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13/06/2011 Mon Primavera
| Report |
by gringo pour fm-r 10 ans. 10 ans qu'on traîne nos Converses dans la boue de Belfort, de Carhaix, de Glastonbury, de Saint-Cloud, de Saint-Malo ou de Werchter. On en a soupé de la Kro dégueulasse, des campings pourris par le djembé, de Quechua prises par le vent et des concerts du Peuple de l'Herbe.
Alors la trentaine approchant on décide de faire nos vieux et d'aller dans la Mecque du festival indé, le Primavera Sound Festival. En prenant le Orly-Barcelone, on s'aperçoit que le public est un peu le même que la bus de la gare de Belfort, quelques cheveux en moins et des débuts de rides en plus. Ici la navette à des ailes, ça pose le décor. On pose la valise à l’hôtel, et on se dirige vers le Parc del Forum (on a zappé les soirées d'introduction avec Echo et ses Bunnymen). Le béton avec vue sur mer servira de cadre pour les réjouissances des trois prochains jours.

Jeudi On commence avec Sonny & the Sunsets, groupe qui joue comme en 1951 des morceaux ensoleillés. Ça à l'air sympa sur le papier, ça l'est moins en vrai. On zappe pour Cults, groupe en pleine hype. Ça remonte le niveau mais les rares choses dont je me souviens sont la robe grotesque de la chanteuse et le xylophone en arrière-fond.
Dès la fin du concert on tente de rééquilibrer notre bilan hydrique. Fausse note, l'orga a prévu un système très sophistiqué de paiement des boissons. Tellement sophistiqué qu'un seul bar sert de la bière à 40.000 gosiers assoiffés sous réserve de possession d'une carte préalablement rechargé. On prend notre mal en patience, on discute avec nos voisins français, venu ici pour écouter les bien-nommés Suicide. Les batteries rechargés on fait un tour devant Of Montreal. Le spectacle est surtout visuel. Simulation (grotesque) de combat de catch, déluge de fluo et de ballons, l'artifice vient noyer la musique... C'est pas désagréable, mais pas non plus totalement convaincant. Au bord de l'overdose, on se tourne donc vers The Fresh & Onlys. Encore un groupe qui suit la hype, mais qui, quoique de facture classique, est nettement plus intéressant. Bon point et bonnes chansons (« Waterfall »).
Le concert terminé, on s'en retourne vers la scène Llevant (le site est étendu) pour la première tête d'affiche de la soirée : Public Image Ltd (PiL). Johnny Rotten qui a réembauché des membres du groupe période 80 pour l'occasion n'a rien perdu de sa superbe et reste toujours magnétique. Ca crache, ça insulte, ça glaviote. Si les morceaux de PiL sont aussi longs que les crachats des Pistols étaient courts, le groupe et son leader font tenir dans la durée. Au sommet on aura un « This is not a Love Song » des plus inquiétants. Brillant. « The king is gone but he's not forgotten ».
On ne regrette même pas d'avoir loupé Connan Mockasin et on se dirige vers Grinderman. Nick Cave et ses Cavettes sont brillants comme d'hab. Ce gars est un Dieu et est mille fois plus sexuel que l'intégrale Rocco Siffredi. A la fin du set, Cave nous implore de ne pas manquer le set de Suicide. On se hâtera de ne pas suivre son concert, s'accordant une pause méritée pendant que le duo torture les tympans de son auditoire à coup sur conquis...
Interpol n'ayant plus beaucoup d'intérêt on va directement à la case Flaming Lips. A coup de gros effets, la fusée décolle et le groupe emporte la mise. Un concert et une navette plus tard, on était à l'hôtel.
Vendredi Le lendemain matin vers 14h, on décide de vivre à la Barcelonnaise. Quelques escargots et joues de bœufs avalées on fait un tour voir les Indignados qui occupent la place de la Catalogne. Sur les coups de 16h30 on se rend dans l'Auditorium, salle assises magnifique dévolue à des concerts plus intimistes. Un DM Stith sans grand intérêt ouvre pour Sufjan Stevens. Le concert qui suit sera des plus mitigés. Sufjan passe de long interludes à nous expliquer l'esthétique de son concert pillé dans l'art naïf... Au final ça ressemble plus à Mika. Burp.
