FM-R la communauté d'infos sur les festivals par des festivaliers.
 
 
Le Mag
CONCOURS LES 3 ELEPHANTS 2012 - Part 2 / 2
CONCOURS LES 3 ELEPHANTS 2012 - Part 1 / 2
Concours Rock'n Solex 2012 (jusqu'au 6 mai)
[Exclu Fm-r] Le baromètre Dionysos 2012
Astropolis Hiver : toute toute première fois

Le Podcast
Sold Out n°6 - octobre 09 : Transmusicales
Sold Out n°5 - septembre 09 : Marsatac
Sold Out n°4 - août 09 : Le Cabaret Vert
Sold Out n°3 - juillet 09 : Paléo
Sold Out n°2 - juin 09 : Sziget Festival
Sold Out, n°1 - mai 09 : Furia Sound Festival
 
  Rechercher
   
01 02 03 04 05 06 07
08 09 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
22/06/2007 Report - Festival Mythos - Rennes (35)
Report
by MAY pour fm-r


Une fois n’est pas coutume, il ne sera pas question QUE de sexe, de drogue et de rock’n roll! Un peu de poésie ça ne fait pas de mal. Rennes accueillait du 22 au 28 avril, le festival Mythos, un festival un peu en dehors des sentiers battus, une référence désormais reconnue dans le domaine des arts de la parole. Les programmateurs nous on offert une affiche «alléchante» à tous points de vue! L’objectif du festival étant de promouvoir l’art de la parole et du mythe dans toute sa diversité et modernité : conte, théâtre, lecture, poésie, chanson, slam… Mythos avait pris ses quartiers en plein cœur de Rennes, mais aussi en périphérie. Sur la place du Parlement de Bretagne, le Cabaret Magique était dédié aux paroles improbables avec tout au long de la semaine, le spectacle des Géants mêlant plusieurs voix (Bikini Machine, Loïc Lantoine, Alexandre Kinn…), plusieurs inspirations, mélange des genres et des formes: vidéos, musiques, marionnettes, théâtre, conte, slam ou chanson. A quelques pas de là, dans le très beau cadre des jardins du Thabor était installé le Cabaret Botanique, un grand magic miror de 800 places, qui chaque jour dès 18h accueillait un concert «coup de cœur» chanson (Clelia Vega, Katel, Alexandre Kinn, Calico, K), puis à 20h30 un conteur, suivi à 22h30 d'un chanteur ou groupe. Le Théâtre du Vieux Saint-Etienne, la Paillette, l’Université, L’Antipode, la Péniche Spectacle… sont autant d’autres lieux qui ont participé activement à l’évènement.


Dimanche 22 avril 2007 - Soirée Chevauchée Alter-Musicale

Une séance d’échauffements a eu lieu le dimanche, avec une invitation à passer l’après-midi sur l’herbe en compagnie de François Lavallée, Nicolas Bonneau et Marion Rouxin autour d’un récit-chanson; suivi du rappeur rennais Alee et les Nouveau-nés. Enfin Thérèse et les québécois Cowboys Fringants clôturaient la soirée dans une chevauchée alter-musicale. Obligations patriotiques aidant, je n’ai malheureusement pas pu assister à cette journée, préférant le chemin des urnes à celui de Mythos. 



Lundi 23 avril 2007 - Soirée K.O. Verbal : Yannick Jaulin vs Jacques Bonnafé / Néry

Le lendemain en revanche c’est avec grand plaisir que je rejoins la capitale bretonne pour assister à la soirée officielle d’ouverture, et au grand K.O. Verbal. A 19H00 les jardins du Thabor baignent encore sous le soleil, le gardien raccompagne les derniers promeneurs vers la sortie. Il est temps de rejoindre le Cabaret Botanique qui se remplit petit à petit, l’ambiance est franchouillarde: bar à vins, public attablé autour d’assiettes de charcuterie, fromages et autres douceurs. La soirée débute par une joute verbale entre les deux comédiens/conteurs, Yannick Jaulin et Jacques Bonnafé. L’un est vendéen l’autre du Ch’nord. Tour à tour, ils nous content des histoires de leurs coins avec les accents et patois qui vont bien avec: histoires de voisinage, de pommes de terre, de mocon d’poc (mouchoirs de poches en ch’ti)… Une franche partie de rigolade! A la fin du spectacle je sais parler le ch’ti presque couramment. Etonnant!

