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16/05/2008 Nuits Sonores 2008 : Live report !
| Report |
by berlintobarcelona pour fm-r Je débarque sur Lyon. Le soleil est de la partie même si le soleil pour un festival electro, on s’en fout un peu puisqu’on le verra peu. Je m’agrippe à un pack de bières, file retrouver d’autres sympathisants à la cause « electro ». Une fois les boissons avalées, direction l’ « Usine ». L’essentiel se passera là, à l’écart de l’agitation du centre ville, dans une zone indus’ des plus propices aux effluves electroniques. Un coup de métro pour recoller à l’esprit urbain et nous voila à la recherche du lieu-dit. Pas d’indication, on suit un troupeau, qui suit lui-même un autre troupeau, qui suit… Virage : entrée.

Nuit 1 (mercredi 7 mai) :
22h, on pénètre dans l’antre de la bête. Comme tout bon festivalier, le mieux pour se sentir chez soi rapidement, c’est de faire le tour du propriétaire. Le lieu est bien foutu : un terre-plein central, 3 salles autour (une grande et 2 moyenne), des bars partout, une salle de ciné avec diffusions de clips barrés. Le plus impressionnant restant le lieu en lui-même, une usine désaffecté collant parfaitement à l’esprit Berlin du festival. Ca sonne vieille rave des 90’s. La déco est parfaite, les jeux de lumières aussi. A ce niveau, la réussite est totale. Le thème de la soirée sera, pour moi, l’oscillation. Je ne vais voir aucun concert dans son intégralité. Je vais me contenter de picorer ou bon me semble. Un tour par Marc Twins (salle 1) qui distille une electro minimale idéale pour un warm-up. Je me dirige ensuite vers Permanent Fatal Error (salle 2), un groupe de post-rock chiant. Une sorte de somnifère assez puissant. Détour par la salle 3 ou Mlle Caro balance quelques morceaux electro assez tranquille. L’ « Usine » se remplit progressivement. Il est minuit, ça peut réellement commencer. La tête d’affiche de la soirée débute, le duo anglais d’Underworld joue devant un public assez clairsemé mais la salle est grande. Ca commence bien, le premier morceau inflige sa montée progressive. Les jambes commencent à se décontracter, le reste du corps peut suivre. Il y a ce coté New-Order en plus techno qui est loin d’être mauvais. Mais voila, dès le 2ème morceau, on tend vers le kitsch, vers l’electro-retro. Je reste quand même. De toute façon, on sait tous très bien pourquoi on est à ce concert : on veut notre dose de Trainspotting en live, on veut notre « Born Slippy ». 30min de concert et voila qu’une basse précise se fait entendre. L’entrée en matière est claire, ça va cogner. Viens le cut et la montée tant attendue. Je suis enfin Mark Renton pendant plus de 10min. Parce que oui, tant qu’à faire, autant allonger le morceau au maximum et proposer 3 montées au public qui ne demande que ça. La première unisson du public est réussie. Je reste encore un peu, mais après le morceau, le reste est assez fade. Je me bouge les fesses et pars observer (de loin) Zone Libre, le groupe à tendance post-rock de Serge Teyssot-Gay. Pour ne pas heurter la sensibilité des fans de post-rock, je ne vais pas en dire grand-chose. C’est pas trop ma came, un point c’est tout. 2h, direction la salle 2, Scan X a commencé son set. Ici, pas de chichi, ça balance du binaire sans concession. Mais c’est du bon, du nerveux, de l’efficace. Retour en salle 1, je jette une oreille à Cobblestone Jazz, une seule aura suffit, à 2h30 on a plus vraiment envie d’écouter du jazz-electro. Désormais il faut que ça envoie. Direction Wire, les vétérans de la scène punk anglaise sont là. OK, j’attendais ça de pied ferme. Le concert débute, j’ai envie d’y croire, j’ai envie de prendre ma claque. Merde, ça prend pas. Les mecs attaquent bien leurs guitares, le batteur est dans le coup mais il manque « le » truc. Le problème vient peut-être du chanteur, sa voix est trop lisse, trop fade. Ca ne donne pas envie de pogoter comme un couillon dans les premiers rangs. J’écoute sagement une partie du concert avant de me résigner et d’aller noyer mon chagrin dans la bière. Je m’installe dans la salle 3, en attente d’un des dieux de la techno : Jeff Mills. 3h, le set débute. Et quelle entrée en matière ! 5min d’une montée sans fin, je m’y perds avec plaisir. Et la machine Jeff Mills se met en route, la basse est lâchée, les BPM ne descendront plus à moins de 140 à partir de maintenant. Le mec mixe à la perfection, on a l’impression d’écouter un seul morceau pendant 3h. Je vais jeter un œil à Onur Ozer, un DJ turc soi-disant réputé. Mouais, rien à garder, c’est mou, inintéressant. En parallèle Twisted Charm a commencé mais bonjour le cafouillage sonore. Repassage par Jeff Mills qui ne laisse pas de répit pour les danseurs puis je vais voir Fairmont, la qualité est au rendez-vous, ça balance de la bonne minimale. Mais il est plus de 5h, je faiblis et décide de rentrer. Une première nuit tout en douceur, une entrée en matière assez prometteuse.
