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30/05/2012 Nuits Sonores 2012 - 16 au 20 mai 2012 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


Putain 10 ans. Betancourt se faisait capturer par les FARC, Amélie Poulain et Mulholland Drive marquaient l’histoire du cinéma, France 5 et La Star Ac débarquaient dans nos postes, Daft Punk sortait Discovery, Jospin, X-Files & Noir Desir faisaient leur dernière danse, Guy Lux, Nina Simone & Barry White nous quittaient , Elephant remportait la palme à Cannes (devançant de peu Mais Qui A Tué Pamela Rose), La Norvège dégotait l’or en Curling aux J.O de Salt Lake City, Saddam se cassait la margoulette, Ariel Wizman devenait présentateur vedette (au détriment du Grand Popo Football Club)… Tout cela parait tellement proche. En 10 ans, le festival des Nuits Sonores est devenu un beau bébé. Etre une telle référence en si peu de temps, ça force le respect. Et la curiosité bien sur… Jamais deux sans trois.

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VENDREDI 19 MAI 2012

Day 2
C’est fou ce que cette ville respire la techno, jusque dans ses entrailles : même le métro lyonnais circule comme à Berlin, de droite à gauche ! Ce dernier m’emmène jusqu’à un nouveau lieu en hyper centre : l’Hôtel Dieu. Immense ancien hôpital amené à devenir un futur hôtel de luxe. En attendant, il héberge les Journées des Nuits. Bonne pioche, on est dépaysé d’entrée. BEN KLOCK & MARCEL DETTMANN se chargent eux d’épater nos mollets. Rebelle, frontale, la (deep) techno des maitres berlinois est une vraie machine à danser, tout en basses & beats. (Ost) Gut !

Nuit 3
Un « ch’ti » gars du pays me fait découvrir la vieille ville et les rhums corsés qui s’y cachent. 22h30, de belles pancartes officielles annoncent la couleur : Mf Doom annulé. Dommage. Remplacé par Para One & Feadz. Dommage. 70€ la place au black ? Chère mon frère. J’entre dans les Anciennes Usines Brossette, nouveau lieu de villégiature nocturne (comprenez fête & débauche). Le festival n’a pas son pareil pour s’approprier et habiller un endroit, déstructurer un espace. Partout, des coins cachés où squatter. Partout l’impression (rare) de découvrir quelque chose d’inattendu. Mélange de vieux murs abandonnés, abîmés et de décorations stylisées avec ce perpétuel côté indus’. Classe ! 22h45, JOAKIM nous accueille par son tubesque Forever Young. Live house disco souvent étouffé avec quelques relâches propices à de minces extases. 23h30 le hip-hop coooool (voir hiiiiiigh) de KOOL KEITH m’effraie quelque peu. 23h45, MARTYN enchaîne dans un style plus feutré. Sa bulle électro semble ne jamais vouloir exploser. On est comme englué dans ses basses. On commence à sacrément sentir les 10.000 personnes présentes (complet) : ça grouille de monde, une sorte de bougeotte collective. Peu importe où l’on se trouve, on dérange les passants, toujours à la croisée des chemins (d’après Blankass, groupe cher au festival). 00h45, CARIBOU & FOUR TET, un des évènements du soir. Beau début, tout en finesse fruitée. Pas la peine de s’énerver, ça monte doucement. Mais on tombe petit à petit dans quelque chose d’assez commun, d’assez calibré, soit tout le contraire des deux hommes. Laissons avancer le wagon. 01h12, deux (très) jeunes m’interpellent : « Excuse-moi, tu ne sais pas où on peut trouver quelque chose ? » Les Astrapi sont à gauche mec, les Toboggan et le Puissance 4 à droite. Coup de vieux. 01h15, mais merde c’est FLYING LOTUS sur scène ? Tout a été décalé alors ? Qui prévient ? Cela ressemble plus à un dj set qu’à un live à première vue. Son massif, chargé, hybride, rentre dedans. On passe du tordu doux aux vrombissements. Sauf que tout ce mélange manque de génie, de personnalité, d’un soupçon de FlyLosité en somme. Le Vj ose même Tatayet (de quoi raviver quelques souvenirs tv traumatisants de mon enfance)… Bien en dessous du live band tour de 2011 (Worldwide, Dour). 02h15, retour à FourBou (ouais, CariTet ça sonne trop Bernadette Chirac). Toujours pas de subtilité, de poésie, d’électronica… Bref, un bon vieux dj set qui balance des sons électro-techno au kilomètre. Ça ressemble plus à du Pierre Laigle qu’à du Juninho voyez-vous. Efficace sans être magique. Je traine dans les halls, sans grande surprise sonore. J’évite Busy P. Ce soir, j’ai l’impression que tous les djs veulent faire la même chose, plutôt que de montrer ce qu’ils sont. 03h00, THEO PARRISH. Enfin un peu de sensualité et de soul, dans un monde de brut ! Je respire. Merci. 5h00, c’est fou comme les nuages peuvent être expressifs à cette heure la…