Les chaises restent disposées au centre du chapiteau. La lumière baisse, une atmosphère intime et tamisée s’installe, renforcée par le velours rouge tapissant les parois du magic miror, à mille lieux des salles qui puent la clope et la bière! La fanfare du Belgistan investi la scène suivi de Néry, vétéran de la scène rock alternative des années 80, ex-Nonnes Tropo et VRP. Il a abandonné les déguisements improbables de ses débuts, mais semble toujours porter aussi peu d’importance aux conventions et aux apparences: la chemise verte éclatante qu’il arbore n’est pas du meilleur effet sous la lumière des projecteurs! Grand moment de solitude à l’écoute de sa première intervention, une introduction parlée et abracadabrantesque qui m’a semblée interminable. La configuration assise du chapiteau n’est pas faite pour faciliter le contact entre l’artiste et son public. Le sourire malicieux et la voix chaude et suave de Néry me retiennent tout de même dans le magic miror. Bien m’a pris de m’obstiner! Néry et sa troupe nous entraînent dans un univers poétique et «rock’ambolesque»: un road-movie de Paris à Londres en passant par l’Espagne et l’Inde, sur le dos des éléphants du «Penjhambal». Voyage sur des rythmes indiens, électro, tantôt rock, tantôt lents. Des textes décalés: le chien Chips qui roule en décapotable pour attirer à lui les femelles; mais aussi poétiques : «j’aimerai prendre le temps de t’appeler mon amour, j’aimerai te dire tout ça sous les étoiles, te prendre dans mes bras comme les amants banals». Tant de variations de rythmes et d’univers qui rendent le spectacle extrêmement vivant, le tout renforcé par la présence de la fanfare du Belgistan qui accompagne ces changement de tableaux tout en délicatesse. De sa période rock’n roll, Néry a certes perdu l’habit, mais pas la verve, ni la légèreté qui le caractérisait: il se joue des styles et des époques, se déhanche sans complexe: Néry ou la rencontre d’un doux-dingue avec la danse poitevine. Il conclue le spectacle par «Dessine-moi une boule disco» et exhorte le public à chercher un partenaire : «le moment est venu pour choisir quelqu’un dans la salle, de tous sexes et âges confondus». Néry descend parmi les spectateurs, les chaises sont pliées et mises sur le côté, tout le monde se met à danser de façon désordonnée… Difficile de ne pas tomber sous le charme de ce bonhomme à la bille de clown et au regard pétillant!



Mardi 24 avril 2007 - Soirée Du Feu Sous La Glace : Jean-Jacques Vannier / Pierre Lapointe

Première partie de soirée en compagnie d’un drôle d’oiseau, Jean-Jacques Vannier, connu du grand public pour ses collaborations avec Laurent Ruquier. Il présente en solo, son spectacle l’Envol du Pingouin, ou l’histoire d’un homme inadapté, qui après avoir été renvoyé du cours de danse de Pascal, le gourou illuminé, tente à tout prix de se fondre dans la masse. Diverses consultations chez des psychanalystes ne l’aident pas à trouver des réponses à ses questions, ni à s’insérer dans le groupe. Il décide alors de s’en remettre au Président de la République dans une missive qui sert de fil conducteur à toute la pièce. Comment ce bonhomme a gâché un dimanche matin entier chez une boulangère avare et aigrie, pour acheter un magnifique gâteau pour 16 personnes, pour le dîner auquel il est invité. Désert qu’on lui aura fait l’affront de ne même pas goûter, car on lui aura préféré le miséreux mais tellement plus adapté gâteau pour 8 personnes, apporté par un des retardataires. Après avoir pénétré lentement et de façon plus ou moins réaliste dans le quotidien du héros, le rythme s’emballe, s’en suivent une série d’anecdotes toutes les plus absurdes les unes que les autres, mais narrées avec force humour et finesse, qu’elles finissent par nous sembler vraisemblables. Comment une sortie scolaire sur les plages du débarquement avec la 3°B, s’avèrera fatale dans l’épanouissement sexuel du jeune pingouin: une rencontre avortée avec l’Amour de sa vie, à cause de la maîtresse qui ne lui laisse pas le temps d’aller saluer la jeune fille, parce qu’il faut «prioritairement» aller chercher la classe de 3°A partie voir la tapisserie de Guillaume Le Conquérant à Bayeux. Le Pingouin trouvera tout de même le réconfort dans les bras d’une bretonne tout aussi névrosée que lui, et sexuellement traumatisée par son expérience de démazoutage des cormorans lors du naufrage de l’Amoco Cadiz. Comment Eisenhower scrutant inlassablement l’océan, doit à maintes reprises retarder le débarquement sur les plages de Normandie, perturbé dans ses opérations par le Général de Gaulle qui tente de trouver LE message adéquate pour informer ses compatriotes de l’évènement: Oceano Vox de Victor Hugo «O combien de marins, combien de capitaines, qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, dans ce morne horizon se sont évanouis!», ou encore la Chanson d’Automne de Verlaine «Les sanglots longs des violons de l’automne, blessent mon cœur d’une langueur monotone», n’étaient pas forcément les vers les plus adaptés à la situation! Le spectacle s’est ainsi poursuivi pendant plus d’une heure et demi, sans aucune interruption ni défaillance de la part de Jean-Jacques Vannier. Il serait donc fastidieux de vous raconter le déroulement du spectacle en entier et les histoires du papillon un peu con et suicidaire, du souffleur de verre et de France 3 Pays de Loire, des préposés aux factures téléphoniques détaillées, du hamster disparu entre le 3è et le 5è étage, de la cuisson de l’œuf à la coque… En tout cas moi j’ai bien ri! 

