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19/05/2010 Nuits Sonores - 12 au 16 mai 2010 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


Depuis le temps que je trainais mes guêtres dans les festivals électro du coin (Nördik Impakt, Scopitone, Astropolis), depuis le temps que j’entendais parler de leur frère lyonnais, il fallait que j’aille faire un tour du côté des Nuits Sonores. Festival différent, car plus indépendant et pointu en terme de programmation. Lyon c’est loin, et pas facile de passer après l’expert en la matière, berlintobarcelona (livereport 2009). Mais pour mon anniversaire, je tente le coup.

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MERCREDI 12 MAI 2010

Piscine du Rhône (Inauguration)
Dans le bus qui m’emmène au champagne et aux petits fours, le chauffeur a poussé à fond son autoradio diffusant le match de l’OL : ambiance. 20h. Trop tard, le buffet est vide. Merde. Le lieu est magnifique : une terrasse avec vue sur le Rhône et sur les berges (+ piscine en dessous avec chaises longues, mais vu le temps, on oublie). KRISPAGLIA balance timidement son électro-house teintée de funk, de soul et de jazz. Juste assez entrainant pour faire gigoter le parterre de vips crispés. C’est la croix et la bannière pour s’acheter une bière. 21h30 : SPITZER. Deux frangins aux allures bourgeoises et cheveux hirsutes (un peu les Bogdanoff de l’électro lyonnaise). Un style minimalisant, fait de montées successives. Il est déjà temps de décoller.

Marché Gare (Nuit 1)
Sur les quais du tramway, je m’étonne de voir une foule d’adolescents (tous raides à chier dès 22h30, ça fait peine à voir). Je pensais éviter ce public à un festival indé, c’est raté. Après 10 minutes de marche, j’arrive enfin (oui, le tram s’arrête bien loin de l’entrée du festival. On a le temps de croiser les putes et les dealers avant). 23h00, je découvre le lieu : des vieux hangars, une scène 1 immense avec un plafond super haut et des ouvertures de tous les côtés, une scène 3 avec un plafond très bas et des murs en bétons (rappelant les raves et free party des années 90), une scène 2 dans un petit hangar (aux murs si fins que si tu tapes dedans, je suis sur qu’ils s’écroulent) et une scène 4 en plein air sur un mini-bus. Ci et là, quelques contenairs. Scénographie et atmosphère adaptées.
23h20 : MAYER HAWTHORNE & THE COUNTY. Un peu mou, mais rien que pour sa voix et pour « Green Eyed Love » ça vaut le coup. Ils ont même rejoué un vieux titre hiphop soul, remixé par Shadow & Cut Chemist dans le Product Placement (morceau que je cherche depuis des années… avis aux amateurs). 00h00 : VITALIC V MIRRORS. Le bordel et le succès sont toujours au rendez-vous (voir livereport Scopitone 2009). Par contre, ses jeux de miroirs sont un peu gâchés par les lights de la scène. 00h40 : HOT CHIP ou la loose de la soirée. Vingt minutes de show puis s’en vont… après 5 couilles techniques quand même. Les mecs abandonnent, fâchés. Le technicien prévient la foule, sous les sifflets. Rarement vu. Pour l’anecdote, leur début de live était vraiment moyen (ils sont meilleurs en remixeurs). 01h00 : BOOKA SHADE. Techno qui casse pas des briques, mais agréable. Par contre, ça joue morceau par morceau : grrrr. 01h30, THE ALMIGHTY DEFENDERS = BLACK LIPS ET KING KHAN. Waw. Moi qui pensais venir voir des groupes électros, j’aurai jamais imaginé danser sur du rock, voir du rocksteady avec un air commun au Forbans (Chante danse et mets tes baskets, si si). Le leader des Black Lips est une rockstar en puissance : le charisme, le jeu de scène, la dégaine. Les morceaux s’enchainent, les riffs jaillissent. Impressionnant. 02h00, JESSE ROSE envoie sa techno-house, pendant qu’un mec des Hot Chip danse au milieu de la scène, clairement éméché. Ça m’a totalement déconcentré. 02h20 : PAUL KALKBRENNER. C’est parti pour plus d’une heure d’un trip auditif profond, d’une histoire musicale. Je n’ai pas bu, ni fumé pendant une heure, et pourtant, j’ai eu l’impression de décoller. Les femmes ont crié pour les 2 derniers morceaux, signe (certain) de notoriété. Lui a l’air heureux, reconnaissant. Grosse impression. Difficile de passer à autre chose. Je finis ma soirée en flânant devant OXIA, sans qu’il me passionne une seconde, bien qu’on n’insulte pas le fils du patron (résident du festival, artiste d’ArtyFarty). 5h00, plus qu’une heure de trajet et dodo…

