La Mayenne : étrange département, à la croisée des indépendantistes bretons, des rillettes sarthoises et des plages normandes. Ce qui peut à première vue s'apparenter à une aventure tourne rapidement à la tentation. Programmation aux petits oignons, organisation impeccable, décoration végétale. Puis le festival des 3 Eléphants, c’est un peu notre Saint Jacques de Compostelle, notre pèlerinage musical obligatoire de l’été. 3, 2, 1, disconnection.
Vendredi 24 Juillet 2009 :Comme l’année dernière, on est accueilli sous des trombes d’eau sur les coups de 18h. Sacré pluggia. Dommage, le site internet annonce pourtant ceci : « Petit point avec météo France : les prévisions météo pour ce soir, cette nuit et demain sont bonnes. Pas de pluie sur le Parc St Nicolas ce soir, cette nuit et pas de pluie samedi ! ». Raté les mecs (ou bien joué). Parait-il que Radio Nova fait un plateau sur le festival… pas vu. 19h, je loupe Gablé pour avoir essayé de rentrer avec de l’alcool : toute bêtise mérite punition… 20h00, j’écoute
SEBASTIEN SCHULLER de loin. C’est de là que ça s’écoute. Pas très folichon certes, mais pas charmant non plus. Je découvre le site : 2 très beaux bars (dont un tout en cube et à étages), pléthore de stands bouffes et de banques (bonne idée), 2 espaces chiottes décorés (dont le chapiteau des copeaux d’abord avec Dj Lucien aux platines). 20h40,
THE BEWITCHED HANDS provoque ma première érection du week-end. Plaisant ce mélange de folk et de rock. Ils prennent leur pied à être là, et ça se voit. Ils me font penser à Moriarty en plus fous. Espérons qu’ils perdurent un peu plus que les éphémères Tunng de 2008. 21h30,
AYO, donc bière le plus loin d’elle : on n’est pas aux Francos bordel ! J’en profite pour aller découvrir
DJ RAINCUT à la scène végétale. Hiphopement agréable. Mais le must, c’est la scène : entièrement construite de branches d’arbres ! Vraiment superbe. 22h45,
STUCK IN THE SOUND au chapiteau : paye ta claque ! Du rock français qui dépote. Les mélodies sont belles, les gimmicks follement accrocheurs. Ça envoie le bois. On danse comme des barges. Ces ptits gars valent beaucoup de groupes anglais bankables. A suivre. 23h35,
RODRIGO Y GABRIELA. Depuis le temps que je les attendais. A mon plus grand bonheur, ils jouent quasiment tout leur Live in Japan (Foc, Satori, Ixtapa, Viking Man, Gabriela Solo, Rodrigo Solo, Tamacun…). Les nouveaux dieux de la six cordes (vu que Clapton et Hendrix tournent peu en ce moment) enivrent et scotchent littéralement le public. Uniques en leur genre, leur flamenco-rock prend aux tripes. Un air de Mexique plane ce soir à Laval. On se croirait à El Paso. Béatrix Kiddo confirmera. 00h35,
MIX MASTER MIKE déboulent comme un boulet de canon au chapiteau. Les sons s’enchaînent à fond les ballons. Quasiment que des intros de 45 secondes, comme d’hab. Toujours aussi « dansant », mais surtout toujours aussi facile (superposition). Bon, l’étiquette Beastie joue beaucoup… ça défoule. 01h45,
ETIENNE DE CRECY. Son cube rentre tout juste sur la grande scène. 5e fois que je le vois, je suis conquis et pas du tout objectif. J’ai déjà fait toutes les éloges et flatteries possibles (voir livereport Bourges 2009, Scopitone 2008 et Trans 2007). On ne le répétera jamais assez : aucun ordi pour ce maitre des musiques électro-techno des années 90 (french touch 1), uniquement des séquenceurs, des synthétiseurs, des samplers... Le live est relativement similaire aux précédents, mais avec quelques nouveaux passages (pas forcément efficaces d’ailleurs). Le tout reste encore une fois grandiose, avec en plus cette création visuelle monstrueuse (« pas vu mieux depuis les Daft »). Par contre, gros bide sur la plaine St Nicolas. Le public est hagard, peut-être hypnotisé par la structure. Mais de là à ne pas danser sur ses sons électro-technos. Rarement vu ça. Autant dire que ça sert à rien de booker Laurent Garnier l’an prochain vu l’intérêt du public pour les pontes des musiques électroniques d’antan. Faut dire aussi, le son façade était pourri…02h40,
SUCCESS. Juste le temps de mater 3-4 morceaux, j’m’en vais déjà vider quelques chopines en VIM (Very Important Michel… oui, les mayennais sont des gens bizarres). A ma sortie, c’est déjà fini. Vamos a la campinga senor zorro. Retour au sanctuaire des Quechuas. Couché difficile car les deux cas soc’ du camping dorment juste à côté de nous (l’éternel lourdos qui tape sur une poubelle pendant toute la nuit, non content d’encaisser les prods qu’il a pris). Le dialogue est bien évidement inutile (« on est en festival, c’est pour écouter de la musique et faire n’importe quoi… »). Comme l’envie qu’on le retrouve éparpillé par petits bouts aux quatre coins du camping façon puzzle. Nerfs à vif…
Samedi 25 Juillet 2009Le boyscout prend rapidement ses repères. Il plante sa tente en deux secondes puis débouche son premier litron. Il doit s'activer, les festivités ont déjà commencé. Une idée traverse l'esprit en arrivant sur le site : pensez à l'occasion à envelopper les immeubles adjacents.