La glace a déjà bien fondue dans le Cabaret Botanique quand vint le tour du québécois Pierre Lapointe. Aucun lien d’apparentée avec Bobby Lapointe, et rassurez-vous encore moins avec tous ces gueulards de chanteurs québécois dit «à voix», débarqués ces dernières années en France par convois. Pierre Lapointe est encore peu connu en France, contrairement au Canada où il est considéré comme le fils spirituel de Thom Yorke et de Barbara (comparaison certes un peu excessive). Il se produit à Rennes dans son spectacle «La Forêt des mal-aimés» (titre de son dernier album). Il est accompagné sur scène par 4 musiciens épatants et multi instrumentalistes: une pianiste / accordéoniste / gluckenspieliste; un bassiste / contrebassiste / violoniste / flûtiste;  un guitariste / mélodicaiste / bidouilleur sonore; un batteur / batteur. Tout ce petit monde est un peu à l’étroit sur scène, mais cela renforce l’atmosphère ouatée et intimiste. Dans cette ambiance, nulle difficulté à pénétrer dans «la forêt des mal-aimés où il fait bon se promener». Sur scène, Pierre Lapointe joue deux personnages: celui du dandy égocentrique, et du poète nostalgique. Dans ses interventions parlées, il paraît imbu de sa personne, dédaigneux, et donne souvent dans le cabotinage. Mais lorsqu’il chante ou s’assied derrière son piano, son personnage prend une toute autre envergure, il nous entraîne dans un univers baroque, mélancolique et merveilleux digne d’Ed Wood ou de Tim Burton, aux alentours du «columbarium», dans le pays «des fleurs de la transe», de «la reine Emilie» ou du «lion imberbe». Dans ses chansons il est question de mort, d'amours déçues, de désespoir, de souvenirs d’enfance… c'est sombre. Son univers musical où voisinent pop seventies, électro, rock, lyrique, disco kitsch, est tout aussi riche que le sont ses textes, tellement riche qu’on a parfois même tendance à se perdre dans cet univers foisonnant de sons, d’arrangements et de mélodies. Il passe allégrement, d’une chanson mélancolique très électro, à une ballade fortement rythmée qu'on fredonne vite. On se surprend d'abord à taper du pied, ensuite on écoute les paroles et on se fait happer par sa poésie étrange. Grand moment lors de l’interprétation  de «Symphonie pastorale», reprise de Brigitte Fontaine. Qui eu crû qu’un jour je puisse être autant émue par un texte de Brigitte! Ajoutés à une langue et une musique raffinée, une voix envoûtante et un doux accent québécois, un humour et un charme indéniable, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une bonne soirée. Comme il n’est de bonne compagnie qui se quitte, il nous accorde une dernière chanson au piano, «mais je vous averti c’est vraiment la dernière» nous dit-il, car paraît-il qu’au Québec ça leur est déjà arrivé 3 ou 4 fois que des personnes tellement tristes de les voir partir, ne décèdent d’une crise cardiaque!



Mercredi : Soirée Loin du cœur, trop près du mur : Arnaud Aymard / Nosfell / Cyril Ateff & Dr. Kong

J’arrive à la fin du set de Katel. Le peu que j’en ai entendu m’a beaucoup plu, ça déménage pas mal. La demoiselle à la guitare a le rock dans la peau, le tout agrémenté d’une jolie voix. Il m’est avis qu’on devrait en entendre parler de plus en plus dans les mois à venir.