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JEUDI 13 MAI 2010

Circuit Electrique (Nuit 2)
Le All Day Long (14h-23) du label Kill The Dj à la Piscine du Rhône étant archi-complet, je dois me résigner à filer aux concerts gratuits dans les 14 lieux du « centre » ville. Ce fut la soirée catastrophe par excellence. Quatre heures de transport (métro, tramway, bus, marche à pied) pour 20 minutes de concerts. Alors oui, multiplier les lieux pour disperser le public c’est bien, mais les jauges sont trop petites et la circulation entre les lieux impossibles (des navettes ultra-blindées qui ne tournent que dans un sens !). Pourtant, il parait qu’à Lyon il y a pas mal de grands lieux (Transbordeur, Hall Garnier, Patinoire…).
Sans doute ai-je péché par reflexe touristique : j’ai été aux gros noms (Ninkasi Kao, Tsugi Party…), là où les gens allaient forcément se rendre. Après 45 minutes de queue, j’ai pu voir les 15 dernières minutes des excellents RAFALE à la Tsugi party, sur la péniche La Plateforme. Le son est terriblement bas, voir mauvais, mais les accords de « Rock it don’t stop it » n’en finissent pas de me plaire (ils avaient explosé le hall 4 des Trans en 2007). Ça aurait été sympa que Tusgi booke Pantha Du Prince (récent album du mois), en après-midi. Au Ninkasi Kao, gerbant de monde, j’ai plus eu l’impression de me retrouver dans un centre commercial qu’autre chose (un semblant de mcdo maison à l’entrée, des tentes avec alcools forts et tireuses bien installées). Tant pis pour Aphte Punk et Cheveu. Plus loin dans Lyon, la soirée parisienne Furie a du faire appel au CRS et aux lacrymos pour disperser le millier de personnes venu voir Birdy Nam Nam et Elisa do brasil. Y avait donc bien un problème. Y'a des jours comme ça où tout ne va pas pour le mieux, y'a des jours où tout part en couille, tout coule...

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VENDREDI 14 MAI 2010

Palais de la bourse (carte blanche à Montréal)
18h00, DUCHESS SAYS. Attendus, depuis leur passage remarqué Aux Femmes S’en Mêlent et leur succès outre atlantique. Résultat, un show, une performance, plus qu’un concert. La leadeuse enchaine tous les exploits possibles d’un chanteur décalé (entre Didier Wampas et Kap Bambino) : slamer, aller chercher un grand drapeau publicitaire, crier n’importe quoi dans le micro, jeter des regards hallucinés, chanter et danser dans le public, entrer dans un magasin avoisinant (ça ok, j’avais jamais vu). C’est distrayant, pour sur, mais j’avoue avoir du mal avec le n’importe quoi à outrance, où alors si, quand il est pleinement assumé (style Didier Super). Pause maki chez Matsuri (les assiettes défilent devant mes yeux sur un tapis roulant : ça s’passe ça s’passe comme ça, chez le mak iii, chez le mak iii).

