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31/05/2008 Garorock 2008 : grand succès entre surprises et déceptions !
Report
by OscarTramor pour fm-r


12ème édition de notre festival printanier favori, l’affiche du Garorock se détache de ses concurrents pour notre plus grand plaisir avec des noms comme : Pigalle, Modeselektor, Psykup, Bauchklang, Cocorosie, Amon Tobin, Mix Master Mike. Certes la communication a été prise en défaut une fois encore par les effets d’annonce, point de Justice, Sebastian, Iggy Pop ou Cypress Hill… il reste que l’affiche 2008 a de la gueule et capable de satisfaire les plus fins gourmets comme le grand public. Chronique de 3 jours plein de promesses.

http://oscartramor31.free.fr/Mygmusique/garorock2008.jpg

Vendredi 04 avril

Arrivée sur le tard, du fait des bouchons monstres qui accueillent les festivaliers, le site montre ses limites et c’est près de 3h de tête à cul avant de pénétrer dans l’enceinte des décibels. Heureusement mon nouveau compagnon GPS me sauve la vie et me permet de gagner bien plus rapidement les scènes. Il reste une demie heure à GROUNDATION pour un reggae jazzy aussi étonnant que réjouissant. La voix nasillarde si particulière du chanteur et les instrumentations atypiques proposent un reggae qui s’éloigne des conventions permettant d’apprécier à leur juste valeur ces américains. Moi qui ne suis pas fana de ce genre, je succombe à ceux-ci. Le public en osmose leur rend bien la donne…

Concert catastrophe des SVINKELS, victime de problèmes techniques en série. Leur nouveau set avec les musiciens remplaçant Pone était pourtant attirant mais on pu en admirer seulement que 3, 4 morceaux, les coupures électriques nous privant du show… Le peu que j’ai pu voir cependant ne m’a pas conquis, mais bon, comment juger sur une si courte durée ? La sauce montait sur « Céréale killer » avant de friser le court circuit, interrompu 2 fois avant de jeter définitivement l’éponge… Même ressenti sur les nouveaux titres du futur « Dirty centre », guère enthousiasmant à la première écoute. Attendons le 16 juin pour juger !

Petit détour auprès de BEAT ASSAILLANT, hip hop accompagné par un orchestre jazzy, vite lassant pour ma part, je file rejoindre la grande scène bondée.

La co-tête d’affiche, avec les 2 Wu Tang, BIRDY NAM NAM surprend et déçoit les fervents supporters du premier album avec un set en décalage complet. Bien qu’appréciant particulièrement « Live in Paris », j’aime aussi leur virage actuel, terriblement dansant, avec de grosses montées diaboliques et qui au moindre break enflamme l’auditoire. Le show light est un peu cheap au début mais devient un peu plus en phase avec l’ampleur qu’a pris le groupe dès le milieu de la démonstration. Un concert fort agréable entouré d’un public en furie.

Après le show, à tous les sens du terme, des 4 DJs, c’est AMON TOBIN qui s’empare de la foule qui ne demande qu’à danser ce soir. Et justement le brésilien leur donne ce que le public demande, oubliant le coté alternative pop tant apprécié pour ma part, allié à des changements de rythmes complètement fous et incompréhensibles. Amon se perd dans ses tempos, déclenchant break et beat insaisissables, déstabilise les curieux se faisant de moins en moins nombreux au fur et à mesure du set… Il est temps de rejoindre l’allemand de cesse encensé par les génies de la pop anglaise.

Radiohead les cite à chaque interview, MODESELEKTOR, Thom Yorke les classe parmi la playlist idéale à longueur de questions, il n’en fallait pas plus pour aiguiser ma curiosité. Et comme habituellement ils ne se trompent pas, c’est une très belle découverte, de l’électro tout en nuance. On reconnaît même un bon nombre influence des 5 d’Oxford, c’est dire la qualité de la prestation. Ils ont aussi collaboré avec TTC, Nathan Fake, Puppetmastaz… Ils ont en plus bons goûts ! Le live se partage entre électronica ambient et rage énergique construit à base de recyclage de sons divers et variés pour obtenir un son unique, prenant. Le concert de la soirée !

Après la grosse surprise Modeselektor, METHOD MAN & REDMAN, les 2 MC du Wu Tang Clan incendient la grande scène devant un public à l’affût du flow ravageur des américains. Malheureusement à l’image du set du Wu Tang aux Eurocks de l’année passée, celui-ci ne me touche pas plus que ça… Dans tous les cas les amateurs présents ont sacrément apprécié à la vue de leurs acclamations conséquentes.