Les chaises font leur retour au centre du chapiteau. Un drôle d’oiseau sorti tout droit d’un cartoon, engoncé dans une combinaison bleue moulante, paré d'un bec jaune en carton pâte, une cape bleue sur le dos, et au crâne d'œuf enrubanné de bleu, se promène entre les rangs. Le spectacle n’a pourtant pas commencé mais il s’agit bien d’Arnaud Aymard qui tente d’amuser la galerie. Le magic miror se remplit peu à peu, l’oiseau bleu rejoint la scène, le spectacle peut commencer, c’est parti pour vivre les 9 premiers épisodes de la «Batlle of the war» qui en compte tout de même 247. Quelle est donc l’histoire de cet oiseau de toute beauté? Cet oiseau bleu «loyal et magnanime à l'oeil vif et contestataire», déteste l'injustice. C’est pourquoi il se lance à la recherche de la princesse de Jade pour tenter de la libérer des griffes de ses geôliers. Dans sa quête, il rencontrera en forêt de Brocéliande une bande d’animaux éclopés qui deviendront ses amis: Pico Pico, le hérisson qu'il ne peut pas serrer dans ses bras à cause des épines, le poney qui n’a plus de rotules et marche comme un robot, le lion unijambiste, le dauphin des vases qui fait splotch splotch… L’oiseau bleu va devenir apprenti en alternance dans une fabrique de coucous à Düsseldorf et sera embauché comme coucou au service de Madame Meuse. Il libèrera, en compagnie de son fidèle ami Pico Pico, la Suisse du joug de l’immonde corbeau Chasla, et chassera les chômeurs qui ont envahi le pays, mettant en péril le destin du monde. Il passera également par le Luxembourg, où les luxembourgeois ont décidés de se reproduire intensivement afin d’envahir l’Europe, Pico Pico y laissera d’ailleurs ses pics! On virevolte sans cesse dans l’absurde. Je suis ressortie le mal au ventre d’avoir trop ri. C’était «terrible, terrible». Vivement les 238 épisodes suivants!

Labyala Fela Da Jawid Fell, plus communément connu sous le nom de Nosfell, est sans conteste le musicien le plus en adéquation avec l’esprit du festival. Ses prestations scéniques sont en effet reconnues pour être des condensés de tous les arts de la scène: le théâtre, la danse, le conte, le chant, la musique. Accompagné de son fidèle violoncelliste Pierre Le Bourgeois, il nous a comme à son habitude fait voyager dans son pays imaginaire, Klokochazia, et fais rencontrer les personnages loufoques de cette contrée lointaine: Darazdeblek, l’arbre Sladinji, le joueur de flûte... Tantôt en anglais tantôt en Klokobetz, du folk au rock, il fait preuve d’une souplesse vocale et gestuelle impressionnante. L’étendue de sa palette vocale est amplifiée par l’auto-sampling qui lui permet de superposer en boucle les voix et les instruments, et ainsi d’entrer dans la peau de chacun de ses personnages. Il n’empêche que cette fois-ci la mayonnaise n’a pas totalement pris. Sa prestation m’a paru bien fade, et son univers beaucoup moins farfelu qu’à l’habitué. Il manquait comme qui dirait «ce tout petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, cette petit flamme». Ce qui aurait été vraiment original et loufoque, ça aurait été d’associer Arnaud Aymar, l’oiseau bleu, au spectacle de Nosfell. La soirée s’arrête là pour moi, je fais l’impasse sur le projet de Cyril Ateff et de Dr. Kong: Congopunq.



Jeudi : Soirée des racines et des rêves : Psyckick Lyrikah / Denis Lavant & Serge Teyssot Gay

Tandis que la foule se presse au portillon du parc du Thabor pour assister au concert d’Abd Al Malik, j’opte pour une soirée un peu plus «expérimentale» à la MJC-Antipode. Ce sont deux grandes figures de la scène rennaise qui ouvrent la soirée: Arm, membre fondateur du groupe de rap Psykick Lyrica; et Olivier Mélano, un des plus talentueux guitaristes français du moment, qui a entre autres à son actif des collaborations avec Dominique A. La salle est comble, et les spectateurs de «qualité» (quelques programmateurs de festivals célèbres étaient présents)! Nous sommes tous gentiment assis et attentifs. Le mélange entre la guitare rock de Mélano et le flow hip-hop d’Arm, qui ne parait pas accessible au premier abord, s’allient à merveille. La profondeur des textes sombres d’Arm, est embellie par la guitare d’Olivier Mélano, qui grâce à son séquenceur superpose les ambiances. Un mariage réussi entre deux univers musicaux relativement éloignés, mais qui se sont avérés complémentaires aux vues de l’accueil qui leur a été réservé.

