être pas sa faute remarque. Les styles s’enchaînent comme des perles (sans huîtres, snif). Impossible de ne pas penser à Kusturica ou Shantel, en écoutant MAGNIFICO. Un son balkanique certes, mais sans excès. Un (petit) détail qui fait la (petite) différence. Rien de transcendant pour autant. Quelle mouche a piqué CAPOCHA ? Le hollandais gesticule, crie et dynamite l’ambiance par un show électro-rock à tendance tekno (à différencier de la techno). En voilà un qui vit la musique comme un véritable exutoire. Pour la qualité musicale, on repassera hein, car c’est sacrément crégnios. WE ARE STANDARD pose le jeu avec un post-punk agréable, malgré un chanteur hésitant (tout en retenue) et un synthé trop présent. Mais une base rythmique  au poil rattrape le tout. Même Jean-Louis en redemande ! Il parait que le début de leur set était brouillon. Tant pis, je n’étais pas là. On pouvait s’attendre au pire en lisant le programme : « toxic avenger », « justice », « sebastian », « make the girl dance ». D’entrée, les scratchs coupent court aux comparaisons. On pense plutôt à du sous-beattorent. Aucun intérêt, ni aucune révolution à l’horizon. Que les CHRISTINE passent leurs chemins. Bien faible ce jeudi soir…



VENDREDI 02 DECEMBRE 2012

L'Ubu rennais, angulaire comme jamais, vomit méthodiquement ses badauds : tous ne seront pas retenus pour assister à la dionysiaque prestation des JUVENILES. D'étonnants relents de formol buriné flottent dans le hall, alors que la fête n'a débuté que la veille. Quel peut en être la cause ? Quelques notes mineures s'entrechoquent. Fierté et nonchalance se télescopent : le si peu attendu trio rennais ouvre l'après-midi et pilonne d'entrée l'éventuelle concurrence. Assumant leurs penchants (musicaux), les fanfarons distillent sans fard leur pop synthétique, avec assurance et plaisir. Allégresse partagée, béatitude prochainement exaucée ?

Annoncée depuis quelques semaines comme probable révélation, SALLIE FORD & THE SOUND OUTSIDE ne rate pas l’occasion et confirme les espoirs mis en elle (via le tube « Danger ») par un fabuleux live rockab’. La Cité swingue sur cette voix blues de dingue et cette guitare country-rock. La pure dégaine années 50 enfonce le clou (ça sent la Cadillac à plein nez). A revoir l’année prochaine dans vos Smac. La prétendue farfelue MAYLEE TODD a l’air bien fade après ça. Les canadiens ont toujours eu un sens du « décalé » approximatif…

On est attendu par diverses fausses obligations, on vaque d'apéros en dîners mondains, oubliant pourquoi l'on est venu là. Fatale erreur. Si la Cité rabrouait elle aussi ses trop nombreux invités, les bars rennais en font quelque-peu de même. Difficile donc de se glisser dans une masse houblonnée avant une heure avancée : on file en navette galactique au Parc Expo pour respirer l'air de demain.

