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21/07/2008 Radiohead, Sigur Ros au Main Square Festival 2008
| Report |
by OscarTramor pour fm-r Sigur Ros et Radiohead, le même soir, sur la même affiche, l'un après l'autre, impossible de manquer cette soirée/rêve, récit d'un bonheur incroyable...
Festival décrié de part son appartenance au tout puissant Clear Channel / Live Nation, première immersion de la multinationale du spectacle en France, s’il fallait bien être quelque part ce 6 juillet, c’était pourtant bien à Arras. Malgré la grosse concurrence du premier week-end de juillet : Eurockéennes, Solidays, Terras Neuvas, Werchter…
 En effet la programmation artistique avait tout pour séduire, ainsi que le lieu, vaste agora d’inspiration baroque flamande, la grande place est vraiment d’une architecture splendide. La découverte de celle-ci laisse imaginer le meilleur pour la suite de la journée.

Arrivée en début d’après midi dans l’arène encerclée de façades en parade, c’est le nouveau buzz venu de New York qui agite les premières ondes. Les Vampire Weekend sont jeunes, et cela se sent cruellement dans leur musique, de bonnes idées certes mais le chemin est encore long avant d’être présentable… Alors pourquoi nous les imposer sur une si grande scène pour leur brûler les ailes si rapidement ? Pourquoi ne pas les laisser macérer dans la bière et les salles obscures ? Il y a tant de groupes plus méritants…
Autre jeune pousse aux dents longues, The Wombats ont un peu plus d’atouts dans leur sac, électro rock dans la mouvance, bien ficelé, mais demeurant ennuyeux sur la longueur. Leur tube « Let’s dance to Joy Division » ainsi que 1 ou 2 titres sont plaisants… Je parie que ce sera de l’histoire ancienne dans 1 ou 2 ans…
 C’est définitivement le défilé des groupes « in » du moment avant les deux grands. C’est un autre en « The » qui succède aux anglais, The Do. Coqueluche des médias mais aussi des charts, le peu que j’en avais entendu m’avait attiré l’oreille j’avais hâte de les découvrir sur scène. Dès la première chanson, Dan et Olivia démontrent qu’ils n’ont pas volé leur place musicalement parlant, voix haut perchée, tenue empruntée à la dame Bjork, basse puissante, compos riches et variés, s’éloignant des versions albums… Ils tiennent la barre avec talent et aplomb. The Do a marqué des points à Arras sur cette gigantesque arena. A suivre.
 Sept ballons gonflables prennent place sur scène, la foule devient compacte en restant confortable, les respirations se font plus lentes, l’apéritif est servi aux balcons, le groupe pour lequel je suis venu au Main Square s’installe tranquillement. Les choses sérieuses peuvent enfin commencées. Imaginez, deux de mes formations préférées réunies, Sigur Ros 1 heure, Radiohead 2 heures de show. Les sens vont être mis à contribution, j’en ai tellement rêvé que les frissons m’envahissent avant même le début du concert. Jonsi et ses acolytes débarquent sous les ovations, visiblement très heureux de précéder leurs frères d’arme dans ce cadre somptueux. J’ai coutume de décrire leur musique comme « plus belle musique au monde » ou « musique des anges », les islandais ne me trahiront pas une fois de plus en ajoutant même une touche de grâce supplémentaire : la joie ! Aussi surprenant que cela puisse paraître les titres du nouvel album prennent des airs de fanfare, aux frontières du festif, avec une classe folle « Inní mér syngur vitleysingur », « Við spilum endalaust »...
 A chaque levé de rythmes, c’est toute la foule qui chavire sur la barque islandaise, notamment sur la prouesse « Hoppípolla ». Final grandiose avec neige confettis, percussions oppressantes sur le nouveau tube « Gobbledigook » et un « Popplagið » absolument ahurissant. Je pense même à ce moment là, hâtivement, qu’ils ont dépassé le maître Radiohead. Autant d’émotions dans une voix, autant de féérie, Sigur Ros au sommet de son art étonne, fascine, conquiert, emporte dans un torrent magique et unique empreint de liberté, vibrations, de songes, montées affriolantes. Une heure si rapide, le public est perdu dans le navire flirtant avec les étoiles et autres comètes d’une immense beauté assassine.
Setlist Sigur Ros :
Svefn-g-englar Sæglópur Við spilum endalaust Hoppípolla/með blóðnasir Inní mér syngur vitleysingur Hafsól Gobbledigook Popplagið
 En préparation de la tournée 2008, Radiohead a répété 70 titres pour proposer des concerts différents tous les soirs. Fort de cela, j’ai essayé de me rendre sur de jolis endroits particuliers, en bord de plage à Barcelone, face à la mer, dans les arènes de Nimes, et donc sur la grande place d’Arras. La lecture des titres joués lors de la tournée nord américaine avait aiguisé mon appétit de gourmand, j’attendais avec grande impatience leur passage européen. Les setlists du Daydream « ibérique » festival, et du 15 juin dans l’antre des gladiateurs m’avaient déçu car manquant de piquant et d’originalité. Entendons nous bien, déçu d’un concert de Radiohead, cela reste tout de même de la très haute qualité, tant ils nous ont habitué à la perfection. Il restait une séance de rattrapage pour l’avant dernière de la tournée. Sigur Ros venait de frapper très fort, la peur d’être à nouveau peu surpris m’envahit. Les lumières s’éteignent, le show peut commencer. Début classique avec « 15 steps », et dès le second morceau la machine s’emballe, « Airbag » enflamme Arras, « There there » électrise un parterre de fan tout acquis, il faut dire que le festival est complet ce soir, et bien évidemment la majorité est venue pour eux.