On rentre dans le forum pour the Monochrome Set groupe mythique au concert sans intérêt, rapidement suivi par James Blake. Le gars pose sa gueule de beau gosse sur tous les magazines à la mode. Le dubstep c'est pas notre tasse, ce concert non plus, desservi par un son pas top.
The National remonte le niveau (même si je ne comprends toujours pas pourquoi ce groupe peut postuler pour la couronne de roi des groupes indés américains). C'est fort sympathique mais jamais génial. On tombe ensuite sur un Ariel Pink's Haunted Graffiti nettement plus trippant, qui nous fait passer une bonne demi heure. On se place pour un Belle & Sebastian en amoureux. Malgré une bouillie sonore, le groupe est plus vivant qu'à de précédents prestations. Un moment très agréable de musique touche-pipi (et tant pis pour Low). Peu convaincu par les groupes suivants, on s'isole à l'espace cinéma sur des fauteuils très confortables devant un docu sur Nina Simone (avec en voix off la poésie absconse de Richard Bohringer (!!??!!)).
Bien placé, on attend le show de Pulp. Comme tous les autres (sauf les Smiths), l'âme de la britpop s'est reformée. Barcelone est le premier grand concert, et la setlist sera aux petits oignons. Excellent set, très professionnel, Jarvis Cocker fait le show avec hommage appuyé aux Indignados et clôture sur Razzmatazz (boite de nuit barcelonaise). On regrette les concerts minables subis et servies par Jarvis Cocker depuis une dizaine d'année. C'est avec Common People dans la tête qu'on rentre dans nos pénates.
Samedi Le lendemain on retrouve l'auditorium pour un John Cale en kilt, qui accompagné par un orchestre va jouer Paris 1919. Mouaif. TunE-YarDs est nettement plus agréable, même s'il vient en pleine mode de pillage de l'Afrique par le rock indé.
Fleet Foxes joue au soleil couchant. Les américains barbus présentent leur nouvel album dans un concert des plus agréables. Mais ce sont les vieux titres qui restent les plus convaincants (Blue Ridge Mountains, White Winter Hymnal).
Retour à l'auditorium pour Mercury Rev (et tant pis pour Einstürzende Neubauten), qui rejoue leur Deserter's Song's. A l'heure de l'effondrement du marché de l'album, la mode est aux concerts autour d'un disque (Pixies, Brian Wilson, Roger Waters, Lou Reed), marque des artistes ayant perdu l'inspiration. Ce qui est le cas de Mercury Rev qui après deux chefs-d'oeuvres (Deserter's Song's et All is Dream), a progressivement sombré dans le grotesque. En live, le groupe garde tout son éclat et livre un concert excellent, a peine amoché par une reprise de Peter Gabriel en final. On ne regrette rien.
PJ Harvey livrera une prestation plus mitigée. Si Let England Shake est un excellent album, Polly Jean s'échine a le rendre le plus chiant possible en live. Son concert en février nous avais déjà laissé sur notre faim. On a toujours pas plus à manger, l'artiste restant sur le même mood (costume à la Björk, jeu de scène à la Frank Black). Le Barça ayant gagné la Coupe d'Europe, on manque d'envie d'attendre Animal Collective et Odd Future, et c'est heureux qu'on rejoint la Place de la Catalogne.
En bref, Primavera est un excellent festival pour trentenaire indé. Cher, mais relativement bien organisé, on est sur de ne trouver ni boue ni Rue Kétanou.
14/06/2011 Non non j'ai passé un super festival. Mais c'est vrai que j'étais pas en mode fan hardcore, plus en couple amoureux en week end Barcelonais by gringo
14/06/2011 Heu... C'est moi ou le retour des concerts est quand meme mitigé ? On sent plus de deceptions que de gros coups de coeur...
Il t'a manqué un petit babylon circus ? ^^ by nico.
14/06/2011 Tout cela donne très envie. Le problème c'est juste qu'il y a le kilbi en même temps...ce sera difficile d'abandonner le petit primavera qui a tant de qualités aussi by manolo
13/06/2011 Classe. Arrivé à citer La Rue Ketanou et Le Peuple de l'Herbe dans un report du Primavera est une jolie pirouette ! by Jogging Vert
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