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10/10/2008 Les 3 Eléphants 25-26 juillet 2008 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


C’est sans nul doute le point fort de cette 18e édition. Beaucoup de rumeurs ont circulé sur le pourquoi du comment : le festival voulait s’agrandir, le festival voulait se rapprocher de sa salle (le 6par4 à Laval, à la manière du couple Ubu-Trans à Rennes), une tribune de foot en dur aurait été construite sur l’ancien site… Le fait est que Les 3 Eléphants ont quitté leur site inégalable (et de loin) de Lassay-les-chateaux pour un nouveau site à Laval. Les manifestations des habitants de Lassay n’y auront rien fait (notons que c’est tout de même rare que des gens « âgés » crient pour qu’un festival de « jeunes » reste chez eux…). Et la prog dans tout ça ? Fidèle à elle-même, toujours au niveau où on l’attend : des découvertes géniales, des têtes d’affiches originales et des groupes bookés à contre-temps (Camille aurait dû être là il y a 2 ans, Birdy Nam Nam il y a 2 ans, Le Peuple de l’herbe il y a 3-4 ans…). Bref, le 3e week-end de juillet est bloqué et coché sur le calendrier, au même titre que Noël, le jour de l’an, ou l’anniversaire de mémé.



VENDREDI 25 JUILLET 2008

Vieux singe qu’on est, on arrive à 17h au parking, presque vide. On a passé l’âge d’arrivée à 22h, de picoler tout l’alcool en 30 minutes et de louper la quasi-totalité des groupes… On préfère boire sur la longueur (le résultat est identique dans les 2 cas). Première mauvaise surprise, il pleuviote. On hésite quelques minutes (autour d’une bière) avant de planter la tente. Après des années de résistance, je suis passé à la « 2 secondes ». Finalement, merci Décat’. Direction le site. La pluie tombe à torrent. Ce temps fait tirer la gueule à tout le monde. 19H, on entre trempé sur le site. Tout le monde est réfugié sous le chapiteau où a commencé BROADCAST2000 (qui a remplacé la somptueuse Soko, qui avait pourtant temps avivé notre libido). Comme on colo on sèche notre fringue en groupe, tout en écoutant la folk berçante des anglais. C’est mignonet. Autant vous prévenir, la folk a le vent en poupe en ce moment et les 3 éléphants nous en ont préparé une quintuple ration pour le week-end. Suit un joli COMING SOON, dans le même style, mais un peu plus captivant. Certains zicos ont 15 ans. Et en effet, cette folk semble toute fraiche. On sèche. 20H, place à MORIARTY sur la grande scène (non couverte, cela va de soi). La pluie cesse un peu. Mais ça colle à l’univers du groupe : blues, folk, sombre, western… Bien que sous un petit soleil, cela aurait été tout aussi appréciable. Très bien, mais je pense beaucoup plus efficace en salle. Et faut dire, on en a tellement bouffé à toutes les sauces de ce groupe dernièrement… Pause bière et pipi (face à face avec les autres, très déstabilisant ! Allez demander aux filles de pisser en tête à tête ! Bravo l’égalité des sexes. Cependant, on repère assez vite les mecs qui ne vont pas pisser : ce sont les seuls à faire la queue, avec un sourire gêné). Direction PATRICK WATSON, ma surprise du festival. Un énième folk-man. Sauf que ce mec est habité par sa musique. Ça se sent. Scotchant. Eblouissant. A voir. 22H, on va matter (et le mot est faible) MICKY GREEN. Je ne m’attarderai pas sur sa beauté (par peur des foudres de may), ni celle du clavier (tout aussi belle). Niveau musique, c’est pas ma came non plus, mais ça reste sympa, pop. On la compare souvent à Feist, bien je préfère quand même Feist. Tous ces groupes bons (mais mous) comme du bonbon, nous ont forcé à lever le coude pour accélérer nos émotions. On le payera plus tard. On passe très vitre devant SUBTLE qu’on nous annonçait comme le nouveau truc hip-hop in. Mouais, trop pédant à mon gout. Les plats au curry n’ont pas besoin de se déguiser pour être intéressant, eux. Pause repas vous l’aurez compris. 23H30, déjà l’heure du PEUPLE DE L’HERBE. Je reste 3 morceaux. Il commence à être dépassé ce groupe non ? Et Sir Jean aurait tellement du continuer Meï Teï Shô. 00H30, Q-BERT. Génial. LA référence en turntablism, le Jackie Chan des platines (les clichés, tout de suite). On en prend plein les yeux et plein les oreilles. Mon taux d’alcool me fait totalement décollé pendant son set. Une merveille d’alchimie . Les 3 Eléph’ renouent avec leur culte du Turntablism (C2C, Netik, Craze…). 01H40, place à VITALIC sur la grande scène, la star du soir. Enfin de la techno ! Enfin du bon jambonneau ! Ça envoie. Les gens dansent, jumpent, crient, mais bon… Show que je qualifierais de brouillon. J’ai beau être bien imbibé, je ne prends pas la baigne attendue (je suis pourtant fan). J’ai cru entendre 3 fois l’intro de « my friend is dario ». J’ai assurément préféré le show de Bourges. Vivement son nouvel album tout de même. 03H00, après quelques pérégrinations involontaires, mon corps trouve enfin le chapiteau. DANGER y lâche sa french touch actuelle, dans une veine électro made in 80’s. Mélodiquement joli. Visuellement joli. Déguisement joli (il est habillé tel un Spiderman noir). Mais rien n’y fait, je n’accroche pas plus en live que sur son myspace. Bon, ça tombe bien, j’commence à plus tenir debout. J’ai mal géré mon alcool (comme d’autres visiblement). Demain, c’est promis je bois moins pour mieux profiter des concerts.

