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17/11/2008 Nördik Impakt 10 Novembre 2008 (livereport)
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by Jogging Vert pour fm-r LUNDI 10 NOVEMBRE 2008
S’il y avait bien un choix judicieux à faire en octobre, c’était d’économiser un peu d’argent : se refuser une place de cinoche, un resto, une fringue, une bouteille d’alcool voire un bout de shit… Tout ça pour se permettre d’aller à Caen pour la soirée d’ouverture du festival Nördik Impakt. Visiblement, quelques uns ont suivi ce conseil, à en croire les plaques d’immatriculation des caisses garées devant le Cargö : 75, 35, 72… Ce soir, c’est LA soirée hip-hop de la décennie (légendaire par rapport à un marketing Rock The Bell, programmé le même soir !). Pourtant pas fidèle abonné à The Source, ou auditeur émérite de Dee Nasty sur Nova… Bref, pas un fin connaisseur du hip-hop, j’ai vite noté que cette soirée était immanquable. Jugez plutôt le line-up (à faire passer Difool pour un animateur de variété, le Ministère Amer pour une farce ou Booba pour un comique. Ce qu’ils sont tous d’ailleurs) : Kurtis Blow (inventeur du hip-hop), GrandMasterFlash (inventeur du scratch), Guru’s Jazzmataaz (fondateur du hip-hop jazz), Rahzel (LA référence du beatbox), Q-Bert (meilleur dj turntablism au monde), F2Louise (danseurs de l’émission h.i.p.-h.o.p. de Sydney)… Le Nördik, festival plutôt d’obédience éléctro, se la joue hip-hop. Mais quand on parle de musiques électroniques, le hip-hop n’est jamais loin (on appelle ça « musiques assimilées »). Là, ils ont frappé fort, très fort…
J’avais oublié que la Normandie avait la même météo que la Bretagne. Si on rajoute à ça, l’autoroute toujours inexistante pour arriver à Caen, ça nous fait un voyage assez pénible. Arrivée à 21h30, la bière est de rigueur. A l’entrée, je suis de suite accosté par 2-3 personnes qui veulent m’acheter une place. Ah, y en a quelques-uns qui vont rester sur le carreau ce soir... C’est plus que complet. Je rencontre un ami flyer, qui me fait découvrir le programme des Trans (très bel édito). Petite discut’ et je rentre enfin à l’intérieur du Cargö, la nouvelle Smac caennaise. Belle bâtisse, beau bar, belle scène, beau club, mais putain, qu’est ce qu’on y circule mal !! Faudra dire un jour aux architectes de penser aux mouvements des foules : pour sortir et entrer d’une pièce quand c’est blindé, c’est la cohue, le bordel. Bref. 22H15, j’ai loupé F2Louise et la première demi-heure de GURU’S JAZZMATAZZ (feat Solar & 7 Grand Players). Initialement Mc du Groupe Gang Starr (avec DJ Premier), Guru a aussi monté ce projet novateur, pionner en son temps, mélangeant hip-hop et jazz. Sur scène, un batteur, un clavier, un bassiste, un trompettiste et 2 Mcs. Ya pas à chier, ça claque. Je ne connais que de nom (mis à part le featuring avec Erykah Badu), mais je suis déjà sous le charme. Les solos du trompettiste (qui a plus l’allure d’un gangster que d’un trompettiste) sont nickels. Guru fait même péter le marcel pour laisser apparaître son corps 50centien. Bien conservé le gaillard. La salle est archi-comble, dévouée et visiblement connaisseuse. Les casquettes New Era ne pullulent pas autant que je ne l’avais imaginé. Y a de tout ! Fin de show. Je sors boire un coup à ma caisse. Je rencontre un mec venu de Paris qui n’a pas de place (faut pas être malin aussi). Dur de le réconforter. 23H15 : KURTIS BLOW, le mec le plus cool de la planète, genre Prince de Bel-Air vieillissant. Kurtis Blow, l’inventeur du hip-hop (bien que la paternité du bébé soit discutée, à en croire le récent Tracks spécial testostérone diffusé sur Arte). L’homme est seul et il balance ses vinyles pour pouvoir toasté dessus. Habillé d’un survet’ blanc (pec’ apparents) et d’une casquette blanche, le sourire jusqu’aux oreilles, les dents apparentes pendant plus d’une heure, le mec inspire grave la joie, et le respect. Kurtis Blow a les vraies valeurs, l’esprit initial du hip-hop, comme le rappelait récemment Ntm : peace, unity, love and having fun. Il le scande d’ailleurs, en plus des innombrables « everybody’s crying !!!!!! ». Au milieu du set ils invitent les 6 danseurs de F2Louise à venir faire le show. Chacun à l’air d’un gamin à la vu du bonhomme (sur les six, quatre ont une caméra fixée sur lui !). C’est Kurtis qui choisit qui va danser (à la manière d’un Miles Davis qui désignait au hasard qui allait faire son solo). Il va même faire sa petite performance de breakdance, et croyez-moi, le vieux a de beaux restes. The Breaks, Basketball, If i ruled the world, Christmas Rappin… Que des morceaux dont je connaissais les airs, sans trop savoir que c’était de lui. Ce mec a la classe. A côté, Georges Abitbol passe pour un ringard. Pour moi, LE concert de la soirée. Après cette claque d’une heure, je pars me ravitailler, non sans mal (je vous l’ai dit, la circulation est difficile). Pause pipi dans de superbes toilettes aux carreaux violets (c’est assez rare pour le mentionner). Mon voisin d’urinoir scotche les carreaux et essaye de les faire coulisser vers la gauche avec sa main : qui a dit que la drogue était d’la merde ?! J’arrive à atteindre le chapiteau extérieur : vide. Parait-il qu’un dj doit mixer : le pauvre… Une vodka redbull et c’est reparti. 