On dit de YUKSEK qu’il est la nouvelle star montante de l’électro, je me précipite donc sous le chapiteau pour découvrir les talents du monsieur. Et des les premières minutes la déconvenue est à la hauteur des attentes, un son somme toute banal, de montée en descente prévisibles, je peine à m’accrocher, les forces diminuent, il est temps de retourner au camping…


Samedi 05 avril

Début d’après midi ensoleillé, le temps est à la sieste, mais on est pas la pour flemmarder, il y a du lourd aujourd’hui, la grosse journée du festival. A peine le dessert digéré, je fonce donc sur les lieux de débauche pour un détour sous le petit chapiteau pour découvrir les gratinés BOB LOG III, américain fervent défenseur d’un blues rock débridé accaparant l’attention des premiers festivaliers.

Les non moins délurés PSYKUP, et c’est peu de le dire, sont d’attaque pour affirmer leur métal aux multiples horizons auprès d’un public encore parsemé mais qui va vite s’agglutiner devant les toulousains. C’est par un dévastateur « Color me blood red » issu de leur troisième album tout fraîchement sortie « We love you all » qu’ils débutent leur prestation. Les nouvelles compos sont déjà maîtrisées à la perfection et la foule de clairsemé devient massive sous le grand chapiteau. Le rouleau compresseur ne durera que 45 petites minutes mais aura marqué les esprits, c’est une évidence tant MiLKa, Ju et la bande auront injecté un bon coup de pied aux clichés du genre avec un humour génial.

Un très court aperçu de LOFOFORA confirmera si besoin est que Reuno écrase de son charisme et le combo a une énergie démoniaque pour défendre « Mémoire de singes », malheureusement les interviews me rappelleront vite backstage. Nul doute que ma route recroisera rapidement les parisiens sur leur terrain de jeu favori.

La grande scène accueille COCOROSIE, qu’on imagine mal en festival, et pourtant les sœurs Casady, malgré un attirail scénique en complet décalage, rassembleront les foules. Je suis resté bloqué sur le premier album « La maison de mon rêve » attaché au psyché folk, je ne me retrouve absolument pas sur l’évolution de leur bricolage musical. Est-ce du à une méconnaissance de la récente discographie ? Le lieu du concert ? La présence du beat box au milieu des compositions douces et amère ?

Dès le début du bal populaire de MASSILIA SOUND SYSTEM, on sent qu’ils sont plus motivés que jamais pour faire chavirer Marmande. Le grand chapiteau est surbondé, le public à l’anis est encore en pleine possession de ses moyens, prêt à la grosse fiesta du commando sudiste. Gari sur ressort, le Papet avec un aplomb charismatique, un Tatu en grande forme, et le reste de la troupe ont une sacrée bouteille pour développer un show festif et enjoué apte à déchainer l’ensemble des festivaliers. Que ce soit le récent attirail d’« Oai E Libertat », les vieux millésimes « Tuba la pipa », « Commando fada », « Lo oai », ou même un medley fédérateur « Toute petite danse », « Qu’elle est bleue », c’est terrible, comme ils le disent si bien. Mention spéciale à « Toujours (… et toujours) » et « Lo grand tramblament » dévoilant une autre facette tout aussi intéressante, une dose d’émotion au milieu des autres redoutables hymnes à l’énergie. Les papes de la fête occitane ont littéralement foutu le feu au Garorock avec un enthousiasme contagieux et entrainant. Des acclamations unanimes saluèrent la prestation des marseillais, provoquant un rappel démentiel. J’en ai encore des frissons… et des sourires gravés dans ma mémoire. Le concert du festival !

Par curiosité, je voulais voir IAM, bercé par leur son à l’adolescence, je m’imaginais un vrai spectacle sur la tournée. Encore une belle déception car mis à part l’incroyable ferveur du public, les marseillais nous assènent un set sans temps fort, vrai redite des albums, sans prestances particulières, mou et consensuel. Je quitte le navire pour un repas bien mérité.

Les deux prestigieux DJs belges de 2 MANY DJS s’emparent des machines pour faire danser la foule, et ils savent le faire les bougres, leurs bootlegs aux petits oignons sont taillés pour le dancefloor. A grand coup de beats ravageurs, ils dévergondent le moindre récalcitrant même si on peut regretter le choix des morceaux fm et une prise de risque très minime, ils ne « joueront » que les hits.

Lassé des belges, je file rejoindre le célèbre DJ des Beastie Boys MIX MASTER MIKE sous le chapiteau. Et lui on ne peut pas dire qu’il se ménage tant il se donne derrière ou devant ses platines, haranguant sans cesse une assistance à maturité alcoolique et de bien autres substances. Master Mike puise dans un répertoire éclectique et de qualité pour un mix corrosif et technique. Le gros américain bouleverse la donne à chaque morceau provoquant une belle effervescence. En voila une pointure qui n’a pas volé son succès !

