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22/08/2006 Guichets fermiers - Vieilles Charrues
Report
by MAY pour fm-r


Le réveil est difficile, la fatigue cumulée pendant ces 3 jours de fête se lit sur les visages des festivaliers. La rumeur commence à enfler, le corps d’une femme a été découvert sous sa tente. Les rumeurs les plus folles concernant les causes de son décès courent de camping en camping. L’accès au camping N°5 est bloqué et filtré pendant quelques heures, le temps pour les gendarmes de relever les identités et les témoignages des campeurs. L’autopsie conclura à un décès par overdose médicamenteuse. Triste début de journée pour cette fin de festival, mais la fête doit continuer. Après une montée en puissance depuis son premier jour, l’édition 2006 des vieilles charrues a atteint son apogée lors de cette journée de clôture. Avec les Pixies en tête d’affiche, le site accueille en ce dimanche plus de 55.000 personnes, et le festival affiche à son compteur quelques 200.000 entrées payantes sur 4 jours.Un peu gavée de musique, et surtout pas très intéressée par les premiers groupes de la journée, je zappe les premiers concerts de l’après-midi qui ne m’intéressent pas, dont ceux du vétéran Julien Clerc, le local de l’étape Da Silva, et Bumcello. Je vais profiter des spectacles de rues du côté de la Garenne, qui me font agréablement patienter en attendant la venue de Tracy Chapman. La chanteuse américaine entre timidement en scène sous les acclamations du public. Celle qui s’est fait connaître par ses talents d’auteur-compositeur, et ses mélodies engagées est l’une des têtes d’affiche de la journée.  Elle dégage certes quelque chose de mystérieux, mais me concernant l’alchimie ne fonctionne pas. Le public l’écoute religieusement, ponctuant chaque chanson d'une énorme ovation. Elle clôture son concert par le fameux « Talking Bout A Revolution » repris en chœur par plus de 50.000 personnes. Un brin diva, la chanteuse engagée : accès interdit au site lors de ses balances, pas de conférence de presse, photographes tolérés pendant 90 secondes dans la fosse et pas une seconde plus, impossible  de l’approcher en coulisses, loge sous haute sécurité…

Comme chaque année, l’invité permanent du festival, Rodolphe Burger (Kat O’noma), invite des artistes à le rejoindre sur scène. Après le breton Erik Marchand en 2005, il vient cette année nous présenter sa création Meteor Show, imaginée lors d’une résidence sur la scène nationale de Cavaillon en 2005. Ce projet qui réunit la fine fleur du rock, du slam et de l’électro est une véritable bombe scénique : Serge Teyssot-Gay de Noir Désir, Arnaud Dieterlen et Marco de Oliveira (du Météor Band), Lionel Pierres d'Abstrakt Keal Agram, Johan Guillon d'Ez3kiel, Black Sifichi, slameur américain (nombreuses collaborations discographiques avec entre autres EZ3kiel, Brian Damage, UHT, Interlope…), et David Thomas, chanteur du célèbre combo rock américain Père Ubu. Jacques Higelin qui était prévu au programme ne fera finalement jamais son apparition sur scène. L’affluence est relativement faible pour ce concert, qui est tout simplement annoncé comme Meteor Show Extended Volume 2 sur le programme des charrues. Pas de descriptif du spectacle, ni de noms d’artistes, difficile en l’occurrence pour les néophytes de se rendre compte des pointures qui vont monter sur scène. Le concert commence par un solo de Burger. Il est vite rejoint par le reste de la troupe. Les guitares de Burger sont soutenues par la rythmique implacable d’Arnaud Dieterlen et Marco de Oliveira, leurs font écho les divagations électro de Joan et Lionel, tandis que Black Sifichi déclame de sa voix rauque des textes aux accents new-yorkais. Rodolphe chante aussi et se laisse emporter par la furieuse cohésion de ce groupe éphémère. Serge Teyssot Gay est toujours aussi impressionnant, offrant un jeu tendu et nerveux. L’imposant David Thomas quant à lui monte sur scène un peu plus tard, d’un air nonchalant, un sandwich dans une main, une bière dans l’autre, et l’accordéon en bandouillère. Il empoigne son accordéon et se met à chanter de sa voix rocailleuse. Il assure le spectacle à lui tout seul. Rodolphe Burger clôture le concert en saluant Bertrand Cantat, sous le regard ému de Sergio.