Elle nous dépose juste assez tôt pour profiter des 30 minutes du show de BRETON. Court mais calculé (pour provoquer le manque, l’envie). Leur indie-rock mâtiné d’électro sombre couve une puissance mélancolique. Il se pourrait bien qu’ils soient la nouvelle coqueluche anglaise des prochains mois. Au même moment, dans un hall 4 au public clairsemé, les catalans de ZA! développent un math-rock rafraichissant et spontané. Le batteur tape sur tout ce qui bouge, sauf sa batterie, et déclenche des montées d'adrénaline au public. Réveil brutal avec KAKKMADDAFAKKA (plus de K que dans le Youkounkoun de Bourvil !). La joie d’Abba (Suède) et la folie d’Fm Belfast (Islande), ça donne une Norvégie sous courant alternatif, à grand coup de pop délurée et animée. Trop tard pour les excellents SOULEANCE, déjà passionnants aux Nuits Sonores et au Worldwide. Fichtre ! Tout en douce tristesse, la musique post-rock du groupe de ROBIN FOSTER semble le parfait moment pour s’embrasser et s’enlacer. Je m’exécute. Jusqu’au baroud d’honneur, en montée électrique. Après cette grisaille, le reggae d’HOLLIE COOK sent bon le soleil. Déjà bookée ci et là pour la rentrée, la fille-de semble s’asseoir sur ses lauriers. On s’ennuie assez vite. Never Mind The Dreadlocks !  ORCHESTRA OF SPHERES, rien que le nom fait rêver. Un peu moins que leurs lampes sur la tronche, façon Splinter Cell sous exta. Musicalement débridé (ethno-psyché ? waw) et inconsistant. Heureusement, une petit claque nous attend du côté de COLIN STETSON. Seul en scène avec ses saxophones, son souffle hypnotique et sans fin (respiration circulaire) nous méduse. Chants de baleines, barrissements d’éléphant, grincements de violons, boucles calfeutrées… Un effet bœuf ! Chapeau l’artiste ! S'en suit un excellent DJset du norvégien TODD TERJE. Tout en volutes nu-disco et armada deep-house, le mec fait monter la température et la sève. Ca donnerai presque envie de faire une partouze géante. La prestation amoureuse du viking se conclue par l'intégrale de Whitney Houston. Petit saut dans le monde d’ALEXANDER TUCKER. Psychédélisme tribale et expérimentale zénifie nos corps. Relax Max. Nous voilà arrivés au tournant de cette troisième soirée. Le hall 9 dégueule de monde et est prêt à accueillir le trop attendu SBTRKT. Dommage, le dubstep de chambre ne prend pas Ils envoient valdinguer les modèles attendus, en présentant un trio classique et oubliant ces somptueuses mélodies. Il faudrait que les dubsteppeurs finissent par se rendre à l'évidence : les featurings vocaux mielleux et la batterie électronique, c'est à fuir comme le Choléra. Un quart d'heure de feulement plus tard, la vindicte populaire nous signale que FUEL FANDANGO enflamme le Hall voisin. Ni une ni une, télé-transportons nous devant cet étonnant band, qui malaxe flamenco déjanté et  pop lubrique. Happée par cette déferlante soudaine, les guiboles, jusque là bringuebalantes, retrouvent une jeunesse insolente, au rythme des coquins espingouins. MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE pond un bon set de deep-house hypnotique. Le changement d’ambiance n’en est que plus terrible. SILVERIO,soit une boîte à rythmes, un slip rouge et une vocifération de paroles espagnoles. Mouais… Sans doute un cousin éloigné d’Un Poquito Senor, mais sans l’humour ni le talent. Pour STUCK IN THE SOUND, c’est presque trop facile. Ils sont rôdés et énervés. Du bon rock français. Mais on le savait déjà. Que font-ils ici d’ailleurs ? Un passage à la Green Room où NIVEAU ZERO envoie son dubstep de guerrier à un public venu en découdre frontalement. Ne reste plus qu’à supporter 30 minutes de palabre alcoolisé sur les exploits de Rémy Gaillard, avant de profiter du lit…


