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13/06/2011 Nuits Sonores - 01 au 05 juin 2011 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


L’année dernière, nous clôturions le livereport de l’édition par ces mots : « Il va y avoir des choix à faire : grossir, continuer dans la lignée de l’édition 2010 ou redevenir intimiste ». Tout était dit lors de l’annonce la programmation : stop à la croissance, stop aux noms tape à l’œil (et aux centaines de minots avinés qu’ils ramenaient) et une réelle volonté de privilégier des artistes pointus, undergwoond. La qualité plus que la quantité. A noter, un vrai éclatement des styles avec des têtes d’affiches rock (The Sonics, The Young Gods, Tortoise) et hip hop (Assassin, Joey Star). Comme pour les friches Alstom de Nantes (Scopitone), le Marché Gare de Lyon accueille ses dernières Nuits Sonores. Des « adieux » pareils ça ne se loupent pas.

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MERCREDI 01 JUIN 2011

Angine sous le bras, j’arrive en cité des Gones amoindri. Le temps de se repérer (sympa d’avoir peint les métros à la couleur des lignes), de trouver le « Village », de découvrir mon lit chez l’habitant (entre un lit de bébé et deux caisses de jouets. Comme aux Trans. Dois-je comprendre quelque chose ?), de goûter l’apéro marseillais (le saucisson de sanglier c’est du sud ? t’es sur ?), je loupe l’inauguration à La Piscine du Rhône (avec Acid Washed et Battles).
22h15, arrivée au Marché Gare pour voir GHOSTPOET dans la grande halle de la scène 1. Du rap rocké, sacrément électrifié. Ensemble peu maîtrisable. Tiens, un mini Robin Williams à la gratte. 22h45, sur une petite scène 2 décorée façon WhoMadeWho vs Beetlejuice (grand draps rayés noir et blanc), HALF JAPANESE joue avec une half guitare au moment où j’arrive. Du rock bruyant décousu. Et dire qu’il y a 20 ans ils jouaient avec Nirvana. Si le 05 avril 1994 n’avait pas existé, est-ce que les petits gars de Seattle auraient pu jouer un jour aux Nuits ? 23h00, TOKIMONSTA. Un début appréciable à la Gold Panda, puis du ragga-electro clinquant et enfin un mélange indigeste et démonstratif de trop de choses. Nota Bene : penser à enlever ce chapeau à la Boy George. 23h30, n’étant toujours pas redescendu du chef d’œuvre du mec Apart et de Beatrix, je m’autorise 15 minutes de THE 5.6.7.8’S. Quelle déception. Les trois japonaises jouent faiblement, mollement, faussement… Soit elles étaient crevées, soit pas dedans, soit leur show n’est pas du tout fait pour ce genre de scène (mais plus pour un petit club). Bon, j’aurai entendu le Woo Hoo. 23h45, DJ SHADOW. Après sa très décevante dernière sortie (The Outsider) et les mauvais échos de ses dernières prestations live, on pouvait être sceptique quand à la réelle qualité et motivation du maitre. Résultat : un pur live d’abstract hiphop avec quelques passages drum’n’bass bien sentis. Prenant. Musicalement lourd et puissant. Visuellement chiadé (le concept du dj dans une boule fonctionne à merveille). Final sur le mainstream Organ Doner avec d’énôôôrmes basses. Bravo. Vivement septembre pour le nouvel album ! 00h45, THE SONICS. Du bon vieux rock à la papa. Ça envoie. Une légende du punk-garage y parait… Je rencontre justement un fan parti les voir la veille à Montpellier devant 200 personnes et venu ce soir faire dédicacer ses 45 tours. Si c’est pas beau ça. 01h10, BATTLES. Assez déconcertant. Le batteur, autiste et meneur, bat la mesure de la tête comme Jim Carrey dans la reprise de What Is Love. La seconde partie du show est plus dansante, plus énergique. Différent, barré, inclassable : très Warp en somme. Je m’en vais trainer ci et là sans savoir qui joue (chose rare). Agréable de pouvoir mater un concert sans penser aux lignes qu’on devra écrire dessus. Petit saut à la Scène 03 qui suinte la techno ce soir (berlintodetroit : Kyle Hall, Levon Vincent, Onur Ozer). Je loupe Black Rose pour une « vieille » amie confondant ours et chien (pour se retrouver, c’est plus compliqué). 03h30. SHIT ROBOT. J’accroche assez peu à la house dfatisé de l’irlandais. Meilleur en album ? 04h30, cassos. Ambiance assez calme, toute en fraicheur (il caille) et en retenu. Le public sait que le marathon sonore est long. Après 45 minutes d’attente, le tramway tombe en panne 15 minutes après son arrivée et sans avoir fait un mètre. C’est quoi ce bordel ? Puel démission !

