Petit détour par Vendôme pour le vendredi soir des Rockomotives. A l'affiche : Marvin, Boogers, The Chap mais aussi le très attendu Peter Doherty. Live-report.

Pete Doherty est un type agaçant. Le genre de gars capable de vous faire passer votre vendredi soir dans le Loir-de-Cher et, malgré un concert moyen, de vous charparder une certaine admiration. Alors bien sûr, il y a ce grand guignol, la gueule enfarinée, qui fait tomber sa guitare et picole nonchalamment sur scène. Bien sûr, il y a ces grotesques danseuses en tutu dont on se demande franchement ce qu'elles viennent foutre là. Voilà pour les pisse-froid. Mais que dire alors de cette voix ? De ces accords qui sonnent comme nuls autres ? De tous ces titres qui ont bercé l'éveil rock d'un essaim de désormais quasi-trentenaires ? On l'avait rêvé héroïque, le concert du britannique à Vendôme ne méritera finalement qu'une mention assez bien. Mais avec de vrais instants de grâce comme la sublime interprétation du « Can't Stand Me Now » des Libertines. Fin du spectacle : Pete - ou plutôt Peter - Doherty entame les premiers accords de « Fuck Forever ». Puis s'arrête juste avant le refrain. « Thank you very much ». Pete Doherty est un type agaçant et c'est tant mieux.
Autre sensation de la soirée : Marvin. Chargée de clôturer la fête, la formation noise-rock montpelliéraine se met en branle vers les deux heures du mat'. Sans aucun doute le moment idéal pour frapper fort. Devant un public lui même un peu frappé par les effluves de « gris » (ndlr : séduisant rosé local), le trio balance un set entêtant voire dansant. Avec de tels arguments, Marvin a certainement de quoi se frayer un chemin au-delà des frontières de l'underground noise. Décloisonner ? C'est aussi le truc de Boogers. Sorte de Remy Bricka version 2.0, le garçon barbu enchaîne, sampler et guitare en bandoulière, des chansons simples mais sacrément bien bricolées. A découvrir notamment le très bon « I lost my lungs ». Drôle (souvent), déroutant (parfois) et donc (forcement) à suivre. Une formule qui marche aussi, mais à un moindre degré, pour les londoniens de « The Chap » et leur foutoir indiepop.
Passé ce tour des groupes, on retiendra surtout la belle ambiance et les conditions parfaites qui font le charme des « Rockos ». Loin des grands raouts estivaux et de leurs meutes de VIP badgés, le festival vendômois offre une recette conviviale et (d)étonnante. Un truc à vous refaire passer votre vendredi soir dans le Loir-de-Cher.
> Retrouvez aussi l'interview des Rockomotives (20/10/10) : http://bit.ly/bgsLnK