Arrive enfin le moment attendu par tant de monde : les Pixies. Depuis le temps qu’on les attendait à Carhaix les voilà enfin. Franck Black était déjà passé en solo aux charrues, en 1996, à l’époque où le festival se déroulait encore en centre-ville. Cette année il est accompagné de ses comparses : David Lovering et Kim Deal. Ils entament leur set avec « Bone Machine », sous l’ovation du public. Ca bouge beaucoup, les pogos deviennent pénibles. Le concert est assez inégal, quelques titres tout en force, et la puissance retombe à zéro sur d’autres. Assez déconcertant! Voir décevant. Le concert s’achève au bout d’1H20. Fait assez exceptionnel semble t’il pour les Pixies, ils remontent sur scène, sous l’impulsion de Kim Deal, pour un dernier rappel. A peine leur concert achevé, jailli un feu d’artifice du haut de la salle Glenmor. Un feu d’artifice énorme, créé par le célèbre artificier Jacques Couturier, qui avait d’ailleurs également tiré le feu d’artifice des 10 ans ! 

Délibérément je zappe le concert de Dionysos. Mis à part le spectacle qu’assure le groupe et son chanteur, je ne trouve aucun intérêt à leur musique, qui il faut bien le dire, me saoule. Je reviens plus tard pour les anglais de Infadels. Là encore rien de transcendent, limite chiant. La programmation de ce dimanche en demi-teinte, n’est pas à la hauteur de celle des jours précédents !

Je termine mon festival en assistant à la fermeture du site et à la sortie des festivaliers : pendant plus d’une heure, un flot continuel de festivaliers se déverse vers la sortie, cette foule est impressionnante, quelques récalcitrants ne veulent pas quitter le site et improvisent danses et strip-tease en montant sur des poubelles. Sous le chapiteau de la Garenne se déroule l’after des bénévoles, je passe en coup de vent pour dire un dernier au revoir, et donner rendez-vous pour l’année prochaine à mes camarades pour ma 9ème participation en tant que bénévole aux charrues.     

L'édition 2006 des vieilles charrues se conclut sur une dernière journée à guichets fermés. Contrairement à l’année dernière, où « seulement » 140.000 spectateurs avaient faits le déplacement, le festival fait carton plein cette année: plus de 200.000 spectateurs se sont pressés sur le site pour 4 jours de concerts et de spectacles. Cette augmentation de fréquentation s’explique par le beau temps ; une programmation éclectique, presque tous les registres de la musique ont été visités, du rap au rock, de la pop à la variété, en passant par le reggae et la techno ; et aussi par l'ajout d'une journée en l'honneur de Johnny Hallyday. "Il s'agit de l'une des plus belles éditions depuis 15 ans", a indiqué Yann Rivoal, directeur du festival, qui a tenu également à préciser que "l'année prochaine on reviendra à une formule sur 3 jours".  A l’année prochaine!




26/02/2007
Pareil, trés bonnes chroniques. Et d'accord avec l'idée que les vieilles charrues n'ont plus les affiches d'il y a quelques années avec probablement la concurrence des autres. Par contre pas un mot sur la scène Xgrall du dimanche avec la soirée 2 many DJ's. Et bien moi, c'était numéro un sur ma liste de trucs à voir ce Week end. Ca démarre avec Digitalism (duo allemand électro)qui sont super efficace. On peut s'approcher de la scène sans être serré, le son est excellent! Ensuite Erol Alkan assure la transition avant Soulwax. Il assure nickel et tout le public est remonté à fond pour acceuillir Soulwax (groupe rock-électro des frères de 2 many DJ's). Le concert est parfait avec toujours un son à décorner les boeufs ! Une nouvelle fois Erol assure la transition et c'est au tour les frangins Dewaere reviennent servir un set 2 Many dont l'efficacité n'est plus à prouver. Quelque soit le style de musique que l'on aime on est sûre en allant les voir qu'on aimera. Leur set est, à mon gôut, une leçon de deejaying dans le sens ou les mixs sont impeccables et improbables et qu'ils font le bouger n'importe quel festivalier. Pour ceux qui se disent qu'ils devraient venir à Carhaix et bien oui, venez. Je crois que ce festival est unique, pas pour sa prog mais pour son ambiance. Certains le trouve trop "fête de la bière" mais moi je pense que son ambiance ne se retrouve pas ailleurs. A cet été
by jyeff


24/08/2006
bien d'accord avec toi OSCAR, seulement depuis quelques années le moindre village a son festival, les bons groupes ne peuvent pas se démultiplier à foison comme les petits pains, les enchères montent, les exigences des festivaliers aussi... A moins de s'appeler T In The Park ou V Festival... je pense que les belles années des festivals français sont derrière nous (comment que j'parle comme une vieilles!). J'espère à l'année prochaine à Carhaix alors Tiste.
by may


24/08/2006
C'est clair que les Charrues, c'est vraiment une ambiance particulière, mais la prog est sur la pente douce depuis 2001 je trouve...
by OscarTramor


24/08/2006
+1 très bonne chronique, marrant et tout, faut vraiment que je me fasse les charrues l'an prochain...
by Tiste


23/08/2006
Tres belle chronique, vraiment bien ecrite et captivante. Ca fait plaisir de voir que Sergio perd pas la main, j'aurais bien aimé voir ca ! Par contre tres etonnante ta reaction envers Dionysos...
by OscarTramor



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