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20/06/2010 Les 3 Eléphants - 10 au 13 juin 2010 (livereport)
Report
by Jogging Vert pour fm-r


3LF 2010 = CHGMT. A l'aube des grands raoûts d'été, les 3 Eléphants qui trompent énormément ont décidé de surprendre l'auditoire par un passement de jambes bien senti. Le grand bouleversement, la remise en question : changement de site, décalage de dates, éclatement de scènes en 13 lieux, retour des arts de rues, programmation plus pointue. Autant de chamboulements qui laissent présager le meilleur et le pire. La mayennaise prendra-t-elle ? Réponse.



JEUDI 10 JUIN 2010

Début de journée catastrophique : gueule de bois historique, embrouille chez le garagiste et scandale à l’hôtel (ils avaient reloué ma chambre). Pas idéal pour commencer un festival. La météo n’arrange rien. D’ailleurs, les artistes prévus au Petit Salon sont rapatriés au village. 20h, ARIANE MOFFATT se charge de m’enlever la moue persistante de mon visage. Toute en douces rondeurs, la québécoise conquiert sûrement son public par sa pop légère et son assurance scénique. Quelques passages électro dispensables (exceptée la reprise de Paperplanes de M.I.A.), mais le tout est sacrément prenant. 21h30, MISTER VALAIRE. Cinq québécois, mi-musiciens, mi-geeks, mi-branlos (du coup ça fait trop là ?) aux habits power-rangersés. Un peu de jazz, un peu de hip-hop, un peu d’électro, un peu de trompette et de saxo, un peu de chorégraphies drôles. Rigolo. A voir une fois, pas plus. S’en est déjà fini pour la scène échange d’avec le FME canadien. Il faut marcher jusqu’au « 6 par 4 », toute fraîche SMAC lavalloise rectangulaire. On a loupé Jon Hopkins et Love is All. 00h00, le ricain PUBLICIST, seul derrière sa batterie, son micro et sa boîte à effets (assez rare comme formule, je n’ai que Duracell en possible comparaison, mais pas le même registre). Trop court, trop linéaire. 30 minutes puis s’en va. 01h30, THE SUBS terminent la soirée. Bien qu’annoncés comme la relève belge des 2 Many Dj's, ils m’avaient terriblement déçu au dernier Nördik Impakt. Là, devant 200 personnes, la sauce a encore du mal à prendre. Leur électro reste sauvage, punk, brutale, toute en longues montées successives. Nota bene : penser à enlever le leader et ses simagrées (le masque, le maquillage, le kway transparent à la Klaus Nomi, les déhanchés à la Iggy) ! A revoir devant 1000 personnes. Vamos…