SAMEDI 03 DECEMBRE 2011

Les courbatures commencent à peser et le froid n’arrange rien. Transmusicales, tu nous abîmes chaque année et l’on revient… ZOMBY sonne la reprise. Affublé d’un masque Anonymous (rébellion mec), terriblement peu pratique pour enquiller sa bouteille de champ’ au goulot (bourgeois mec), le garçon délivre une IDM par forcément inintéressante au début avant de s'engluer dans un mix (plutôt poussage de disques) vulgaire. Même constat pour MEXICAN INSTITUTE OF SOUND, un genre de Dusminguet électrifié, avec une teinte d’électro fuego go. J’attends le déclic. Là où Tiny Masters Of Today (11 et 13 ans) avaient échoué en 2007, CARBON AIRWAYS (14 et 15 ans) marque le point. Totalement décomplexé, leur électro-punk captive le hall 9. Quelle pêche ! Quelle excitation ! Remarque, se prénommer Enguérand et habiter Besançon, ça énerve. Tout de même agressif, voir inaudible sur la longueur. C’est un bon début. Passez votre bac d’abord ! Belle catastrophe que cet essai de régulation de circulation des foules aux portes du hall 9. On rentre obligatoirement par ici, on sort obligatoirement par là, des barrières et des vigiles trop présents, des files de moutons, du temps perdu… A revoir. L’abstract hip-hop enfumé, torturé et « décadencé » de SHABAZZ PALACES nous laisse songeur, tant il passe son temps à saborder ses propres morceaux en les raccourcissant. Un passage au hall5, dans l'optique de se remplir un minimum le bide avant la suite de la soirée, et nous voilà encerclé par une bande de mineurs sautant dans tous les sens. Et oui, la scène du Mouv' laisse DON RIMINI et BAADMAN s'exciter comme des gamins pour un DJset techno tristement parisien, ouvertement ridicule. A la rigueur, que Baadman kiffe les sonorités acides, on peut le comprendre, il a 17 ans. Par contre, pour Don Rimini, ça sent l'escroquerie à plein nez. La bouffée d’oxygène vient des danseurs hip-hop du POKEMON CREW. Trop court (15 minutes), mais salvateur. Ça change ! Faire des guili-guili à NGUZUNGUZU serait un comble. Lui nous fait le coup du dj hip-hop, calé, ouvert (électro, world), mais sans rien apporter à l’édifice (Presley). Style « identique », mais la classe en plus, le coriace SPOEK MATHAMBO est la vraie première lueur de la soirée, rappelant la furieuse prestation de DJ Mujava, quelques années auparavant. Comme dans toute bonne configuration h.i.p h.o.p. le gredin est cerné par son meilleur ami MC, d'aimables créatures ondulantes et d'un pousseur de disques tapi dans la pénombre. Si le spectacle visuel n'offre que peu de perspectives, son set binaire, dosant parfaitement dancehall, kuduro et techno, raffole la midinette aux grosses fesses que je suis. Pas simple pourtant de jouer en face de la tête d’affiche du week-end, AGORIA. Le lyonnais va littéralement éclater la concurrence techno du festival grâce à un set puisant toute sa force dans la techno et la house des 90's (de Plastikman à Laurent Garnier en passant par Dave Clarke). C'est extatique d'un bout à l'autre, le public, connaisseur, passe son temps les bras levés. On a eu droit à un grand Agoria ce soir. Il faut bien passer à autre chose. JANICE GRAHAM sera notre rupture. Le binaire est notre meilleur ami : le 2-tone est de sortie ce soir, sonnez trompettes, résonnez basses & batterie. Set rugueux et accentué, qui détonne sec pour les uns, déception et absence de ska à l’anglaise pour les autres. Elles sont où les Gameboy de HUORATRON ? Car l’électro acido-saturée c’est dépassé. Il faudrait lui dire. Premier bé(demi)mol de la soirée : l'inutile SPANK ROCK passionnant il y a dix ans et dont le sound-system n'intéresse désormais plus grand monde. Vient l’heure de seconde coquille : COMPAGNIE ENGRENAGE. Soit un dj et six profs de danse façon G.O. d’un Club Med en perdition (ou show télé d’aérobic sur le câble, ou encore parade break-dance de Long Island). Les Véronique et Davina de la soul ? On est où là ?! Pathétique pour les uns, intrigant, improbable et so Transmusicales pour les autres. Notre voyage au bout de la nuit se finit dans une douce et envoutante atmosphère : celle des psychédéliques gens loups (aka WOLF PEOPLE) qui déterrent avec élégance les premiers essais led'zeppeliens. Comme pour Wooden Shjips l’an dernier, ça se termine par un concert « à la papa ».



CONCLUSION

Une année moyenne en somme, avec peu (voir pas) de grosses surprises, mais quelques bons souvenirs à raconter aux copines (Agoria, Sallie Ford, Todd Terje, Colin Stetson, Spoek Mathambo, Juveniles, Group Rhoda, Bumpkin Island, Breton, Kakkmaddafakka, Wolf People). Comme chaque année, on espère de nouvelles choses, différentes, intéressantes, passionnantes. Comme chaque année on espère ceci, puis on est surpris par cela. Comme chaque année on repart, des étoiles plein les yeux et les oreilles. Merci, merci Père Noël. JLB vous dites ? Peut-être…



BONUS : Les bons mots du week-end

- "On dit rennais ou renoi ? J'te demande ça parce que j'ai lu "renoi" dans l'Monde."

- "T'as pas le 06 du bassiste de Juveniles ? J'en ferai bien mon quatre heures."

- "Pardon m’sieur, j’ai pas d’mains" (aux urinoirs)




écrit par berlintobarcelona, playmobiiitch et jogging vert



04/01/2012
Le d'Agoria répondait à une demande de l'intéressé. En effet, 1 mois avant, Agoria a demandé à ses fans de proposer des morceaux techno/house des 90's. Le Lyonnais avait prévu un set uniquement old-school. La première heure était tout simplement sans faute, d'une rare cohérence et justement, fichtrement inspiré. L'enchaînement du Spastik de Plastikman avec le Jaguar d'Underground Resistance (puis ensuite de Red2 de Dave Clarke) c'était plus que du petit lait. Mon cerveau s'est liquéfié à ce moment là. La fin du set était par contre plus "facile" avec les morceaux clés d'Agoria. C'était un set de puriste, je peux donc comprendre qu'on ne puisse pas totalement accrocher. Pour ma part, je retiens la technique sans faille d'Agoria et un set hommage d'une rare puissance.
by berlintobarcelona


16/12/2011
Je pense qu'on n'a pas vu le même set d'Agoria... C'était loin d'être une folie... On l'a vu plus en forme et plus inspiré...
by Loulou


13/12/2011
[quote=ravbru]Je rajouterais l'excellent concert de Hanni El Khatib[/quote] Auquel certains auraient bien aimé assister mais le hall était "complet" :p
by playmobiiitch


13/12/2011
Je rajouterais l'excellent concert de Hanni El Khatib
by ravbru



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