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09/05/2009 Report Garorock 2009 : un 5 majeur
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by OscarTramor pour fm-r Chaque année, on attend avec impatience le premier gros festival, Garorock 2009 propose une programmation éclectique et riche en découverte, tout pour séduire ! Arrivée sur le site en début d’après midi, et surprise, effectivement les lieux ont été entièrement repensés pour donner de l’espace au public, et c’est peu dire ! Espace détente, espace restauration doublé, et surtout varié, grande scène immense, c’est fini les émeutes entre 2 changements de spectacle. On ne peut que saluer ces gros efforts de la part de l’organisation, le public respire enfin, malgré le tarmac.

Vendredi 03 avril
Guru’s Jazzmatazz feat Solar and the 7 grand players déverse son flow dans le hall expo devant quelques aficionados et curieux, sans me toucher plus que cela…
On entend au loin Oxmo Puccino offrir son hip hop jazzy sans être non plus très attirant. Peut être que le ton un peu trop gentillet du monsieur n’est pas adapté au cadre d’un festival. A revoir dans d’autres conditions car j’avais bien aimé son précédent album « Lipopette bar ».
Le show archi rodé des Puppetmastaz réveillera enfin un public plutôt clairsemé jusqu’à présent. Peu de surprises mais toujours la même folie et un humour démoniaque des rappeurs allemands à têtes de marionnettes.

Changement de formation par la force des choses, la nouvelle formule du Oai star, n’en a pas finit de surprendre, tant elle recèle de ressources et de possibilités. Car c’est bel et bien une richesse inattendue que la chip music de Dubmood apporte à l’aide de sa fidèle game boy ou autre Atari... Imaginez l’insatiable gouaille de Gari, chanteur agitateur entouré de la guitare tranchante de Buzz, des samples dansants de DJ Kayalik, de la batterie reggae rock d’Al bator relevé par les beats simples et épurés 8bits. Cela donne un cocktail encore plus détonnant, apte à transgresser les genres pour rendre honneur au letmotiv du groupe « faire danser les foules ». Et on ne peut pas dire que ce nouveau pari n’est pas relevé avec réussite tant les spectateurs auront usé des revisites des anciens titres « The ballad of Lux B and Gari », « C’est une très bonne journée », « Mets les watts »…, et des inconnues « Fire » (en duo avec Candice d’ETHS), « Baleti atomico », « Je veux faire bruler la mer »… issus du futur Manifesta pour balayer pendant une bonne heure un dancefloor sans relâche. Avec comme un unique intermède des 2 DJs balançant un mix à faire pâlir les aficionados. Chaud bouillant… et on en redemande !
Découverte du Printemps de Bourges 2007, il s’en est passé du chemin pour Cocoon qui délivrera un concert fade et sans saveur. Et ce n’est pas leurs interventions d’une rare mièvrerie qui va relever le niveau. Malheureusement au vu du succès qu’ils connaissent, on risque fort de les recroiser encore sur les routes estivales…

La question qui était sur toute les lèvres ce soir là « Est ce que Pete Doherty viendra à Marmande ou pas? » trouvera une réponse grâce à l’organisation sans faille du festival. Sujet d’autant plus d’actualité car le concert de la veille avait été annulé. Un jet privé et un taxi plus tard pour répondre aux frasques des anglais et surement quelques gros sous, minuit passé, Babyshambles débarque sur scène. Tellement focalisé par les aventures de sire Pete qu’on en oublierait le sujet principal, à savoir la musique du groupe. Et loin du cirque médiatique et des préjugés, on ne peut que constater que c’est un show bien rock’n’roll auquel on aura droit. Electrique, et fédérateur, les Babyshambles libèrent un spectacle à sensations et réjouissant. Ici, pas de concert millimétré, libre cours à l’envie du charismatique chanteur : morceaux, setlist, malléable à souhait. Une heure et quelques forts agréables… C’était franchement un bon moment. Si j’avais pensé dire ça du Pete un jour…
Peu fan du hip hop type West coast, je me rends tout de même sur la grande scène découvrir la legende Ice Cube. Mais effectivement ce style de hip hop ne me touche pas du tout, sans métissage ou quelques guitares, je n’arrive pas à accrocher alors que le public est en phase avec les américains, leur réservant un accueil vivace.
Les déjantés bordelais Kap Bambino lâchent les chevaux dans un chapiteau en furie, avec une chanteuse survoltée à l’énergie débordante. Mais passé la surprise, et l’engouement des beats, son timbre si particulier lasse et fini par agacer.
L’électro hype du moment, c’est le collectif Chinese man, et comme se faire un avis sans connaitre n’est pas très reluisant, direction sous le hall expo « où il fallait être ». Et c’est vrai que les mix sont d’une véritable richesse et donne un coup de fouet aux poncifs du genre. Ils tapent au sens très large dans le hip hop, le rock, le tzigane en passant par le ragga… avec un seul point commun : le groove. De bondissants à dansants, les 2 DJs mettront tout le monde d’accord et confirmeront que le buzz qu’ils rencontrent n’est pas usurpé. Une bien belle manière de conclure une longue journée en décibels.
Samedi 4 avril
Séance découverte en ce début d’après midi inauguré par Radio Moscow, jeunes chevelus en mal d’épopées hippie rock. Evidemment, on pense au grand Hendrix face aux échappés du médiator en terre 60’s, 70’s, mais c’est bien fait et on prend plaisir à suivre les 3 chiens fous.
Direction Belleruche, le groupe a aussi le buzz en ce moment, on en parle partout sur le web, il est temps de les voir en action. Mouvance revival soul de part la chanteuse qui a une voix exceptionnelle, la formation est cependant bien ancrée dans son époque en assaisonnant leur musique de beats électro inspirés. Le cocktail est aussi admirable qu’irrésistible. L’un des meilleurs concerts du week end !
Retrouver les Wampas qui proposent à peu prêt le même spectacle (final sur « Kiss » dans le public, « Ou sont les femmes », « Manu Chao »…) depuis des années se révèle plus fatiguant qu’intéressant. Et dire que Sud Ouest titrera que c’était le concert du festival… Sont-ils seulement allés voir d’autres groupes ?