Marché Gare (Nuit 3)
Tour du site pour la promo fm-r (Contre-big-up à la bénévole qui enlève une 100taines d’autocollants déposés en 20 minutes avec l’excuse « ça fait sale sur le bar »). 22h45 : TODD TERJE. Rien à voir avec son (superbe) morceau de la dernière compilation Trax, mais set vraiment original. Un norvégien à suivre de prêt. 23h30-03h30, LAURENT GARNIER, avec SCAN X & BENJAMIN RIPPERT, nous propose son nouveau projet : Live Booth Session. Mélange de live, de dj set et d’impro. Je n’ai pas pris une claque, mais la sensation qu’on m’a roulé une grosse pelle pendant 4h (c’est moins que les 10h de l’astro 2004, mais c’est déjà pas mal). Parfait tout du long. Le hall 3 était blindé comme jamais (si le Rex est sa maison, les Nuits Sonores sont sa résidence secondaire), le son excellent en tous lieux (j’ai testé au moins 10 endroits différents), les lights au poil (descendants du plafond sur 50m). Le milieu ressemblait au Tales Of Kleptomaniac Tour (Gnanmankoudji, Man with the red face, Crispy Bacon). Seul reproche, le remix de Song 2, dont il pourrait se passer. Au final, un moment extraordinaire, un voyage techno-house sans pause,  comme transporté sur le moeve de Nausicaä. Je conseille à tous de vivre au moins une fois dans sa vie, la leçon du Pai Mei de la techno française. Incroyable (comme Lolo l’a dit au micro pour saluer la foule). J’ai eu le temps de faire trois interruptions pour aller voir JAMIE LIDELL (chiant, malgré les trois T de Télérama, j’accroche pas), UNKLE (chiant aussi) et THE GO TEAM (génial, quelle pêche, quel son. Ils changent d’instruments à chaque morceau, classe). La fin du dj set de JUAN MACLEAN avait l’air pas mal (c’est tellement mieux en live). Mais après Garnier, tout m’a paru bien fade, même les crocodiles et les cœurs de pêches achetés au stand bonbec. 4h00, MATTHEW HERBERT et THE CHAP se partage la fin de la soirée. Très bons tous les deux, mais le froid a fini de m’achever. J’ai loupé Busy P et Yuksek ? Ah. Bon. Cassos.

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SAMEDI 15 MAI 2010

Palais de la Bourse (carte blanche à Montréal)

Le All Day Long (14h-23h) de Body & Soul  à la Piscine du Rhône étant archi-complet, je dois me résigner à filer au centre ville. 18h. Dix minutes de LESBIANS ON ECSTASY auront suffi à me convaincre d’aller me reposer dans un canap’ du Palais, pour contempler son magnifique plafond style Chapelle Sixtine. Dans le même registre Queer, j’aurai 100 fois préféré MEN (mais ils ne sont pas de Montréal du coup). 19h00, WE ARE WOLVES envoie enfin du gros son électro-rock sans fioritures scéniques. Bien ! Par contre, ils se sont à moitié fait voler la vedette par un transsexuel dansant langoureusement sur un plot.

Marché Gare (Nuit 4)
22h30, DOUSTER a la difficile tâche d’ouvrir la soirée (avec Enola). Le jeune lyonnais assure, avec un style tropical-baile-funk, entre Mujava & Diplo. Après deux-trois rencontres, je vois le dernier morceau de CHLOE. Ça avait l’air sévèrement soporifique. 00h00, UFFIE. Globalement naze, à mon gout. Une mc insipide. Honnêtement, je ne comprends absolument pas le succès de cette nana… Est-ce que la labellisation EdBanger y est pour quelque chose ? Je n’sais pas. On passe. 00h30, LINDSTROM & CHRISTABELLE. La pertinence fjörd ne me saute pas au visage. L’état d’alcoolémie de la chanteuse, si, répétant sans cesse « I love you », « you’re beautiful ». Mouais… 01h00. Après 15 minutes et quelques problèmes techniques (larsen persistant), GANG OF FOUR, légende vivante du rock (je ne connais pas. Faut dire que pour la victoire de Noah, j’étais déjà bien jeune) déclare forfait. Merde, la même que Hot Chip ! Par contre, eux reviendront au bout de quelques minutes. Le chanteur, méchamment bourré, est captivant (le cri de l’éléphant qu’on fait pour faire rire les gosses, bin lui il le danse. Pas sur que ça les fasse rire, les gosses). 01h20, HUDSON MOHAWKE. Annoncée comme révélation, signé chez Warp, sur le cv ça en jette. Par contre, il aurait pu se passer de son mc. Au final, dubstep, coolstep, hip-hop, drum’n’bass, jungle, électro ? Là, je suis largué, mais ça envoie. 01h40, DIXON balance une house passionnante. Pas le temps d’en profiter, je file car il est 02h, et les 2 MANY DJ’S commencent. Vus, vus et revus, donc rien de très nouveau. N’empêche que ça arrache toujours autant. Les remix phares déboitent tout le hall (Mgmt, Gossip, Chemical), mais le dj set leur permet quelques évadées techno.  Les Dewaele reste une valeur sure, une tuerie perpétuelle. Pendant, j’ai pris le temps de faire un saut à LIARS (rock expérimental, avec un chanteur qui ressemble grave à Pedro Winter) et à PARAL-LEL (la scène 2 était dédiée à leur label, Bee-Records, qui fêtait ses 10 ans. Les deux loustics ont joué plus violent que d’habitude, plus bourrin breakbeat en fin de set. Le public a apprécié, moi aussi.). 4h30, il reste AGORIA et CLAUDE VONSTROKE à voir (excusez du peu), mais je suis sur les rotules. On reviendra.