Nuit 2 (jeudi 8 mai) :
Cette nuit est gratuite et se déroule dans toute la ville. La programmation est gargantuesque et des plus pointue. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais j’ai pu voir le terrible concert de Dälek. Du hip-hop noise aux portes de l’enfer, une atmosphère d’apocalypse sidérante, une tension rare. La nuit s’est ensuite prolongée le long des berges du Rhône sur la péniche du Sirius. Morning Crash était prometteur, ça partait dans une electronica ayant marinée dans du Boards Of Canada mais dès que le beat binaire a pris le pas, ce n’était plus pour moi. Trop naïf dans l’esprit. La suite ne fut pas marquante. Bref, une nuit pour se reposer avant le weekend.
Nuit 3 (vendredi 9 mai) :
Retour à l’Usine pour la nuit la plus prometteuse sur le papier. Ca va être dur de réussir à voir tout ce que j’aime. Ce soir c’est sold-out. Il est 23h, l’Usine nous ouvre ses portes. Direction la salle 1 ou va se dérouler le battle de l’année : Laurent Garnier VS Agoria. Les 2 DJ sont aux platines pour les 7h qui vont suivre. J’hésite à rester devant toute la nuit en me disant qu’ils vont me livrer une histoire de la musique electro mémorable mais je ne peux pas, il y a tant à voir à coté. Quoi qu’il en soit, le set débute en douceur avec de l’ambient. Passage en salle 3 ou officie Playdoe, du très bon hip-hop dans la veine de Dizzee Rascal. Ca envoie du lourd, la basse est puissante, le flow du mec incisif. Bonne découverte. Pendant ce temps, l’Usine se remplit, devient compact. Le monde est partout, on sent que la soirée peut débuter. 00h, arrive DJ Krush, le pape nippon de l’abstract hip-hop. Je suis un fan, je l’ai vu plusieurs fois, je ne m’en lasse jamais. Krush attend le feu vert devant ses machines et platines. PAN ! Le mec débute son set. Le son est urbain, crade. Ca colle au lieu comme jamais. La foule est serrée, commence à hocher de la tête. La tension monte, après 10min d’intro, il a compris qu’il était face à un public electro. Et nous voila en route pour le nirvana. Krush va enchainer bombe jungle sur bombe jungle, il travaille les sons comme personne, le moindre beat qui claque te donnes l’impression de sortir des entrailles de l’usine. C’est tout simplement parfait. Vient le triturage en règle du Organ Donor du dieu Shadow. La foule devient folle. Le mec enchaine avec des classiques de sa disco. Je suis en nage, complètement dedans. Au bout d’1h, un p’tit remerciement et byebye. Quoi ? Déjà ? Il revient. Ouf ! S’ensuivra 10min de descente, histoire de faire retomber la foule. Heavy Trash joue à coté, n’importe qui se précipiterai sur le groupe mais voila, après le set de Krush, rien à carrer de Jon Spencer. Une pause s’impose, il faut se remettre d’un tel set aussi brillant. Mais il est déjà 2h et Battles commence. Et c’est parti pour un nouveau concert parfait. Musicalement, il n’y a rien à dire, ce groupe est impressionnant de maitrise. Les morceaux sont construits de telle façon que le public electro ne peut qu’y adhérer. Les montées sont permanentes, les explosions maitrisées. Le batteur est un tout simplement taré, le voir taper sur sa cymbale qui est placée à 2m du sol permet de se rendre compte du personnage. La plupart des morceaux du dernier album sont joués. Le public réagit au quart de tour sur Atlas, petite pyramide totalement brillante. La fosse bouge en rythme. Je suis une fois de plus en nage à la fin du concert. Et voila déjà 2 moments brillants dans cette soirée. Nouvelle pause, j’attends désormais « le » groupe qui a justifié à lui seul ma présence ici : Antipop Consortium. 3h30, je suis devant. Ca commence par du bidouillage sur les machines. Le son est fort, très fort, trop fort. J’attends quand même. Le bidouillage continue et est en train de bousiller mes oreilles. Les MCs rentrent progressivement sur scène. Je commence à devenir sceptique. Rien n’arrive, ça a commencé depuis 15min. L’electronica balancée n’est pas de haute volée. Retentit enfin Ping-pong, le foule connait ses classiques et explose. Mais pas les MCs, le morceau est tronqué, bâclé. Bullshit ! Je décide de reculer sinon les basses vont m’achever. Je me poste dans le fond de la salle et observe. Mais merde, ça prend pas ! J’attends trop du groupe peut-être ? Je persévère mais non, rien n’y fait. Et voila, je quitte la salle au bout de 40 min, déçu. A l’extérieur c’est l’apocalypse, les chiottes se sont transformés en champ de bataille. Quelques cadavres jonchent le sol, la Croix-Rouge a du boulot. Je ne me laisse pas abattre par ma déception et file dans la grande salle. L’unisson à l’état pur. Garnier et Agoria balance bombe sur bombe, je débarque en plein Code 1026, bam !, les mains se lèvent, ça explose dans tous les sens. Je suis obligé de rester un peu, j’en prends plein la tronche. Ces 2 mecs sont des génies, ils ont parfaitement compris ce que voulait la foule. Ils ont un sens du mix poussé à la perfection. 5h, je traine un peu du coté de DJ Food & DK, les 2 gaziers de Ninja Tunes se contentent de proposer en live le mix « and now listen, again ! ». De toute façon, le son dans cette salle est resté trop fort, je n’y reste pas. Je m’achève donc sur le battle Garnier VS Agoria. Je quitte l’Usine sur les coups de 6h pendant qu’Agoria balance la 11ème Marche. La soirée idéale en quelque sorte : concerts brillants, excellent public.