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SAMEDI 26 JUILLET 2008

Bon, il faut se rendre à l’évidence, nos joyeux samedis après-midi au village, aux lavoirs et à la roseraie sont terminés (RIP Lassay). On se résout à rester, banalement, au camping. Petit dej au stand bouffe du camping très pratique (2€ le jus d’orange : ya du houblon dedans ou quoi ?). Puis volley collectif (on finit à une vingtaine). Le soleil tappe. Un homme en tutu passe. L’alcool agit lentement. Certains ont déjà du mal à enchaîner les manchettes… La sécu circule sur ses chevaux, qui lâchent des kilos de merde juste devant nos tentes. Jolly Jumper et Tornado baissent d’un cran dans mon estime. Motherfucker horses ! Notre oreille ne fait pas attention à MR LE DIRCTEUR qui joue au stand bouffe. Puis, un peu plus tard, on reprend petit à petit les refrains familiers qui nous parviennent : des chansons françaises has been chantées en espagnole. Tellement drôle qu’on arrête le volley pour aller voir ce que c’est. On découvre UN POQUITO SENOR, un air guitariste chanteur espagnol en tutu avec des ailes dans le dos. L’artiste le plus chouette et le plus fou de l’année !!! Certainement le show le plus drôle de l’été que j’ai pu voir. Quelques exemples : « Alors regarde, regarde un peu » de Patrick Bruel devient « Alors miras, miras un poquo ». ça peut paraître naze, mais on chante et on se marre à chaque chanson. A voir absolument ! 18H30, il est temps de se motiver. Les groupes se forment : ceux qui veulent aller voir du son et ceux qui veulent rester picoler au camping (faut dire que notre emplacement a doublé en ampleur tentale depuis 1h…). On a zappé volontairement Victor Démé (trop tôt). On arrive pour la fin de TUNNG. Du folk mai c’est bien sur ! Eux sont entrés dans le FOLKlore médiatique avec « Bullets ». Un peu plus stones que ceux d’avant. Estampillés donc « sympa ». 19H55 : NNEKA. C’est la nouvelle « perle noire » dans le vent, après Ayo et Asa. Une soul hip-hop (sirupeuse) parfaite pour commencer la soirée. Show un peu gâché par les interludes explicatifs de la miss, en anglais (allant, même jusqu’à dire au public de ne pas applaudir car il ne comprend pas ce qu’elle dit ?!), dans un style très laurynhillisant (dans la coiffure et dans le texte, habitée par dieu, limite hautaine…). D’ailleurs, à force de causer, elle perd du temps et ne peut pas jouer son titre phare en dernier (Heart beat). C’est ballot. WHY ? commence sous le chapiteau. Très très bon. Mélange d’hiphop et de pop, somme toute prenant. Malheureusement on doit retrouver nos amis. Schaden ! Question : savez-vous comment rentrer dans un festival sans billet ? Un de nos potes à trouver la solution : être raide mort à l’entrée, comme ça la croix rouge t’emmène dans sa tente, à l’intérieur, et te libères après que t’es dessaoulé ! On soupçonne notre pote d’avoir des origines bretonnes. Les vivants filent donc voir CAMILLE. Superbe show. Du beatbox au top avec Sly du Saïan et Ezra de Nouvel R (avec un battle assez bandant ma foi). Une troupe d’art vocal au poil. Elle, tarée quand il faut dans sa belle robe orange, aussi barrée qu’elle. Un ensemble bluffant (malgré les côtés starsystem, dadaïste et Katerinisant qui me freinaient) avec un final culotté (je vous laisse la surprise). 22H45, on file au chap’ mais la foule est impressionnante et on ne peut accéder à l’autre espace (chapiteau et bouffe) que par 2 ou 3 passages assez exigus (l’un étant fermé ?!). Mouton. Mouton. Mouton. Tiens, des massages s’improvisent. Le deal : un massage contre 1 éléphant (ticket boisson). Pas con. On en oubliait presque GIRLS IN HAWAII. La pop, c’est pourtant pas mon kiff. Mais j’accroche assez facilement à leur set, très bon. Péchu (côté rock) et mélodique (côté pop) comme il faut. Eux ont l’air terriblement heureux. C’est d’après leurs dires, un retour à la scène après une longue pause. Il faudra que je vois plus que leur fin de set la prochaine fois. 23H30, BIRDY NAM NAM va dégainer sur la grande scène. Pour ce qui est de la polémique sur leur virage hiphop-électro, reportez-vous au live report du Printemps de Bourges les gens. Place aux maitres : superbes. Malgré que leur côté parisien-hype-branché dégoulline de temps en temps (ils haranguent sévèrement la foule…), malgré leur style binaire simpliste, BNN fait danser les foules. Et c’est peu dire. Le public explose. J’en ai totalement renversé mon verre de bière, 3 fois. Le lightshow colle parfaitement aux montées. Quoi qu’on n’en dise, ça dépote, n’en déplaise aux pisses-froid. Pfffiou. Dur de redescendre. 00H50, il faut pourtant aller voir les ricains du YOUNGBLOOD BRASS BAND. Une pure fanfare new orleans ! Juste genial, malgré le créneau chelou où ils jouent (entre Birdy & Digitalism). Groove juste, funky à souhait, hiphop qui tonne. J’avoue avoir pris une petite claque que je n’avais pas vu venir… On enchaîne pour DIGITALISM. Je reste observateur. Un peu dead peut-être. Il y a un air de, de je ne sais pas quoi. Est-ce du à leurs physiques originaux (un gros et un petit maigre, alors que l’électro nous a habitué à pondre des beaux gosses), leurs façons de danser (exubérantes et drôles à la fois). Les teutons sont heureux, ça se sent, ça se voit. Leurs montées sont efficaces. Rien à redire. Juste j’étais pas dedans. 02H40 c’est déjà l’heure du dernier groupe : SOUTH CENTRAL. De vrais sauvages. Un son ultra fort (trop) ? Des capuches toujours vissées sur leurs têtes. Ils n’ont rien perdu de leurs fougues des Transmusicales. Des machines, des guitares et une batterie ça te réveille un homme ! Pure fin tonitruante en électro rock ravageuse. Sur le retour, je découvre un nouveau chapiteau qui m’avait jusque là échappé : le chapiteau chiottes des Copeaux d’abord est fermé. Parait-il qu’il y a eu de folles bataille de copeaux sur du Kusturica avec un dj fou. Merde j’ai loupé un truc. On tente l’after au bar Vip. Le videur ne nous laisse pas rentrer malgré nos 10 minutes d’attente et malgré nos pass (qui notons le sont devenus des bracelets cette année). Fuck. Juste le temps de voir un énergumène brandir un panneau « Welcome to Le Mans city » qui me réchauffe le cœur (j’ai des racines mancelles, et Laval et Le Mans se haïssent amoureusement depuis la nuit des temps…). On rentre. Y a des bouteilles à finir…