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SAMEDI 20 MAI 2012

Day 3
17h30, SIRIUSMO en guise de petit dej’ (ça en énervera plus d'un). Quelle chance de pouvoir admirer le jeune et prolifique prodige sur scène ! Lui qui redoute et évite l’exercice. On sent d’ailleurs que ce n’est pas son élément. La grêle n’arrange rien. Reste des beats extraterrestres et des mélodies féériques. Epique ! Je ne reste pas assez pour avoir un jugement décent sur Modeselektor… Je dois filer au Théâtre des Célestins pour RICARDO VILLALOBOS & MAX LODERBAUER (RE : ECM) annoncés à 18h30. « Excusez-nous mais il y a une erreur sur le programme, les portes ouvrent à 19h30 ». Et merde. Les mirettes prennent chère lorsqu’on pénètre enfin au cœur du bâtiment. Superbe théâtre à l’italienne de plus de 200 ans. Ce n’est étonnamment pas plein. La prestation commence toute en douceur ambiante. Sauf que les caresses basculent vers un genre de free-jazz tendance électronique. Pas ma came du tout ! Je tiens 40 minutes et comme une dizaine de personnes avant moi, je m’en vais. Les 4 clés dans Télérama auraient pourtant dû me mettre la puce à l’oreille…

Nuit 4
23h00. Après un jus de mangue (j’ai vieilli), une pizza, une intervention des pompiers dans le resto et deux buts de Drogba, il est temps de se remettre dans le bain. Le métro est over blindé. Les jeunes (c’est toujours eux m’sieur l’agent) éteignent tous les néons de la rame. Nous voilà dans le noir, avec des cris et quelques giclées d’alcool. Un tramway nommé désordre… 120€ la place au black. Ok, j’abandonne mon espoir de chopper une place à un prix décent pour New Order demain. Ce soir encore, Brossette est complète. Mais les gens paraissent plus « calmes », plus concernés, attentifs. Ouf. Le line-up de la « 10 Years Secret Stage » (ça en jette non ?) se dévoile pour les oreilles averties : Laurent Garnier, Agoria, Brodinski, Villalobos, Dixon, Oxia, The Hacker, Gesaffelstein, Clara Moto, Black Lips. Ah ouais quand même. Il faut dire que les rumeurs avaient annoncé 50% du plateau. La majeur partie du public est amassée devant cette grande scène et n’en bougera quasiment pas de la soirée (confiance aux programmateurs). Pas le temps d’écouter The Hacker vs Gesaffelstein, le houblon me réclame (pour noyer ma déception d’avoir loupé les Black Lips, tellement énorme ici même en 2010). 00h30, c’est OXIA qui lance ma soirée. Retour gagnant d’un ponte de la tech-house française. Les titres de son dernier album fonctionnent à merveille (pas entendu le sublime Rue Brusherie). Dansant & enivrant, juste comme il faut. Grosse impression. Les quelques bribes minimales de MARC HOULE (Pouloule… humour marin) me font quelque peu redescendre. 01h00, CLARK peut lâcher les chevaux. On n’est pas forcément là pour danser, mais plus pour ressentir. La ribambelle de basses, l’arrachage de beats et les changements de rythmes accentuent mon propos. Moins tranchant qu’à la Machine quelques mois auparavant, mais tout aussi imaginatif, tonitruant et fracassant. A deux doigts du cla(r)kage cérébrale. En un mot, étourdissant ! On prolonge un peu le plaisir à la Scène RedBull avec le dubstep de KODE9, même si moins captivant. Passage aux toilettes, ou l’intimité gâchée par les femmes. Allez pisser dans votre espace bordel ! 