La star allemande Patrice démontrera à son tour par contre une réussite à toute épreuve face à un public tout acquis. De ses quelques mots en français, de ses rythmes ensoleillés, de son chant ragga et son reggae fédérateur, il en ressortira un show en osmose avec ses musiciens et une belle heure prompte à redonner le sourire à tout un chacun.
A l’opposé Oai star propose un concert plus intimiste dans l’espace pro mais non moins chaleureux et enivrant. Gari n’a pas son pareil pour transmettre sa bonne humeur et dévoile en avant première son futur tube « Chérie » qui n’a pas fini de faire parler de lui… Oai star c’est du soleil dans les yeux, des cigales dans les oreilles, et de la joie dans les jambes.

Question bonne humeur, Dub Inc s’y connait à merveille aussi ! L’accueil des spectateurs est grandiose. Le grand chapiteau est archi bondé, et de la scène au fond, la chaleur des stéphanois contamine à la moindre interpellation des chanteurs l’ensemble des festivaliers. Le mélange ragga, reggae et la voix lyrique est diabolique, l’incroyable ferveur atteint des sommets sur les vieux tubes « My freestyle », « Murderer », « Rude boy »… Malheureusement, le discours lasse sur la longueur, pas que celui-ci ne soit pas juste, bien au contraire, mais il est si redondant du genre que de ce fait, on se concentre sur le chapitre musical qui lui ne fait pas défaut. Je n’avais pas revu pareille ambiance au Garorock depuis le passage de Massilia Sound System l’année passée.
Autre chiens fous, les Sporto Kantes démontrent qu’ils ne sont pas le groupe d’un tube (« Whistle ») et proposent une rencontre rock électro et tellement plus. Concert enragé des parisiens séduisant de nombreux errants.
La légende du rap français Assassin s’est reformée pour l’occasion du Garorock et d’une tournée marathon. Et rien à regretter de ce coté là, ça envoie toujours sur scène, Rockin’ Squat mène sa tribu avec la même verve qu’autrefois et en profite pour dévoiler son nouvel album solo qui s’annonce de fort belle facture avec des textes intelligents et rageurs. Le groupe allume les foules dès la moindre envolé du verbe ou bien d’un beat ravageur pour ne laisser personne de marbre. En voila une reformation bienvenue et intéressante.
Les régionaux de l’étape Gojira sont la tête d’affiche de la soirée, et passent à la meilleure heure possible en terme d’affluence : 23h. Les métalleux s’en régalent et les curieux se déplacent en masse pour découvrir le phénomène parti depuis à la conquête du monde. Les landais font honneur à leur statut de leader français des guitares lourdes démocratisent le genre avec un discours écologiste et des compos sans failles. Nul doute que le poids lourd du métal a de nouveau conquis de nouvelles oreilles ce soir là sous un chapiteau dense et peu avare en applaudissement. C’est amplement mérité !
Erol Alkan maitrise ses mix électro syncopés avec grand talent. Il est très tard mais sa performance derrière les platines donne un sérieux dernier coup de fouet aux résistants tout fous d’entendre si tardivement un Franz Ferdinand dénudant un Justice… parmi autres décharges énergiques. Les Red Bull peuvent rester au bar, c’est sur scène que ça se passe, où le jeune DJ retourne le chapiteau ! Les yeux se ré ouvrent, les gambettes retrouvent le mode d’emploi et c’est dans un furieux set que la soirée se termine… dans un déluge de beats et de riffs survoltés.
Dimanche 5 avril
Déçu de leur passage au Bikini peu de temps avant, les Caravan Palace m’obligent à retourner ma veste les concernant. Le son du Garorock leur sied bien mieux qu’à Toulouse et rend grâce à leur mixture électro yiddish. L’ambiance est phénoménale en ce dimanche et propage les bonnes ondes à travers un public pas encore sur les rotules, loin de là.
A contrario, moi je suis au point mort, les jambes coupées, fatigué par 2 jours d’intenses fêtes, je plie bagages… Debout sur le Zinc version 2008/2009, Ebony Bones, et Keziah Jones attendront…

Bilan
La version 2009 du Garorock est une belle réussite, plus de 41 000 personnes sur les 3 jours, avec une programmation très correcte, même si je trouve que le rap et l’électro prennent vraiment une part trop importante. J’ai de plus en plus de mal à me reconnaitre à ce niveau là. Par contre il faut bien saluer l’activisme de l’organisation en terme d’accueil du public, le nouvel aménagement du site, les endroits « repos », une restauration plus variés…
A retenir : Oai Star, Babyshambles, Belleruche, Chinese Man, Patrice et Assassin. Avec une programmation encore plus aiguisée, plus cohérente et moins focalisée sur les genres à la mode ou les groupes qui ratisse déjà la France à longueur d'année, et plus accès sur l’inédit, la rareté… le festival prendrait encore une autre envergure. On sera fidèle au poste pour l’édition 2010 pour vérifier tout cela !
Merci à Kap pour les photos.
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