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09/05/2009 Roadburn 2009 : Bière, gros son et grosse barbe
Report
by Conrad pour fm-r


14e édition de ce festival printanier réunissant chaque année la crème de la scène dite « lourde » et psyché. Une institution du genre permettant à l’amateur de découvrir des petits groupes montant et d’apprécier les champions de leur catégorie dans des conditions idéales. Complexe de quatre salles en plein centre ville avec possibilité d’entrée et de sortie très libre. Cela permet d’aller profiter des terrasses de la charmante ville de Tilburg dès qu’un créneau se présente (finalement assez rare) et d’y croiser les membres des groupes discutant avec des fans.

Premier jour, premier groupe, première claque. Ufomammut ouvre le festival sur la grande scène dans une salle presque pleine dès l’ouverture. Après un set très lourd et psychédélique mais très bon, les lumières se rallument et le spectateur novice s’en va découvrir les autres scènes. Première déception, l’excellent groupe de stoner Farflung joue dans la Bat Cave (150 places), qui comme son nom ne l’indique pas, est à l’étage. Très en longueur avec une seule entrée, il est difficile d’y accéder tant les gens sont tassés à l’intérieur. Premier rire devant Baroness qui se la joue heavy metal non assumé, on passe, un des rare groupes du week end qui ne restera pas dans les annales pour sa musique. Les bons concerts s’enchainent, les jeunes techniciens de Radio Moscow et leur blues rock qui décoiffe, les habitués du festival d’Orange Goblin. On les retrouvera plus tard dans le hall avec leur Orange Goblin Metal Disco.
Puis arrive Amon düül II, légende du krautrock. Là… le temps a fait son effet sur les membres du groupes qui ne jouent pas forcement le meilleur de leur discographie. C’est une déception générale et on sent une salle amorphe qui pourtant avait été bien échauffée par le gigantesque chanteur d’Orange Goblin. Les plus téméraires iront voir Zu et leur son déstructuré laissant d’irréparables traces sur la santé mentale tant ils sont imprévisibles. Ensuite vient la claque de la journée, voire du week end pour certains : Motorpsycho. Les norvégiens s’installent, et enchainent les chansons, voir les albums complets d’un seul tenant (des titres de 45 minutes) et 2h50 plus tard, on ne comprend pas ce qu’il s’est passé, on reste la devant la scène avec un sourire en pensant qu’on vient d’arriver. Le son est parfait (une constante sur la main stage), les visuels assurent, pas un seul moment d’ennui. Chacun rentre à son logement un sourire vissé au visage.

Vendredi, on commence par les roumains de Negura Bunget et leur black metal métissé d’instruments surprenant (flute de pan, une espèce de porte et une sorte de trompette didgeridoo). L’enchainement avec la fin de Bohren und der club of gore est pratiquement un choc. Salle en pénombre, jazz, lourd, très lent (groupe le plus lent du week end, et on a pourtant vu Earth) et planant fait du bien. Neurosis étant la star du week end, le Roadburn a laissé la chance aux chanteurs de Neurosis de défendre leurs projets solo respectifs. D’abord Steve Von Till qui ne nous convainc guère avec un projet guitare voix bourré d’effet, pas mauvais, pas passionnant. On se rabat vers la grande scène rapidement. Force est de constater qu’une grande majorité du public est venue aujourd’hui pour voir Cathedral et Saint Vitus. Ils seront comblés par Angel Witch, bon groupe heavy qui s’assume lui. Petite pause nourriture qui permet de découvrir la ville de Tilburg puis on enchaine avec Cathedral. Peu convaincant, certains vont préférer être scotché par le show qui se déroule sur la « quatrième scène », dans un autre bâtiment qui abrite, projections, et le merchandising. Seven That Spells, petit groupe croate y exerce sont rock psychédélique, le quatuor guitare, basse, batterie et saxophone fait mouche. Saint Vitus, groupe culte pour une grande partie de la salle, aura du mal à nous convaincre à cause d’un son trop approximatif et d’un batteur qui ne l’est pas moins. On ne verra que quelques minutes à notre grand regret d’Omega Massif dans la batcave qui déborde de public, le groupe porte excellemment bien son nom, et les 10 dernières minutes on sonné comme trop peu. Un petit passage sur la petite scène ou le second des chanteurs de Neurosis, Scott Kelly, présente son projet solo. Sans être mauvais, l’humeur ne suit pas. Aucune atmosphère ne se dégage, important pourtant pour quelqu’un en acoustique guitare voix. Colour Haze prend la relève sur la grande scène. Pendant 1h45, les allemands font le même effet que Motorpsycho la veille. Au programme, voyage dans les années 70, détour par l’Inde pendant 15 minutes avec un magnifique passage à la cithare. Un pur plaisir. Encore un retour au logement le sourire aux lèvres en se disant que cette journée fut monumentale.

Samedi, dernier jour de festival et journée spéciale puisque programmée par Neurosis baptisée Beyond The Pale. On commence par un petit tour dans un bar juste a coté de la salle ou joue Beehoover, un duo allemand dans le genre lourd mais cool. Une très bonne initiative. Ensuite vient Grails. Les musiciens s’échangent souvent les instruments et la musique suit toujours. Très intéressant et plaisant. Suit Earth qui passe mieux que prévu à l’apéritif dans une grande salle. Eugene S. Robinson (habillé) est chargé de faire fuir le public dans la batcave avec un peu de spoken word peu captivant, le tout se termine par un titre décoiffant d’Oxbow. Pendant que certains vont faire une sieste devant Six Organs Of Admittance, d’autres constatent la difficulté d’écrire en français malgré une musique toujours aussi prenante des Young Gods. La salle tout au long de la journée peine à se remplir, et c’est Om qui se donne le premier succès avec un set offensif mais un peu linéaire. On rate le retour des japonais de Zeni Geva qui semblaient pourtant en pleine forme. Face à Neurosis, rien, un son parfait, un concert qui l’est tout autant. 1h30 de bonheur dans une salle archi comble et bouillante et un public qui répond parfaitement aux américains. Le reste de la soirée est une longue descente avec Skullflower, totalement dispensable, qui fit un set de 30 minutes de bruit pas franchement intéressant. Tribes Of Neurot lui n’est qu’un vaste prétexte pour les gars de Neurosis d’aller plus loin dans leurs expérimentations, mais finalement, dans un no man land, on partira avant la fin, en voulant rester sur toutes les bonnes choses que l’on a vécu dans ce festival hors du commun et presque luxueux. Pour vivre ça, il faudra vous lever de bonne heure, les pass se vendent dorénavant en 45 minutes…

Review par Ceibe et Conrad (à 4 mains et 3 pieds)




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