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23/02/2009 Review Eurosonic @ Groningen, Hollandie : acte 1, sur 2
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by playmobiiitch pour fm-r A Groningen, en Hollande, le premier mois de l'année marque le début des hostilités musicales. Le Noorderslag weekend réunit un festival de découvertes de jeunes groupes européens, un séminaire pour professionnels de la musique et une soirée exclusivement dédiée à la scène hollandaise. Autant de bonnes raisons d'aller se faire voir chez nos amis bataves. Compte-rendu d'une escapade musicale au nord de l'Europe.
Si les noms de Groningen ou du Noorderslag ne vous disent rien, cela ne devrait pas tarder à changer. En effet, l'Eurosonic, composante scénique du Noorderslag weekend, est en train de devenir une référence en matière de découverte de nouveaux talents européens. Pendant 3 jours, plus de 200 concerts ont lieu dans une vingtaine de salles de la paisible ville étudiante de Groningen (Groninge en français).
Pourquoi là bas? Tout simplement parce que la ville profite d'une loi qui autorise les bars qui organisent des concerts à fermer à 4h du matin – cas unique aux Pays-Bas. Située à 200 km au nord d'Amsterdam, Groningen a tout le charme de la vieille bourgade du nord de l’Europe avec ses canaux, ses hordes de cyclistes et ses meules de gouda. Des conférences entre professionnels européens de la musique (Noordeslag Seminar), se déroulent en parallèle des concerts et donnent à l'évènement des airs de Midem indé nordique. Le samedi soir est traditionnellement réservé à la scène hollandaise (Noordeslag Festival) dans la salle de l'Osterpoort, sorte de "convention center" comprenant pas moins de deux auditoriums et une dizaine de salles. Carnets de route d'une virée musicale au pays du gouda, des distributeurs de hamburgers et des cigarettes qui font rire.
Jeudi 15 Janvier 2009
Après avoir avalé deux heures de bitume, entre champs d'éoliennes et marécages, Groningen est là devant moi. Ayant passé six mois d'Erasmus dans cette charmante cité, je reprends rapidement mes repères d'ex étudiant. Pas hollandaise pour rien, la ville fait la part belle aux bicyclettes et aux maisons sans rideaux. Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec le concert d’ouverture qui accueille généralement une « tête d’affiche », à l’instar de I’m From Barcelona l’an passé. Le Grand Théâtre, tout de briques rouges revêtu, nous propose Zita Swoon comme mise en bouche. Regroupé en cercle au centre de cette installation contemporaine, Stef Kamil s'applique en chef d'orchestre psyché et dirige ces troupes divinement bien. Soul, funk, calypso, pop : tout se bouscule au portillon de cet orchestre flamand adulé par Miossec. 45 minutes plus tard, tout le monde lève le camp : le marathon musical et les dilemmes qui vont avec commence.
Principe de base : les prestations excèdent rarement les trois quarts d'heure. Festival de pro donc, mais avant tout de curieux, qui butinent au gré de leur envies et de leur taux d'alcoolémie.
Vu qu'il y a au minimum une huitaine de concerts en simultané, il faut bien trouver un moyen de sélection. Ayant préféré être seul sur ce coup là, je suis mon propre interlocuteur et opte dans un premier temps pour la proximité. Ainsi le Grand Théâtre possède également une déclinaison en version poche deux étages plus haut. Je me retrouve donc dans une salle charmante, avec en son milieu une large scène de quelques mètres de long. S'avance un joli petit bout de femme, répondant au doux nom de Russian Red. Comme son nom l'indique, elle est espagnole. Et m'enchante avec ses fraîches ritournelles, avec l'aide de son complice guitariste. Une jolie reprise guitare/voix de Girls Just Wanna Have Fun pour conclure et hop dehors, direction Sharko au Magic Mirror.
Il s'agit de la même structure que celle du Printemps de Bourges, soit une sorte de petit Cabaret Sauvage. Ca devrait dire quelque chose aux parisiens. Pour les autres, imaginez un hexagone tout de bois vêtu, truffé d'alcôves avec une vaste piste de danse au milieu. Sharko déroule sa pop, et je dois me laisser convaincre sans grande difficulté. Ouvre tes oreilles, c'est du bon, c'est du belge. Deux chansons, une reprise de Bowie, environ 40 personnes. Je lève le camp, direction la salle indé de la ville, prénommée Vera (comme la copine à lunettes de Sami et Scoubidou). Vera, LE club rock de la ville, qui a vu passer tous les plus grands noms du rock indé de ces vingt dernières années, est plein à craquer. Tous les programmateurs de festivals sont là pour découvrir le groupe recommandé par la radio publique irlandaise : Fight like Aps. Un combo rock'n'woll un peu vintage mené à la baguette par une chanteuse à choucroute, qui a du faire ses gammes dans un groupe de métal local. Mélange assez étonnant, harmonieux, un brin foutraque, bonne première découverte. Je joue l'horloge et une demie heure après, un bon burger baveux du Febo dans la main droite, je m'engouffre dans le Vindicat, sorte de salle municipale so 70's, pas rénovée depuis. Esser, la révélation anglaise du moment, déboule sur scène. Faciès cartoonesque, il entame ses tubes de Satisfied à Headlock. Je l'avais manqué aux Trans, trop occupé à papoter dans la cour de la Cité. Je ne manque pas mon tour cette fois-ci. La sonorisation fait clairement défaut, mais l'ensemble reste très cohérent. Je retrouve un peu le son des débuts de Beck, en plus dub. Je danse, je danse, je danse et mon burger au canigou devient de plus en plus mou. Oui, les hollandais ont une junk food un peu étrange...trop bon, trop court, 25 minutes, 6 titres et puis s'en va. La nuit s'avance, minuit sonne. John et Jehn m'attendent au Spiegel, le club de jazz de la ville. Parallèle intéressant : ils jouaient juste avant Esser le jeudi soir à Rennes et je les avais également manqué. Ce soir, la rigueur nordique est mienne et je me faufile au premier rang. Et là, que de beauté! Autant physique qu'animal, un duo féroce, rappelant un peu les Kills, Sonic Youth, la new wave. Mon concert voyeur du soir et surement un des meilleurs de cette virée hollandaise.
Avant de s’offrir deux heures de route pour retrouver ma couche, je finis par un détour au Huize Maas, la plus grande salle du festival – soit deux scènes qui se regardent, arbitré par un immense bar en son centre. Les concerts s'alternent, et les White Lies, nouvelle sensation NME du moment, monte sur scène. Tout de noir vêtu, avec une certaine retenue, le groupe joue proprement ses ritournelles sombres. Sauf que le son pompier de stade dans une salle de 500 personnes m'enlève rapidement les dernières forces qu'il me reste. C'est propret mais entendu trente mille fois : une sorte de pâle copie des Editors en somme. La mine sombre, je quitte le ring. 1h30 : Amsterdam, 176 kilomètres. Vroum-vroum, demain, on remet ça.
24/02/2009 très bonne première copie :) ça donne des regrets de ne pas y être (c'est donc tout bon). by Jogging Vert
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