A peine le temps d’aller s’abreuver, qu’un couple tout aussi atypique leur succède sur scène. Serge Teyssot Gay, un autre très grand guitariste qu’on ne présente plus. Il avait déjà fait étape à l'Antipode fin 2005 en duo avec Khaled Aljaramani; il y refait cette fois-ci escale en compagnie du comédien Denis Lavant, pour une lecture musicale des textes du poète hongrois Atila Josef. Pour ceux qui s’en souviennent, cette lecture avait déjà été présentée aux Vieilles Charrues 2006. Le spectacle est lancé par une bande sonore  composée par Dick Annegarn. Sergio et Denis Lavant montent sur scène dans un décor très sobre: deux pupitres, une guitare, et un portrait d’Atila Josef en fond de scène. Pendant un peu plus d’une heure la guitare acérée de Sergio va accompagner les envolées lyriques de Denis Lavant. Le guitariste observe attentivement le comédien, et réagit à chacun de ses mouvements, à chacune de ses accélérations. Tout l’équilibre du spectacle réside d’ailleurs dans le jeu félin de Sergio et dans sa retenue qui contient et fait écho à l’interprétation passionnée, à la colère, et à la voix rauque de l’acteur. Comme à chaque fois, c’est un véritable plaisir de retrouver le guitariste de Noir Désir sur scène. Je ne m’en lasse pas.



Vendredi : Soirée Camisole poétique : Eric Pintus & Eric Pralat / Arno

Suite à une erreur dans la liste des invitations, je manque le début de la soirée et entre dans le magic miror à la fin du spectacle d’Eric Pintus et Eric Pralat. Le changement de plateau est relativement rapide, je m’installe sur une banquette pour profiter tranquillement du concert. Le loufoque belge, Arno, est très attendu, puisque toutes les places ont trouvées preneur. 

Début de concert très rock’n roll. Il enchaîne les titres sans aucune introduction, sans même s’adresser au public. Une fois l’artiste et le public chauffés à blanc, Arno nous embarque dans son délire. «J’ai appris que vous êtes dans la merde» nous dit-il, «Vous allez bientôt avoir un nouveau Napoléon avec un petit zizi pour président! Je vais chanter une chanson pour ça!». Il va ainsi interpréter une suite d’hommages: une chanson pour le pape «Jésus», une autre pour les pauvres d’Afrique «les larmes seront amers, laisse moi chanter, laisse moi danser, je vois les gens sans espoir ils disent plus au revoir». Il se lance même dans le rap, bien qu’il avoue n’y rien connaître, il en prend toutefois l’attitude: il déboucle sa ceinture, et descend son pantalon sur les hanches façon baggy. Une version toute personnelle en flamand du Port d’Amsterdam de Brel «on a changé le bazard, mais ça reste lui quand même», conclue la première partie du spectacle. Les musiciens quittent la scène, ne restent plus qu’Arno et le pianiste, pour une série de chansons piano/voix. Arno n’est pas que drôle et décalé, il sait aussi jouer sur le registre de la nostalgie et de l’émotion. Il nous offre une description chantée, particulièrement marante et tendre de sa maman  «elle sait quand je suis dans la merde et pourri, c’est elle qui sait comment mes pieds puent, elle est la reine du suppositoire, dans les yeux de ma mère il y a toujours de la lumière». Les compères musiciens d’Arno réapparaissent. Le rythme reprend de plus belle, avec des sonorités un peu plus électro voir même reggae. Il ne manque pas de jouer “putain putain c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des européens”, qui est bien entendu reprise en chœur par l’assemblée. Mine de rien ça fait du bruit 800 personnes dans un magic miror en bois quand ça chante et quand ça frappe des pieds!». Nullement décidés à le laisser partir, il nous interprète en ultime rappel «les filles du bord de mer, chouing chouing chouing», titre qu’il n’avait plus chanté depuis 2 ans. En grand professionnel il ne manque pas de nous présenter ses musiciens un par un et avec beaucoup d’humour «voici mon guitariste, il n’est pas marié, il est propre sur lui-même. Mon pianiste (ndlr. aux proportions impressionnantes) a été mannequin. Mon batteur c’est le fils de Mohammed Ali, il s’appelle Sam Ali. Mon bassiste est à moitié belge à moitié yougoslave donc pas cher». Concert très rafraîchissant! Je reviendrai!     