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VENDREDI 11 JUIN 2010


Onze heures de sommeil, ça requinque un homme. Aujourd’hui, la scène du Village, réservée à une sélection régionale, présente deux groupes du Mans : Lola Baï et Novels (Sentez-vous le poids lourd de l’incommensurable et dominante hégémonie culturelle du peuple manceau sur vos frêles épaules ?). 16h45, NOVELS envoie son rock 90’s à un public encore dans les vapes. Je ne savais pas qu'un tel son existait encore. 17h30, on profite enfin du magnifique Petit Salon pour s’étaler dans l’herbe, au beau milieu d’un vieux château. BOOGERS, pas peu fier de sa récente couverture Télérama Indre & Loire et de son ramdam médiatique grandissant, commence tout juste. Pas très inspiré aujourd’hui, tout en retenu (son concert à Tours de la veille n’a pas du aider). Il le reconnaît lui-même « ya des jours comme ça où j’aurai préféré me casser une jambe ». Mais le doux ovni punk reste touchant, par sa pop simple et bordélique. 19h10, LUCKY DRAGON, électro expérimentale. Assis par terre au beau milieu d’un grand désordre de fils multicolores et d’objets bizarres, il invite le public à venir bidouiller ses bidules. Selon s’ils se touchent entre eux, s’ils tapent, s’ils soufflent, s’ils frottent, les sons évoluent. Bluffant. Pause repas (évitez les makis lavallois).
20h30. Maigre assistance. Frêle public. A l'instar de THE CHAP dont le chanteur déclare en début de rencontre : « Vous n'êtes pas de bons patriotes! Vous devriez être en train de supporter votre équipe ! » A ne pas dire deux fois. THE CHAP servira de fond sonore aux images hachées d'un match qui ne mérite même pas ce qualificatif. WE HAVE BAND en deuxième période : ils jouent collectif, bien en place, de bon augure pour la suite. En prenant les festivals les uns après les autres, la victoire sera peut être en eux. Le Perroquet Bar nous sauve la mise. 22h30, retour au vestiaire : YANN TIERSEN et son équipe ne nous ont pas attendus et nous consolent à leur manière, jonglant entre violon lancinant et rock abrasif. Pas de barrières, pas de frontières, comme le prétend une radio zébrée : argument validé par la défense. Malgré son air de Pierrot lunaire, Tiersen ne déçoit pas, étonne même par la variété de ses attaques et la diversité de son jeu. Unique session française de rattrapage : La Route du Rock numéro 20, en août prochain. 23h25 dans l'Arène, soit une salle omnisports, pour une fin de concert de BLOOD RED SHOES. Les Brightoniens jouent linéaire, sans énergie. « Seule la scène peut les transcender », dixit le programme. Ou pas. Prochain match : Ethiopie / Pays-Bas, en direct du Patio de Laval. Les Africains et leur meneur de jeu GETATCHEW MEKURIA parviendront-ils à déborder les Bataves de THE EX et leur potentiel offensif ? Match nul, balle au centre. L'ensemble ronfle et décolle, monte, descend, gémit. Maëlstrom incroyable, entre punk et free-jazz, avec en prime un danseur plus fort qu'un derviche tourneur. Excellent concert. 01h25, DEBRUIT ou le héros de la nouvelle vague électro-hiphop, insufflée par le label Musique Large. Explosion de beats sans interruption. Ça tabasse grave. Difficile de ne pas danser. Grosse impression. Seule faute de goût : son short. Mais c'est tendance. Quoique... 02h30, THE JAPANESE POPSTARS. Six mois qu’on les attend, depuis leur passage remarqué aux dernières Transmusicales. Les irlandais envoient le pâté avec leur électro-techno-house massive, entre Chemical Brothers, Underworld et The Orb. Ils finissent en beauté avec les deux meilleurs morceaux de leur album We Just Are : BCTT et Rise of Ulysses. Superbe. Déjà adoubés chez les rosbeefs (quand on est poli, on dit Outre-manche), ils pourraient faire mal par chez nous. Un dernier verre et retour au bercaille, pour retrouver son colloc endormi sur les latrines. Match rude.

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SAMEDI 12 JUIN 2010

Je me suis fait violence pour être à 14h au Village voir Ezra joué pour les gosses (le Kidztival, la déco du lieu étant pour eux). Manque de pot, le gaillard a raté son train et c’est un bénévole qui le remplace à l’arrach’. Passable. Suit Haricot Nick Junior, qui ne me fera pas décrocher un sourire. Je m’en vais mater quelques compagnies d’arts de rue... 17h30, concert au Petit Salon : THIS IS THE HELLO MONSTER ! en création avec une chorale locale. Quelques similitudes avec Fredo Viola : samples, boucles, voix fluette, douce et aérienne, musique entre folk et pop. Ce mec a une imagination folle (explique et place ses chansons dans des films imaginaires). Il dit juste ce qu’il faut, les bons mots pour être simple et amusant. Gérard Kurdian est heureux d’être là. Nous aussi. Incroyable moment de bonheur. Les suédois de WILDBIRDS & PEACEDRUMS (encore avec la chorale) font durer ce moment exquis en enchaînant dans la même veine « planante ». La voix de la chanteuse nous transporte…Le kebab qui suit ce moment de grâce ne m'a jamais paru aussi léger. 21h, AUFGANG au Théâtre de Laval, espace quasi-neuf qui ne semble servir qu'une fois par trimestre. Acoustique propre pour accueillir le trop rare trio et sa doublette de pianos (+ batteur de Cassius). Si leur prestation aux Trans 2006 avait marqué les esprits, ils transforment allègrement l'essai 4 ans plus tard. Raffinés, cultivés, expérimentés, Francesco Tristano et ses compagnons de jeu prouvent le nez fin d'InFiné, le label d'Agoria, qui les a signés. Entre classique et musiques actuelles, on s'envole avec eux et on voudrait que ça ne s'arrête jamais. Comme l’impression d’avoir vu quelque chose d’unique. On a loupé la plus grosse compagnie de théâtre du weekend (Cie Off), mais qu’importe.
Une heure d'ébats plus tard, retour à la case départ (Patio-Arène) où un choix cornélien s'impose : HOCUS POCUS ou  Motus et Bouche Cousus (et coutumes) – double ration !? Seulement de l'extérieur alors. 00h00. Mouvement de groupe pour aller voir TWO DOOR CINEMA CLUB, le trio électro-popouille de chez Kitsuné, trop top tendance. Deux chansons à Bourges ne m'avaient pas réjoui, douze chansons relèvent donc de la punition binaire. Un unique tempo syncopé et le sentiment trouble d'avoir vu douze fois la même chanson. Avis partagés : efficace pour les uns, niaiserie pour les autres. C’était sans compter sur l'immonde TRICKY. Soit une soupe enfumée, mi trip-hop rance, mi punk gras. Heureusement que sa choriste, sosie de Katarina Ianou, est là. Il chante sur deux, voir trois morceaux maximum, pour danser et fumer le reste du temps. Et cet énergumène aurait un jour écrit Maxinquaye ? Soupir... 02h05, retour au gymnase pour JAMAICA, l'éventuelle sensation électro-rock qui devrait nous débarrasser de Pony Pony Run Run. Moralité 1 : éviter tout groupe possédant ou ayant possédé Poney ou Pony dans son nom. Moralité 2 : jouer assidûment à Guitar Hero ne signifie pas pour autant savoir jouer d'une guitare. Moralité 3 : avoir un mec de Justice et de Daft Punk comme producteur et ingénieur ne fait pas tout. Propre certes mais sans intérêt. 03h20, DAT POLITICS ferme la marche. Si la chanteuse a autant d'intérêt qu'une fleur en plastique sur le caveau familial (genre de Yelle Uffiesante au discours réduit), le duo de machines propose d’excellents sons électroniques entre techno et 8 bit. Une fin du tonnerre. Virez la nénette et vous atteindrez des sommets. Les rues perpétuellement vides de Laval sommeillent, moi aussi.