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JEUDI 02 JUIN 2011

Le jeudi, c’est journée cool aux Nuits. Je profite du Village installé dans l’Hôtel de Ville. Ateliers (labo européen des festivals avec tous les pontes des m.a. du continent voir plus), marché pro, merchandising, bar, restauration… et le Mini Sonore : un grand espace pour les gamins. Différents stands : fingersquate, déguisement, show rock avec batterie et guitare (pour que papa maman aient une photo à ramener), lecture, concert (Laurent Garnier hier)… Mais surtout le FLYING COLORING WALL où l’on peut venir colorier un morceau de la gigantesque fresque mise en place par StudioBuro. Superbe idée. Cocktail Vodka - jus de pamplemousse - sirop de cranberries - citron vert ? Volontiers.
20h, je file à La Piscine voir la fin du All Day Long de BRODINSKI. Set techno d’une efficacité rare car très « diverse » (en rien linéaire). Le fait qu’il ait perdu sa mallette de cds à l’aéroport y est-il pour quelque chose ? Grand et beau moment, sous le soleil couchant, le Rhône, les collines lyonnaises et le stand massage gratuit. 22h, pause japonais Matsuri.
Le jeudi, c’est ravioli si tu veux, mais c’est surtout Circuit Electronique : 15 soirées organisées dans 15 lieux par 15 labels lyonnais. 00h00, j’arrive à la soirée In Fine au Sound Factory. 30 minutes pour rentrer, 3 minutes pour sortir. Le mélange « festivalier » et « discotèqueur-pento-chemise-bouteille » m’effraie sévèrement. Dommage. Tant pis pour José, Rone, Oxia et Clara. 01h00, j’entre enfin sur la péniche de la Plateforme pour voir le battle DOUSTER vs ARCADE. Electropicale à souhait. 02h00, bonne découverte du talentueux MOSCA (house, techno, hiphop). A revoir très vite. J’ai repris une bière, puis deux, enfin je crois. J’ai même acheté un verre (l’objet, pas le contenu), c’est vous dire mon enthousiasme. 03h00, juste à temps sur La Marquise pour voir la fin du set techno de GILB’R, pas versatile pour un sou mais terriblement efficace. J’apprends que plus tôt dans la soirée, Mondkopf jouait son live avec un open bar. Et merde. 03h30, tout se brouille, les tournées s’enchaînent. Penser à rentrer…

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VENDREDI 03 JUIN 2011

Dans le doute, je tente une approche à l’archi-complète après-midi Tokyo Area 1. Raté. Je m’essaye donc aux Apéros Sonores en optant pour le SOUL PASSAGE. Quel plaisir mes amis. Un son soul, hiphop, électro. Des bras levés dans tous les sens. Du monde comme un 21 juin dans un tout petit passage clôturé par des escaliers blindés. Jouissif. Les quelques bulots et verres de blanc qui suivent nous font louper Everydayz.
22h45, NICOLAS JAAR nous envoie la baffe de la soirée. Une électro psyché groovy tonitruante, jouée par un band. Quelques montées sans jamais faire d’excès. La grande classe. 23h15, SOULEANCE (= Soulist + Fulgeance). Parfait alliage de break, de hiphop, de soul, de funk et d’électro. What the funk ! Ça sent l’été et le WorldWide à plein nez. Intéressants les remix de vieux tubes des années 90 dont le fabuleux She Can’t Love You (pendant ce temps là, Matt Pokora reprend douloureusement Jean-Jacques Goldman : c’est mon enfance qu’on assassine). 00h00, je m’attarde peu devant NINA KRAVIZ malgré le talent house de la jeune russe. 00h15, MATTHEW DEAR et son électro pop poussive, voir hautaine, ne me charme pas. 00h45, ASSASSIN. Ne faisant pas parti de ma discothèque, ça me touche assez peu. Je retiens juste un interlude précieux de Rockin’ Squat, où après avoir cité Iam, Keny Arkana (mais pas Ntm : il parait qu’ils demandent à ne pas jouer avec eux dans leur Rider), il déclare ceci : « On nous a dit que Les Nuits Sonores étaient un festival électro. Mais le hiphop est électro ! L’électro est hiphop ! Sachez que les premiers Afrika Bambaataa en 82, 83, 84 étaient électro ». A méditer. 00h55, je m’intéresse au rock langoureux, lancinant, planant de THE YOUNG GODS. 01h05, CARIBOU. Difficile d’égaler la claque prise aux 3 Eléphants deux semaines plus tôt, mais impossible de résister à leur électro-rock psychédélique. Le final est différent qu’à Laval, mais le Sun de fin explose tout le monde. Grosse impression, à nouveau. 02h00, les putains de rumeurs annoncent l’annulation de Ninjasonic. Merde. Remplacés par ? Mehdi-Busy-Brodi. Je zappe. 02h10, BLACK DEVIL DISCO CLUB. 30 ans après, ça reste disco-électro ! 02h30, TERRY FRANCIS. Une techno simple et efficace. Je danse au bout de 30 secondes. Résident de la Fabric ? Ok. 03h00, AGORIA propose lui une techno plus lourde, plus en longueur, truffé de classiques. On peut s’abandonner. Profitons de l’héritier de Garnier, et attendons ces lives d’Impermanence. La rentrée se chaude.

