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19/04/2011 Mythos / Rennes: retour en rimes
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by playmobiiitch pour fm-r Jeunes filles en fleur et gentilshommes s'étaient donné rendez-vous pour ce premier rendez-vous printanier de la saison. Mythos, Mythe, Mythique. Quinzième édition, cadre bucolique pour festival onirique. Revue et commentaires du meilleur. Et du pire.
Commençons par le meilleur et débutons dans l'ordre dé-chronologique. Samedi, un drôle d'oiseau s'est présenté sur scène. Moitié cowboy marin, moitié dandy gonflé aux embruns, le gars Bertrand Belin en a fait crackers plus d'un. Auteur d'un bien bel album HyperNuit à la rentrée dernière, auréolé d'un certain succès critique, sa prestation fougueuse était attendue. Bel effort, saupoudrée d'un humour pince sans-rire qui fait fondre les filles et qui rend jaloux les garçons. Sa sincérité élégante, son amour pour les maisons et ses ritournelle qui convoquent les gentlemen farmers fantômes Johnny Cash et Bashung, laissent forcément admiratif.
Dans la catégorie fromage de chèvre et moustache fine, je demande Florent Marchet. Un berruyer qui s'exporte est un fait assez rare: j'ai ainsi répondu expréssement à son appel disco pop. Deuxième charmeur de son report, deuxième approbation. De Narbonne Plage à Courchevel, entre humour territorial ("les spectateurs bretons comparés à des ploucs", tout est dit) et one-man show décalé, son spectacle petit-bourgeois séduit. Ses compositions brillent, ses arrangements tout autant. Sa tournée de 120 dates l'amènera forcément près de chez toi. Tu sais ce qu'il te reste à faire.
Le texte avance, nous arrivons bientôt à l'entracte. J'en profite donc pour préciser que Mythos n'est pas qu'un assemblage chansonnier en français dans le texte. C'est également un vaste choix de pièces familiales et de récits décalés, où la parole devient art, et ce, aux quatre coins de la ville de Rennes. Mon inculture et ma curiosité limitée ne vous conteront pas toutes ses représentations : il n'en demeure pas moins que je vous invite chaudement à vous pencher dessus.
J'aime autant le grand écart que Jean-Claude Van Damme dans BloodSport. Ainsi, jeudi dernier, en mise en bouche, j'ai accepté Stromae et j'ai vogué jusqu'en Zone Libre pour apercevoir Casey et consorts. Les pupilles se réveillent, les muscles se tendent, la concentration est à son paroxysme. Pardonnez cet affront, Monseigneur, mais je ne cracherai pas si facilement sur le nouveau roi new beat des Belges. Stromae dégage une sympathie certaine, mais, comme tous les garçons de son âge, semble quelque peu paresseux. Dôté d'un concept honorable, donneur de leçons pédagogiques, Stromae prouve que s’imposer en tant que rappeur belge n’est pas chose commune. C'est donc intrigant et presque séduisant une fois, comme lors de sa première aux Transmusicales de Rennes cet hiver. Ca l'est beaucoup moins à la vue de sa prestation en roue libre. Une drôle d'histoire belge donc, qui, malheureusement, semble tourner à la blague…
Avec la rage comme carburant, Zone Libre délivre un set fougueux, sans pitrerie aucune. Leurs discours, authentiques, pourront se rapprocher de ceux de Stromae : réalisme dépressif et précarité sont au menu. Court, tendu comme l'élastique d'un slip neuf, leur prestation avoine et martyrise l'auditoire de la MJC Antipode, venus écouter ses troubadours énervés. Assemblage étonnant donc, à ne pas dédaigner.
J'en oublierai presque celle qui décroche la timbale du festival. Melissmell. Faisons simple: son tourneur se prénomme Pour Oublier Productions. Pour oublier, surement pas, à oublier, assurément.
Dans la vertigineuse cohue de manifestations qui s'offre au festivalier rennais, Mythos ne baisse pas la garde et continue de brasser tous azimuts, avec un certain talent. Une manifestation unique, qui ne se moque pas de son public.
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