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15/08/2008 Live-report de la Pantiero 2008
| Report |
by berlintobarcelona pour fm-r Cannes dans l’imaginaire collectif c’est de la jet-set, du fric, des paillettes, des plastipouffes, la mer chaude et un peu de cinéma quand même. Tout cela se vérifie une fois sur place. Et la musique ? Depuis 6 ans, la ville a réussi à construire son festival. Bien entendu, il ne faut pas se leurrer ce n’est pas ici qu’on entendra des groupes trop ardus susceptibles de rameuter une faune en inadéquation avec le reste de la ville, susceptibles de heurter la masse de vacanciers venue prendre sa part de Disney le long de la Croisette. Et pourtant, cette édition 2008 va paraitre agréablement surprenante. Un bon point déjà, il existe ici une véritable ligne directrice dans la programmation, fait suffisamment rare pour être souligné. C’est donc parti pour 4 soirées de concerts.

VENDREDI 8 AOUT 4 groupes sont programmés par soir entre 20h et 00h30, ça va donc très vite. Pour la mise en bouche, c’est soirée electro-rock. Tout commence avec les anglais de The Invisible. Encore un nouveau groupe d’indie-rock à la NME ? Et bien non. Il s’agit d’un combo un tantinet plus intéressant. Ca sonne plus rock américain actuel, le genre de son qui risque de plaire à Pitchfork dans les mois qui arrivent. Mais le public peu nombreux préfère discuter tranquillement dans la fausse herbe installée pour l’occasion. Faut dire aussi qu’au bout de 15 minutes, on a l’impression d’avoir fait le tour du groupe. Les singles se ressemblent un poil trop et à l’heure de l’apéro ça ne passe pas longtemps. Ladytron ayant annulé sa venue une semaine avant le début du festival, il a fallu trouver rapidement un remplaçant. Et là, sublime surprise, c’est les allemands de Mouse On Mars qui s’y collent. Excellent choix ! Configuration live pour le trio avec batterie et machines. Et c’est parti pour 45 minutes de folie totalement maitrisée, comme si Battles et Aphex Twin copulaient pour donner le meilleur. Ca break, ça cut et ça n’oublie jamais les jambes. Chaque piste est une petite cathédrale math-rock sublimement agencée. Un concert parfait de bout en bout. C’est au tour d’Archie Bronson Outfit de prendre le relais. Erreur de programmation, le groupe passe après la machine à laver Mouse On Mars. On se retrouve face à un groupe très intéressant dans le registre shoegaze mais qui ne trouve pas vraiment son public à Cannes. C’est regrettable car les mecs jouent bien et fignolent un concert de qualité. Metronomy clôture la soirée. Le groupe anglais est ultra-buzzé depuis quelques mois. On leur prédit un avenir sous les étoiles, on nous promet que leur musique electro-pop va révolutionner nos jambes. Héhé!, tu parles... rien à sauver de ce brouillon vintage mal dosé. Pas la peine de s’étendre sur la musique du groupe. Je ne resterai même pas jusqu’à la fin car mes oreilles me supplient de m’écarter.
SAMEDI 9 AOUT C’est devenu une tradition à la Pantiero, après la soirée electro-rock, c’est au tour de la soirée electro-hip-hop (en attendant les 2 dernières soirées electro). Le premier groupe à s’y coller est Dan le Sac vs Scroobius Bip. Le duo hip-hop potache anglais va se mettre le public dans la poche très rapidement grâce à un jeu de scène travaillé. Le MC a un excellent flow, les paroles sont brillantes et s’attaquent à tout le monde (et surtout aux nerds). Le DJ assure comme personne derrière ses machines. Un concert sans faille, tout leur album y passe joyeusement. Scroobius Bip picole sa bouteille de rosée en toisant le public et se targue même de quitter la foule sur la final avec un simple regard. J’apprécie copieusement. Et c’est parti pour le 2ème concert lui aussi sublime : Ratatat. Une vraie petite merveille en live. Un sublime mélange d’electro avec des nappes de guitares électrique. Ca prend aux tripes dès le 1er morceau et ça remue tout ça pendant près d’1h. Ce sera d’ailleurs un des rares groupes à bénéficier d’un rappel public. Chaque chanson amène dans son univers et laisse la part à la rêverie. Les 3 mecs du groupe savent y faire avec la foule, on sent une réelle maitrise du temps et de l’espace. Sans doute “le” concert du festival. Le soufflé va vite retombé malheureusement. Antipop Consortium arrive sur scène et triture ses machines pendant 10 minutes. Les MC prennent sagement le relais. Voilà un grand groupe sur disque qui lutte tristement sur scène. L’abstract hip-hop des new-yorkais ne prend pas en live. C’est plat comme la Méditerranée, aucune vague, rien à l’horizon. On s’ennuie ferme devant la prestation du groupe. Les passages electro sont d’un amateurisme effrayant. Je préfère m’éloigner de la scène. Bon, je me dis qu’il reste quand même Birdy Nam Nam pour me permettre de me défouler un peu. Je ne suis pas du tout convaincu par le nouveau live du groupe mais je suis prêt à me laisser avoir ce soir. Et bien rien... les 4 compères se prennent décidément trop pour les DJ du Macumba de Royan. Mais pourquoi se sentir obligé de lâcher toute les 30 secondes des “allez Cannes!” ? Ca devient rapidement fatiguant d’autant que la sauce ne prend pas vraiment. Cerise sur le gâteau, le nouveau visuel du groupe ne veut pas fonctionner normalement ce soir (sauf sur 4 ou 5 titres). La fin est certes plus efficacement binaire mais rien de transcendant.