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Au final, on regrette bien évidement l’ancien site. Les 3 éléphants annonçaient dans leur programme ne pas vouloir reproduire un « festival dans un bout de champ sans âme ». Alors oui il y avait de la déco, beaucoup même (structures gigantesques, jeux de lumières, constructions en bois. Mais le site n’a pas d’âme lui, trop plat et banal. Je regrette aussi que le festival ait perdu son amour pour les arts de rues (le théâtre était très présent fut une époque). Je regrette d’avoir loupé Les copeaux d’abord, le festival dans le festival. Des chiottes propres au départ avec Dj Super Lucien aux platines. Les copeaux ont volé sur les danses endiablées dans cette boîte de nuit ringarde improvisée (tellement mieux que branchée, n’est-ce pas D.Prevost ?!). Je me réjouis de l’apparition des gobelets pas-jetables (comme dans tous les festivals), que les barmans changent à chaque bière (le premier coup on a cru que la nenette nous jetait nos bières et on a failli la pendre haut et court). A noter qu’il existe aussi les lacets pour tenir le verre, un peu comme un pass mais pas pareil. Ce n’est pas élégant du tout (surtout quand le lacet est rose fluo), mais très pratique pour se servir de ses mains (applaudir, tripoter, rouler, coudre…). Pour ce qui est de la musique, rien à redire, dans les veines des années précédentes, tout était dit dans l’intro. Je retiendrais Patrick Watson, QBert, Camille, Birdy Nam Nam, Why ?, Youngblood Brass Band, South Central… A peu près tout en fait ! Bref, le festival des 3 éléphants est toujours le même (malgré qu’il ait perdu un tout petit peu de sa superbe), à l’image du mini slogan inscrit sur son programme : le festival magique. Les 14000 spectateurs présents ne s’y sont pas trompés…



Ps : allez sur le site www.les3elephants.com, les photos de l’ambiance sont superbes.



Credits photos :
Alexis Lancien (Mickey Green)
Dominique Vrignaud (Birdy Nam Nam, South Central)
James Grassick (Camille)
Les 3 éléphants (Patrick Watson, Un Poquito Senor, Verres de bières)
Alain Antoine (Ambiances)



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11/10/2008
Chouette report... Ca donne envie... Patrick watson et el poquito senor etaient aussi a la garden et ont egalement fait un tabac... YA PAS DE SECRET...
by GreGoS


10/10/2008
Superbe édition !!
by jerem


10/10/2008
Chouette report. VIVE LE MANS ! (j'ai aussi des racines sarthoises)
by Djibi



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