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SAMEDI 04 JUIN 2011

Petit dej’ aux panisses de Marseille. Le bonheur ne dure qu’un temps. Je dois rentrer précipitamment chez moi, et louper (pour la première fois depuis des années) la fin du festival (soit un réel sacrifice, pas considéré à sa juste valeur […] ). Ce samedi s’annonçait pourtant très très riche : De!nial, Nisennenmondai, Tokyo Panorama Mambo Boys, Luciano, Tortoise, Bo Ningen, Gaslamp Killer, Mount Kimbie, Shackleton, Joy Orbison, The Shoes, Discodéïne, Bot’ox… A la place de ça, quatre heures de train dans le wagon de l’enfer : à ma gauche le surexcité Dylan (chiard de 3 ans) et ses parents bobos qui ne disent rien, à ma droite Régis (on l'appellera comme ça) et ses vannes à deux balles (il fait des messes basses à l'oreille de sa femme... à voix haute). Un grand moment. Mais il n’est plus question de musique, je m’égare.

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CONCLUSION

Comme l’an passé, je n’ai pas vécu le festival auquel je m’attendais, la faute à une santé défaillante à un esprit soucieux du futur plus que du présent. Ça arrive. C’est ce qu’on dit aux gosses quand ils trébuchent… Encore un temps capricieux (il fallait prévoir sa petite liquette mercredi), encore une scénographie superbe au Marché Gare (jusqu’à poser de grands bandeaux d’herbes pour se reposer, jusqu’à estampillé les bâches qui recouvrent les régies techniques des scènes par des tissus Nuits Sonores). Dommage que ce lieu disparaisse tellement il est atypique, vintage, techno. Visuellement, la communication était superbe : une déclinaison à l’infini du visuel initial avec différentes têtes d’animaux (ours, belette, blaireau, mouton, coq, sanglier, chien). Mais peut-être trop de supports : programmes, flyers illisibles, planning tables rondes, creators project, parcours, énergie durable… j’en ai trouvé 8 différents. Cependant, Les Nuits Sonores s’évertuent tous les ans à changer d’illustrateur, de visuel, de logo, et ça, j’adore. Bénie soit la jeunesse lyonnaise qui fait ses gammes sur des artistes de qualité. L’offre musicale est pléthorique. Et je ne vous ai même pas parlé des soirées Extra (une soirée ratée, une soirée sur un toit avec une piscine, un Jogging électro mais sans couleur, une boum pour chiens…). Je repars avec de bons souvenirs : Dj Shadow, Brodinski, Douster, Mosca, Soul Passage, Nicolas Jaar, Souleance, Caribou, Terris Francis, Agoria. Bilan comptable : 80.000 spectateurs dont 37.000 sur les sites payants. L’année prochaine, c’est les 10 ans. Je ne vois pas comment l’on pourrait louper ça.

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BONUS : les bons mots du week-end

La bonne surprise : Mercredi, devant le bar Scène 02, 00h30 :
Entrain de poser des flyers fm-r sur un bar, un barman en saisi un.
Lui : tu veux une bière ?
Moi : gratos ?
Lui : ouais.
Moi : ok ! Pourquoi ?
Lui : vu que tu oses n’importe quoi.

Le quiproquo génial : Vendredi, pendant The Young Gods, Scène 2, 00h55 :
Mon voisin de droite, jeune, patibulaire mais presque :
- ils ont déjà joué leur tube Peter Bjorn & John ?
- euh non…
- ok merci

Le beauf royal : Samedi, pendant le retour en train, wagon 16, place 27, 18h05 :
La Sncf : A cause des intempéries, notre train aura 20 minutes de retard en gare de Massy...
Régis : Ah, il doit pas avoir d'essuie-glace.
/
Un passager (cherchant sur une carte où le train était arrêté) : On doit pas être loin de Sens.
Régis : Oui mais est-ce qu'on est dans le bon ?



14/06/2011
Je suis d'accord avec toi sur toute la ligne! Jaar était une énorme claque, une sensibilité musicale étonnante que j'avais déjà notée sur l'album et sur ses premiers maxis. Par contre, je regrette pour toi que tu aies loupé l'apéro sonore du musée Gadagne. Jardin suspendu splendide avec des gens allongés dans l'herbe sirotant des bières au son du dj résident du Weekend de Berlin. Ça sonnait un peu Marek Hemmann, on s'y serait cru! Enfin, tout comme toi je retiendrai Jaar, Caribou et Agoria du marché gare. Une belle édition, même si j'ai regretté l'absence d'une grosse tete d'affiche du genre Chemical B. Des économies pour la claque des 10 ans!
by Gaetan


13/06/2011
Si t'as le numéro de régis, je prends. J'ai trouvé mon Dieu de l'humour. Autrement, vivement l'année prochaine !
by playmobiiitch



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