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DIMANCHE 13 JUIN 2010

Après quelques années d’absence, les arts de rues reviennent enfin au festival des 3 Eléphants. L’annulation du festival lavallois des Uburlesques y étant aussi pour quelque chose (le directeur artistique du regretté festival ayant été invité à faire sa prog). Difficile de raconter du théâtre. Saluons tout de même les diverses prestations de QUALITE STREET (géniaux, imaginatifs, tellement bidonné que j’ai vu deux fois leur spectacle), COMPAGNIE THE A LA RUE (drôles, même dans la méchanceté), UTOPIUM THEATRE (vieille pièce avec un humour un peu lourdingue et premier degré), LES BATTEURS DE PAVES (du vrai théâtre car reprise de Cyrano, dur à suivre et moyennement drôle), AVEC OU SANKA (je n’ai pas ri). 18h, dernier spectacle avec URBAN DRUM AND BASS. Un bassiste et un percussionniste fou (tape sur des conserves, un escabeau, une barrière de police… et c’est numéro un, bien sur). Impressionnant, mais le show n’a pas bougé d’un iota depuis 10 ans.

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BILAN

Année charnière, année de transition pour le festival des 3 Eléphants. Après 10 ans de vie à Lassay, puis 2 ans à Saint Nicolas, le déménagement en centre ville devrait mettre quelque temps à être digéré. La ville est un mécanisme d'inachèvement perpétuel et nos compères l'ont bien compris, en la plaçant au centre de leur projet artistique. . Le public doit s’approprier les lieux. Quand on change d’appartement, il y a toujours un petit temps d’adaptation. L’affluence a été moyenne les deux premiers jours. Les gens se regardaient beaucoup, ne savaient pas trop quoi se permettre. Etrange ambiance. Nous, on est déjà convaincu par cette nouvelle proposition de lieux (il parait que les concerts sur le bateau étaient mémorables. Que dire des rendez-vous aux Remparts, à la Perrine, au Petit Salon…), de programmation (plus pointue), d’arts de rues (retour en force), de décoration et de scénographie, de diversité (kidztival, conférences). La bonne direction est là, le reste viendra. Bravo, continuez ainsi mais n'oubliez pas de muscler votre jeu, les gars !



playmobiiitch & Jogging Vert



29/06/2010
Tiens, on a pas parlé des gars de Sourdoreille qui collaient des stickers partout (certain ont passé le test de la machine à laver...).
by Jogging Vert



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