Nuit 4 (samedi 10 mai) :
« Last night a DJ saved my life ». Pour la dernière fois, on prend le métro. On a nos marques, on arrive un peu plus tard que d’habitude. On traine devant l’entrée. On rentre sur les coups de minuit. Il y a moins de monde ce soir, ça permet de déambuler plus sereinement entre les scènes. Je jette une oreille à Roy Ayers. Tellement rapidement que je ne peux même pas en sortir un quelconque avis. A coté Pilooski s’amuse avec ses galettes electro-space-disco : sympa mais pas transcendant. Les Buzzcocks commencent sur la scène 2. Le morceau d’intro donne le ton, c’est furieusement punk. Les mecs sont dans le coup, ça n’a pas pris une ride. Problème, le son est merdique. Une sorte de micmac, tout s’imbrique et se mélange pour finir en bouillie. C’est inécoutable. J’ai pas envie de subir ce concert et d’en sortir déçu à cause du son. Je sors. D’après les échos, c’était tout simplement énorme, un grand concert. Dommage pour moi… De toute façon, ce soir, je veux de la techno. J’ai envie, j’ai besoin de me dépenser. Mes jambes m’ordonnent d’aller voir Dennis Ferrer, un DJ deep-house vraiment bon. J’y suis, je commence à me trémousser, c’est tout beau, tout joli mais bon, c’est un peu mou tout ça quand même. Pas de problème, à coté y’a DJ Pedro qui envoie du gros, là au moins on s’embarrasse pas, ici pas de soie monsieur, ici on bouge sur de la techno qui fait mal et sans concession. J’en profite. 3h. A partir de ce moment là, la musique electro va atteindre des pics de perfection. Henrik Schwarz débute son live. Un son minimal sublime, des morceaux parfaits qui s’enchainent parfaitement. C’est suave, ça sent la plage et le sable. Ca se danse en douceur, le sourire scotché au visage. Ca dure 1h et c’est trop court. Arrive Chloé et c’est parti pour un final sublime. La miss va nous livrer un des plus beaux sets qu’il m’a été donné d’entendre. C’est terriblement minimal, c’est terriblement moite, c’est terriblement brillant. J’en prends plein les oreilles. Les bras se lèvent à chaque montée et avec Chloé des montées, il y’en a toutes les 3min. Je danse à l’unisson avec le reste de la salle (dans ces moments là, on à l'impression de danser avec le reste du monde). Juste une pause le temps d’aller voir le début du live de Danger, sans doute le futur gros buzz de l’année, et de me rendre compte que c’est pas trop mal mais trop Justice/Daft Punk dans l’esprit. De toute façon, je veux du bon pour finir, je refile en salle 1. Il est 6h, le jour se lève. Chloé finit son set mais le public ne veut pas partir. Elle va poursuivre, nous emmener ailleurs pour la fin. Elle sourit, semble apprécier l’accueil. Moi aussi j’apprécie, moi aussi je veux pas que ça s’arrête. 6h30, tout s’arrête. Le festival prend fin. Il fait jour, le ciel est bleu, il fait chaud. Quel final parfait !
BILAN :
La France dispose de plusieurs festivals electro de qualité (Astropolis, Nordik Impakt, Ososphères,…) mais il manquait une locomotive. Les Nuits Sonores le sont devenues en 6 ans seulement. 55000 personnes ont assisté au festival, la ville entière a été investie plusieurs jours durant. La programmation est d’une réelle qualité. Ici, point de groupes pour les fluokids, ici pas d’electro putassière. La techno à Lyon est une affaire de qualité. Je ne m’attendais pas à ça. Tout est réuni pour que ce festival prenne encore de l’ampleur : le public (très bon, qui s’y connait en majorité), la ville, l’organisation, les choix artistiques, la ligne directrice. Ce festival est à rapprocher du Sonar à Barcelone (à une autre échelle cependant) dans son esprit. Voila, c’est fait, les Nuits Sonores sont devenus un rendez-vous incontournable de la sphère electro !
16/05/2008 excellent review B2b ! l'électro c'est pas vraiment ma came, mais là j'ai lu jusqu'au bout, ca devait être 'achement bien :-) by Nufonia
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