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BILAN

Très beau et très riche festival malgré quelques embuches. Les torts sont partagés. Je suis arrivé bien trop fatigué, je ne connaissais pas du tout Lyon, et assez peu quelques pans des musiques électroniques (ce qui m’a sans doute rendu un peu difficile). Le festival a péché dans la circulation et l’accessibilité aux lieux (aux Trans, les navettes nous déposent devant les portes), un programme un peu fouilli (ya tellement de choses !!!). Puis le temps pourri n’a  pas aidé (y parait que l’année passée c’était canicule, là on se serait cru en novembre). Les Nuits Sonores, festival réputé indépendant, pointu et pour les connaisseurs semble s’être ouvert à d’autres publics (sa notoriété grandissante et les têtes d’affiches plus populaires de cette année en sont la cause : Vitalic, 2ManyDj’s, Laurent Garnier). Toutes les soirées ont été complètes. Plus de 70.000 spectateurs. Il va y avoir des choix à faire : grossir, continuer dans la lignée de l’édition 2010 ou redevenir « intimiste ». On retiendra les superbes prestations de Paul Kalkbrenner, Laurent Garnier, Black Lips, 2 Many Dj’s, ainsi que le visuel toujours aussi innovant (même si celui de 2007 était mortel). Je reviendrais. La première fois, c’est toujours un peu bizarre. La seconde sera dantesque, à coup sur.



18/06/2010
il parait que Dj Premier était aux Nuits... et merde
by Jogging Vert


22/05/2010
j'adore le style à base de popopopo du report...et je suis visiblement un des seuls à ne pas encore être Garnier addict...
by enzo


21/05/2010
C'est fou comment Garnier arrive à mettre tout le monde d'accord. Comme quoi le mec sait parfaitement gérer une foule, un set, une montée grâce à ses 20 ans de carrière.
by berlintobarcelona


21/05/2010
même point de vue que jogging vert sur les prestations décrites. je rajouterais un set très très efficace de Joris Voorn pour finir la Nuit 1 avec un public au taquet. Idem pour la Nuit 3 avec Ben Klock VS Marcel Dettman. On a écouté aussi un peu Kill the dj près des berges du rhône, en début de soirée c'était top. Et Laurent Garnier, au top comme d'hab le meilleur moment du festival.
by para1


20/05/2010
"la soirée parisienne Furie a du faire appel au CRS et aux lacrymos". S'il n'y avait qu'un seul CRS, ça a du aller. Quelques bonnes punch-lines, bon report, qui donne sacrément envie de voir certaines personnes (Paul Krakreben..ner ?, Lolo Garnier encore et toujours). Et effectivement le chanteur de Liars ressemble à un Pedro Winter adulte.
by playmobiiitch


20/05/2010
Bon dieu je regrette de ne pas y être allé, tu m'a donné envie. C'est sur que le froid est un paramètre important ayant desservi l'ensemble. Mais rien que pour Garnier (vu au Rex la veille pour un live/set dantesque), Dettmann VS Klock, Agoria, Seth Troxler, Dixon,... miam ! Et l'an prochain, on y va ensemble. ;)
by berlintobarcelona



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