L’électrochoc arrive peu après, quand je reconnais le début de « Where I end and you begin » qui me transcende littéralement, le sourire béat, je retrouve le Radiohead surprenant et inspiré. La suite ne fait que confirmé mes dires « A wolf at the door » m’arrache quelques larmes de joie, « Climbing up the wall » irréel, « Pyramid song », les arpèges de « Weird fishes », le final tenue de Thom sur « Nude », « The gloaming », « No surprises » en chœur, « Reckoner » beauté fatale, « Exit music » dans un silence religieux, « Dollar and cents » maculé de rouge, je succombe totalement… Le choix des titres est vraiment judicieux et s’enchaîne à merveille, un premier rappel ineffable « Paranoid Android », « Dollar and cents » et « Idioteque », et un second majestueux « The national anthem » et « Street spirit ». Pour parfaire mon bonheur, il ne manquait guère que mon idéal « Like spinning plates » ou « Go slowly ». Radiohead nous prouve encore une fois qu’ils restent leader de la scène rock au sens très large, avec toujours de nombreuses longueurs d’avance. Que ce soit musicalement ou dans l’éthique, ils sont irréprochables. Le groupe s’impose une hygiène de vie sur la tournée, réduction au maximum des dépenses énergétiques (lumière par LED, peu de consommation en rapport à un éclairage classique, acheminement du matériels par voix naviguables plutôt que par avion…), et des déchets (verres recyclables…).
 Que dire des lights justement, faites de multiples rampes colorées à l’envie, l’effet produit avec les projections vidéos en fond de scène est imparable, rouge nacré sur « The national anthem », ou arc en ciel sur « Idioteque ». Thom exulte et voir le petit bonhomme à la voix d’or s’agiter frénétiquement sur une toile incandescente est une jouissance permanente. Comment redescendre facilement sur Terre après pareilles sensations ? Retour muet enfouis sous les rêves et comateux par le spectacle sensationnel qui vient de nous être offert. Hum, quand est ce qu’on remet ça ?
Setlist Radiohead :
15 steps Airbag There there All I need Where I End And You Begin A wolf at the door Nude Pyramid song Weird fishes / Arpeggi Climbing up the walls The Gloaming Faust Arp No surprises Jigsaw falling into place Reckoner Exit music Bodysnatchers
Cymbal rush Videotape Paranoïd android Dollars and cents Idioteque
House of cards The national anthem Street spirit
On peut reprocher toutes les guerres du monde à l’organisation, on ne peut renier la réussite d’une affiche parfaite et d’avoir réuni, 8 ans après la tournée commune, 2 groupes extraordinaires Sigur Ros en quête de perfection, et les génies Radiohead dans un lieu resplendissant. Un cadre unique pour deux concerts merveilleux. A refaire ? Je signe de suite avec mes deux mains !
Copyright photos : Arras, The Wombats, The Do, Sigur Ros, Radiohead @Thomas Seropian Radiohead @Yoann Moulin
22/07/2008 Ouais Foals a la Route du Rock, a condition que Yanis Philipakis soit sortit de sa prison espagnole, hé hé...
Vous avez vu ce qu'il se passé au Summercase?
Kele Okereke de Bloc Party, Yanis Philipakis de Foals et Ricky Wilson de Kaiser Chiefs se sont battu avec John Lydon et sa bande en backstage! Philipakis s'est fait embarquer par les flics hibériques...
Ah ces anglais, toujours aussi punk dans l'âme!
(Source Pitchfork)
http://www.pitchforkmedia.com/article/news/142386-sex-pistols-john-lydon-fights-bloc-partys-kele-okereke by ben_insomniac
22/07/2008 J'y vais aussi !
On covoiture? by OscarTramor
21/07/2008 merci pour ce beau live report, je salive
je vais voir sigur ròs dans quelques jours à la route du rock
qui est pour moi le plus beau festival cet été, y a qu'à voir :
the notwist, why, cold war kids, breeders, sigur ròs, foals... by kix
21/07/2008 Bonne remarque. Mais je vois que le Main Square est encore à travers de la gorge des eurocks :) Sinon, livereport fort agréable, quel verbe ! by Jogging Vert
21/07/2008 "Ethique irréprochable"...
Pourquoi dès lors signer dans un festival adossé à un groupe mercantile ?
Drôle de déontologie by Brdr
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