1h45, DIXON, protégé d’Innervisions (label fondé en… 1981 ! François’s time) enrobe l’assistance de sa deep house. Je m’abandonne à l’excursion sonore. 02h30 RICARDO VILLALOBOS (hautement plus communicatif qu’en fin d’aprem) nous emmène jusqu’aux sommets tel un Zamorano de la techno minimale. A ce niveau, il faut être sacrément balèze pour ne pas se laisser absorber par la liesse collective.  04h15, vient l’heure du final entre LAURENT GARNIER, AGORIA et BRODINSKI. Un plateau à la Sergio Leone. La rencontre de trois générations de la techno made in France. Clôture parfaite d’une scène 1 qui célèbre les années passées, un bilan des meilleurs moments (Brodinski à la Piscine en 2011, le LBS au Marché Gare en 2010, Villalobos en 2009…). Le lyonnais débute (sur les écrans géants, on voit Lolo dissimulé en arrière plan, qui regarde la prestation de l’élève devenu grand : très Star Wars comme scène), remplacé par Garnier, puis re Agoria, puis tout se mélange (les djs, les gens, les langues, les souvenirs). Pas trop de cohérence entre les tracks et sets de chacun (ce n’est pas une créa non plus, ok), mais une parfaite maitrise de la foule. Je peux déconnecter mon traducteur d’émotions, on est entre de bonnes mains…

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CONCLUSION

Un vendredi mitigé (mon agoraphobie se développe, c’est sur). Un samedi du tonnerre. Des Journées bien garnies. 42 000 spectateurs payantes et 40 000 sur les gratuits. J’ai loupé beaucoup de choses (les Extra, la Nuit 1, le Day 1, New Order, Mudhoney, Oxygene Revisited…). Encore et toujours une communication parfaite malgré quelques couacs d’horaire (avec comme point d’orgue un visuel original et novateur). Et tant pis si chaque retour Lyon-Paris me pousse à militer pour le droit à l’euthanasie enfantine en milieu ferroviaire. Les Nuits Sonores confirment, année après année, être devenu LE plus gros festival français des musiques électroniques pointues, indépendantes et exigeantes. Rendez-vous dans 10 ans. même jour, même heure, même sort.

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30/05/2012
Je n'ai eu que la chance de faire l'aprem du samedi. Mais quel set de Modeselektor !!! Ils ont vraiment mis le public à genoux ! J'ai rarement vu un public aussi joueur ! Siriusmo et Lazer Sword ont bien chauffé le public avant aussi !
by para1


30/05/2012
c'était bien plus qu'expérimentale ;)
by Jogging Vert


30/05/2012
Super report, comme d'hab, merci!
by dafritch


30/05/2012
Merci pour la review bien complète. Je n'y suis pas allé mais je me suis largement retrouvé dans tes choix (sauf Villalobos & Lauderbauer... je suis sur que ça devait être superbe... mais hermétique à tout non-initié à la musique expérimentale).
by berlintobarcelona



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