00H30 : QBERT. Déjà vu aux 3 éléphants cet été, mais un peu éméché. Là, je peux entièrement savourer l’instant. Du grand art, du turntablism de haute volée. Allant même jusqu’à scratcher de la d’n’b bien hard (il accélère les bpm à chaque fois). Certes, le mec est très peu expressif (c’est le moins qu’on puisse dire), mais putain, il assure. Le temps d’aller choper un verre, je me rends compte que DIGIKID84 mixe dans le club : un énième dj électro parisien (les quelques putafranges venues se déhanchent dessus. Elles n’ont pas dû trop accrocher le hopopop). 01H30, RAZHEL, le beatboxer de The Roots, enchaîne. Dans le public, j’aperçois Ezra qui a du venir voir son maitre. Sur scène, Dj S1 prépare le public, puis l’imposant beatboxer arrive. La démonstration peut commencer. Le public est chaud bouillant. Les basses jaillissent de sa bouche, puis tous les sons possibles et imaginables. J’suis au premier rang et j’en prends plein la face. Le public : « No you can’t !!!! ». Razhel : « yes i can…». Le public : « No you can’t !!!! ». Razhel : « yes i can…». Un petit « If Your Mother Only Knew “ et c’est déjà fini. Waw ! 02H30, c’est l’heure de GRANDMASTER FLASH. L’homme est accompagné d’un vigil-donneur-de-vinyle-vireur-de-slameur assez virulent. Le gars a une pile de vinyles dans les mains et les passe à la chaîne au mixeur fou. Les 30 premières minutes sont superbes : un remix de tous les titres phares des années 80 (dont les siens bien sur). The Message, Rapper’s Delight, Apache, Breakdance… Puis vient le mix des années 90 (2Pac, Luniz…), puis celui des années 2000. Cette dernière partie est moins intéressante car peu originale (Snoop dogg, Blur, White Stripes… déjà vus). Razhel vient en fin de set serrer la star dans ses bras et fait des gestes de soumission, à la limite de se mettre à genoux. Kurtis Blow et les autres ne sont pas loin. 04H00 c’est fini. Déjà. Direction la clio pour remettre en ordre tous les merveilles entendues ce soir.
Au final, du son old school d’une lourde qualité, un line-up dantesque, une graaaande soirée. Quasiment tous ont fait un petit hommage à Obama (normal), bien relayé par le public (normal). Tout s’est bien déroulé (orga au poil donc). Pas trop de déco (mis à part 4-5 écrans en fond de scène).




BILAN GENERAL
Notons que le festival comportait d’autres soirées, surtout vendredi (Jeff mills, Dubfire, Chloe, Jennifer cardini, South central, Peter digital orchestra, Sprog, Flow, R-Franck) et samedi (Afrika bambaataa, Michael mayer, Maxime dangles, Rob acid, Paul kalkbrenner, Fakktion, Chris liberator, Dave the drummer, Lenny dee, Micropoint, Dee nasty, Yuksek, Pulpalicious, Streetlife, Strip steve…).
Souvenons-nous que la 10e édition du Nördik Impakt a failli ne pas voir le jour. En septembre, le festival annonçait un important manque d’argent qui menaçait la réalisation de la manifestation (un besoin de 200.000€ de subventions, pour une aide de 10.000€ de la mairie... pourtant récemment passée à gauche). Les organisateurs ont alors du proposer une édition limitée et diminuée (pas de soirée de clôture au parc expo, celle-là même qui avait été élue meilleure soirée électro indoor de France avec 15000 spectateurs et une prog parfaite). Quand on sait que le festival est reconnu d'intérêt national par le ministère de la Culture, il y a de quoi se poser des questions sur le désengagement de l'état... En Novembre, la préfecture avait même émise des réserves quelques jours avant la manifestation, qui risquait donc d’être annulée ! Une nouvelle commission de sécurité réunie 3 jours avant le festival avait finalement émis un avis favorable. Ouf.
Espérons que l’édition 2009 soit « plus simple »…
Soutien et longue vie au Nördik !!!
24/11/2008 Très bon billet, détaché mais bien documenté, drôle et précis, j'aime beaucoup...J'étais au festival rock the bells pour lequel je ne pourrais en dire autant, enfin être aussi dithyrambique mais c'est une autre histoire...
Garder ça vrai.
Un nouveau lecteur. by LMR
21/11/2008 Monolithique ? Eh béh... (Sinon, je confirme qu'il n'y a pas d'autoroute quand on vient de nantes, donc d'angers, donc du mans, ou alors c'est la première fois que je vois des rond-points sur une autoroute. Et bien sur qu' "inventeur du hip-hop" n'a pas trop de sens, mais c'est pour ça que Mr Blow est connu. Ne dit-on pas qu'Elvis est l'inventeur du rock ? alors que cela n'a aussi aucun sens...) by Jogging Vert
17/11/2008 Il y avait deux soirées hip-hop de la décennie la même semaine en France. Le vendredi à Paris avec Afrika Bambaataa, DJ Revolution, Kurtis Blow (aussi), Dee Nasty, etc.
Par ailleurs Kurtis Blow n'est pas l'inventeur du hip-hop (qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire d'abord), mais seulement celui qui a popularisé la figure du MC.
Et pour ton information, il y a bien une autoroute qui va jusqu'à Caen...
Dommage de ternir ce compte-rendu monolithique de ces imprécisions ! by Tahiti Bob
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