Samedi: Soirée Good night and good luck: Henri Gougaud / Adrienne Pauly / Gong Gong

En clôture du festival, nous avons eu le droit à un triple plateau. Henri Gougaud tout d’abord pour une charmante mise en bouche avec ses contes coquins et grivois du Moyen-âge à nos jours. 

En plat de résistance: Adrienne Pauly. J’attendais avec impatience de la voir sur scène. L’écoute rapide de son album m’avait bien plu, il faut dire qu’elle ne s’est pas entourée des moins bons (-M-, Albin de la Simone, Bazbaz, Michaël Garçon d’AS Dragon). Le personnage aussi me plaisait bien: sa gouaille, son franc-parler, son côté un peu à l’ouest et en dehors des conventions, sa voix éraillée... Dès qu’elle et ses compères sont montés sur scène, grimés comme des hippies, j’ai compris que j’allais subir un peu plus d’1h00 de torture. Perruques, confettis, fleurs en plastiques, lunettes de soleil… On se serait cru chez Patrick Sébastien pour faire la fête à Neuneu et au Petit Bonhomme en Mousse! On fait tous tourner les serviettes! La bof attitude à son paroxysme! Ca aurait pu être marrant, mais non, même pas. Un concert chiant comme la lune! Une Adrienne Pauly en pâle et mauvaise imitation de Juliette Gréco. Des chansons plates avec de grosses fautes de justesse. Des musiciens qui se la jouent rock’n roll stars avec des boas roses fluos autour du cou! Et vas-y que je fasse monter tout le monde sur scène, on s’assied tous en rond, on se donne tous la main, et on chante en cœur. Mama mia, qué catastrophe! Le seul moyen que les musicos aient trouvé pour mettre le feu à la salle, a été de fumer et de s’enfiler une bouteille de vodka sur scène. Bravo les mecs, ça c’est du rock’n roll! Il me semblait pourtant avoir reconnu dans le groupe le guitariste de AS Dragon, il n’a malheureusement apporté aucune crédibilité au bazard (comme dirait Arno). Qu’elle arrête la scène, la Adrienne, et qu’elle continue à se chercher un mec !

Le changement de plateau entre Pauly et Gong Gong est interminable. Pas étonnant lorsque l’on voit tout le matos que se traîne le combo nanto/poitevin. On ne leur en tiendra par rigueur sachant que le groupe a loupé son avion le matin même à Barcelone. Cet impromptu aurait pu entamer le moral de la troupe et gâcher le set. Il n’en fut rien. Gong Gong c’est un mélange de musique électronique et acoustique: basse et contrebasse contre samplers. Des bricolages sonores associés à d’étonnants numéros de projections de vidéos. Deux VJ  projettent en direct des images sur des ballons, des feuilles de papiers, toute sorte de petits écrans mobiles. Au départ les allés et venus des deux VJ sur scène sont un peu perturbant mais on s’y habitue vite, et ça donne finalement beaucoup de vie au set. Dommage qu’un chapiteau ne soit pas adapté à ce type d’expérimentations vidéo. Ce doit être un très bon groupe à voir en festival «open air».

Fin de soirée très conviviale au cabaret carnivore, où se retrouvent bénévoles, organisateurs, artistes et derniers festivaliers en manque de fiesta. L’occasion pour moi de papoter avec l’un des deux VJ de Gong Gong, et de trinquer en attendant la prochaine édition. Après avoir cherché en vain l’apollon posant sur l’affiche -je n’ai trouvé que le cheval-, je me suis résignée à quitter la capitale bretonne, alors que le soleil venait dire bonjour à la lune. Mythos clôture ainsi sa 11è édition sous un soleil radieux. Avec une très belle affluence (24 000 spectateurs), le festival assoit sa notoriété et est devenue la principale manifestation du genre. De beaux spectacles. Une programmation judicieuse. De belles installations… Tous les éléments étaient réunis pour faire de Mythos une belle fête. Une expérience à renouveler! «Eteignez vos portables et Allumez vos oreilles!» ©



23/06/2007
Ca a l'air effectivement tres interessant comme concept de festival, avec une prog tres pointue de surcroit. J'ai noté qqs noms à découvrir :op
by OscarTramor



Contact FMR | Flux Rss | Forum |
Actualités | Communauté FMR | Festivals | Les festivals en vidéo avec Sourdoreille