Sophie Hunger a déclenché une émotion incommensurable – sans nous,
Cocorosie a servi ses habituels feulements – sans nous.
Chapelier Fou, attendu, Chapelier Fou, entendu. A mi chemin entre Final Fantasy, en plus disco et « un mec à Angers qui fait la même chose en mieux » (dixit mon voisin de droite), la découverte est forte agréable. A noter que le messin accompagnera Dominique A à la rentrée. Poursuite des pérégrinations sur la grande scène, puisque qu'
Asteroids Galaxy Tour a déjà commencé sous le chapiteau. Et qu'on ne regarde jamais un concert à moitié. Principe. N'avez vous jamais redouté ce moment où vous savez que l'un de vos groupes favoris va vous décevoir ? C'est rare mais samedi soir,
TV on the radio avait choisi cet espace temps lavallois pour rappeler son impossible médiocrité. Pourtant accro à leurs textures alambiquées, me voilà soudain orphelin, là, esseulé, au cinquième rang d'une foule semi compacte, qui semble autant s'emmerder que moi. Quatre vilaines ballades, Wolf like me puis re balade. S'en est trop, je prends mes cliques, mes claques et mon clique-claque et je pars m'abreuver pour oublier.
L'espoir renaît à l'écoute de l'introduction du live des
2 Many DJ's. Toujours aussi putassiers, toujours aussi jouissifs. Pour leur live 2009, ils poussent l'entertainement à l'extrême en diffusant un vilain Vjing qui précise tous les titres joués. Génies ou tocards ? La Belgique a encore un coup d'avance. Un
Popof minimaliste pour finir sous le Chapiteau, bise langoureuse à Arthur H croisé au bar VIP, quelques verres inutiles, papotage, couchage.
Conclusion :On a beau dire, on a beau faire, rien ne fera revenir le charme de Lassay les Chateaux. Aaah, ses lavoirs et ses ruisseaux... Le site est définitivement plat (avec les HLMs à l’horizon) et le samedi après-midi est un bout de temps à combler au camping (no man’s time). Mais en plus de la déco, la prog, encore une fois, fait des 3 Eléphants un festival incomparable. Rodrigo y Gabriela, Etienne de Crecy, Stuck in The Sound, 2 Many Dj’s : la messe est dite. On regrettera un peu le long début de soirée du samedi, absolument pas dansant (c'est-à-dire mou voir chiant). Mais les 3 Eléphants (et ses 17.000 spectateurs) reste LE meilleur middle-festival éclectique de France qui peut se permettre de narguer certains grands (sa présence dans le guide des festivals le prouve). Si on ajoute à ça des nénettes qu’on croirait dessinées par Arthur de Pins et le fait que Laval ait battu Arles 5 buts à 0, ça nous fait un week-end parfait. Que demander de mieux… Pour la 5e année d’affilée, Suprême Bravo.
Bonus :- On a loupé Florien Mona & son Caravane Sofa Tour, mais le bus aux vitres teintées bougeait énormément vu de dehors. Je n’ose imaginer ce qu’il se passait dedans. Comme dirait Paul Newman : « Mettez des capotes ».
- Awards du camping : La tente bouffe qui reste une putain de bonne idée (café, fruit, croissant, sandwich, frite, jus d’orange) / le concours de glissades en calbut / l’homme qui traverse tout nu l’allée principale.
- La présence du parrain, Jean Louis Brossard en vip, samedi soir
- Dimanche, 03h09, sms de LegoPlage : « Je viens de rouler une pelle à arthur h »
- Dimanche : Avant de se séparer, arrêt au DoMac pour notre troupe de 20. Dans le Ouest France, pas un seul mot sur la prestation des 2 Many Dj’s de la veille (alors que c’était juste la tête d’affiche du festival) : encore un gros naze de journaliste avisé… Pire, il y a une interview d’un campement de festivaliers bretons (le monde tourne autour d’eux ou bien ?) : « nous on est venu uniquement pour Ayo ». Interviewer des gens comme ça, j’vois pas l’intérêt…
- Les groupes qu’on s’étonne de ne pas avoir vu aux 3 éléph : John & Jehn, Mister Modo, Chinese Man, Vampire Weekend, Alice Russel, Ebony Bones, Diplo, Yoyoyo Acapulco…
By Playmobiiitch & Jogging Vert[align=left]
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