DIMANCHE 10 AOUT Ce soir on change de registre. On est en terre cannoise, ici les gens ont besoin de leur dose de musique à 2 temps pour se sentir chez eux. Cannes et son public c’est toute une histoire. Rien que pour les yeux ça mérite le détour. Impressionnant le nombre de putafranges avec paillettes, de mecs avec mèches “droite décomplexée” (la prochaine fois je viens avec des ciseaux). Le champagne coule à flot, ça danse avec le sac à main au bout des bras, ça râle quand on bouscule. A coté, Rock En Seine c’est roots. En même temps, c’est paradoxale car c’est aussi ce qui rend ce festival sympathique : son coté propre. On rentre tranquillement le soir, on ne pue pas, on ne marche pas dans une rivière de pisse,... Et qui de mieux pour ouvrir la soirée boum-boum qu’un Sébastien Tellier ? La première demi-heure du concert est longue et sans intérêt mais les 20 dernières minutes vont retourner mes certitudes. La “Ritournelle” en live me fait frissonner mais le coup de grâce est pour “l’Amour et la Violence”. Ce morceau est un chef d’œuvre. Le Tellier fait durer le plaisir, ça monte ça monte à n’en plus finir avant de finir dans un râle de jouissance. Rien que pour ça, j’applaudis. Yuksek prend d'assaut la scène. Je n’attends pas grand chose du beau gosse. Et là surprise, c’est un live qui nous attend. Et là 2ème surprise, c’est pas mal du tout. Ok, c’est du déjà vu dans l’esprit (un grand merci à Daft Punk et Justice) mais diantre, que c’est efficace! 45 minutes d’un techno imparable à retourner n’importe quel dancefloor. The Presets prennent la relève mais dans le genre electro-rock, on connait bien mieux. La aussi c’est efficace (mélange Underworld/Depeche Mode dans l’esprit) mais la sauce ne prend pas avec moi. Ca m’ennuie profondément. Reste SebastiAn pour nous achever. Avec lui c’est toujours pareil. Je râle au début parce qu’il fait dans la facilité mais au bout de 10 minutes j’ai les bras en l’air et je saute dans tous les sens. Pas de chichi, on tape dans l’efficace et c’est tout. Son set sonne très 2 Many DJ’s, il ne laisse rarement un morceau plus de 2 minutes. Ca peut paraitre frustrant. En tout cas, dans le genre blind-test c’est plutôt réussi. Tout y passe : Daft Punk, Justice, The Strokes, Rage... Le final sur le “Windowlicker” d’Aphex Twin suivi du “Life On Mars” de Bowie fige mon sourire pour le reste de la nuit.
LUNDI 11 AOUT 4ème soirée, toujours un grand ciel bleu. Ca sent la fin alors je prolonge l’apéro. Je loupe volontairement le 1er groupe, Poney Poney, suite à une écoute non convaincante de leur myspace. J’arrive donc pour le début du concert des australiens de Midnight Juggernauts. Manque cruel d’objectivité, je suis fan de l’album depuis plus d’un an. Quel plaisir de pouvoir enfin entendre en live tous les singles electro-pop du groupe. C’est cependant moins percutant en live mais je m’en fous et profite des 45 minutes du show. Les belges de Goose commencent leur live. C’est marrant 5 minutes mais le coté rock-techno binaire pour les fêtes foraines c’est franchement chiant. Le public semble s’éclater. Ah ça c’est sur, dans le genre efficace, difficile de faire mieux. C’est l’heure de clôturer le festival. J’attends Simian Mobile Disco de pied ferme depuis des lustres mais énorme déception, c’est un DJ-set qui nous attend avec seulement un gazier. Bon, je veux bien écouter pour la forme. Au bout de 10 minutes, tout est plié : ce sera acide. Problème, à Cannes le public n’est pas vraiment sous acide. Ca ne prendra jamais totalement. Ca devient rapidement répétitif, je me recule et observe sagement le set un verre à la main.
La Pantiero fait aujourd’hui parti du paysage cannois, c’est une évidence. Enorme avantage cette année, il y a eu des afters en relation direct avec le festoche. Je l’ai joué cool et n’y suis donc pas allé mais les échos ont été positif (surtout concernant la soirée Danger/DatA). Le coté « petit festival tout propre » possède autant ses défauts que ses qualités. Alors oui, ici le public manque de folie et il n’y a qu’une seule scène mais à coté de ça, la prog est cohérente, on n’est pas noyé par la foule et on peut profiter pleinement des concerts. Et la Pantiero possède cet avantage que chaque année, ce ne sont pas les groupes que l’on attendait qui vous surprennent. Rien que pour Ratatat, Dan le Sac vs Scroobius Bip et Mouse On Mars, je ne regrette pas d’être venu et je suis prêt à signer pour l’an prochain.
22/08/2008 Mouse On Mars reste un exemple, à suivre.
Une carrière qui dure, un live qui se bonifie avec le temps. by CHA
19/08/2008 Ca manque de champagne cette review. ;) by Tahiti Bob
15/08/2008 oh oui... le genre de groupe qui met tout le monde d'accord en live... pfff, quelle maitrise... by berlintobarcelona
15/08/2008 n'est ce pas que mouse on mars c'est de la super balle!! chaque fois trop beau. en duo aussi cela vaut nettement le détour pour ceux qui aiment les machines à laver à tendence encore plus electro et décpentes.
la classe quoi by manolo
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