Rapide passage vers les tendances DIRTY FONZY pour voir que leur punk’n’roll est toujours aussi cliché, certes efficaces mais relativement redondant. Je préfère rester sur mes acquis dans ce domaine. Les Sheriff ou les Burning, il y a que ça de vrai !

Virée vers MISSILL, curieux de la découvrir entouré d’un groupe, mais sitôt arrivé sous le chapiteau, la diablesse DJ est bien seule. D’après les dires, vu son timing ultra serré à cause de son relatif succès actuel, la belle est très demandée, elle n’aurait pas eu le temps pour bosser avec les musiciens. De ce fait, vu tant de fois, je décide de préserver mes forces pour le lendemain et file me reposer pour une nuit courte mais bien mérité. De toute façon j’aurais encore beaucoup d’occasions de la croiser.


Dimanche 06 avril

Dernière ligne droite du festival, et la journée la moins attirante sur le papier, il n’y avait que La Rue Ketanou et la reformation de Pigalle pour me faire rester en terre marmande. Je débarque sur les lieux quelques minutes avant que les parisiens offrent leurs talents sur la grande scène.

Attendu au tournant LA RUE KETANOU, tête d’affiche du dimanche, et après une longue absence pour présenter les nouveaux titres du futur troisième album, ce fut finalement un feu de paille. Je ne sais si c’est l’horaire matinal (16h !), une setlist mal gérée (les morceaux inconnus en premier), ou le peu de concert effectué depuis plusieurs mois, mais toujours est-il que la sauce n’a pas pris. Très peu d’ambiance, des titres exécutés sans passion, le public réagit timidement, et même sur les tubes « Des hommes que j’aime », « Les cigales », « Les mots », « Almarita »… La recette est pourtant maitrisée habituellement, aucun doute la dessus, mais au Garorock, elle fut amarrée.

C’est au 5 beatboxers BAUCHKLANG de prendre la suite sur la petite scène pour déverser leur surprenant show. De compos en reprises, leur créneau est la voix, sans le moindre instrument, chacun s’évertue à recréer les chansons dans un univers propre. Imaginez 5 gaillards reprendre du Queen avec leurs seules cordes vocales… Impressionnant n’est pas volé, car les allemands ont un talent certain dans l’art du bruitage, on jugerait qu’un DJ se cache derrière mais c’est bel et bien l’apanage des beatboxers. A peine un petit quart d’heure car se chevauchant avec la Rue Ketanou, c’est bien dommage tant ils méritaient une meilleure place. A revoir sans aucun doute !

Les BB BRUNES, ombres d’eux même ne se foulent pas pour allumer les ados admiratifs quoiqu’il arrive. C’est un massacre en règle de tout ce qui fait l’art du rock, les tenues, les coiffures, les attitudes, tout chez eux accentue les petites envies de meurtres. Pitoyable ! Je crois que c’est le mot qui résume le mieux ces gamins, et leur public hurlant dans la fosse, entouré par leurs parents un peu en retrait. C’est peut être eux les plus à plaindre, à devoir supporter leurs enfants écouter ce pseudo groupe. En plus ils n’attirent pas tant de monde que ça… et les boutonneux filent sitôt le concert terminé (à peine une demie heure !), alors qu’apporte ce genre de mauvaise farce au festival ?

CALI, homme de scène, c’est un statut pas volé, c’est même un euphémisme tant le monsieur se donne à 100% sur les planches. En dehors de ça, pas grand-chose à retenir, son passage à Luxey au festival Musicalarue 2004 m’avait étonné, depuis le matraquage médiatique et la linéarité de ses productions m’épuise…

Je profite de ce temps libre pour m’attrister devant EMPYR. Emmené par le leader de Kyo et des membres de Watcha, Pleymo, Vegastar, le groupe ne part pas favori ! Mais pourquoi pas leur laisser une seconde chance ? Et bien j’aurais moins perdu mon précieux temps à faire la queue pour un sandwich… « Ils n’ont rien inventé, tout copier », c’est une phrase qui les caractérise à merveille. Copier est une chose, mais quand c’est en plus mal fait, il n’y a plus grand-chose à garder… Le chapiteau se vide, il n’y a guère qu’une petite centaine de résistants, les autres ont fuit ! Pour une fois, les spectateurs ont eu du nez. Bien leur a pris.

2007, 2008, la période est aux reformations pas toujours heureuses. Après Police, No one is innocent, Rage Against The Machine, Elmer Food Beat, c’est PIGALLE qui reprend les affaires. François Hadji Lazaro a roulé sa bosse en solo depuis ces années fastes du rock français mais a gardé son impressionnante garde robe, une armoire de guitare et autre instruments à cordes de multiple horizons. Cette ribambelle de plus ou moins 6 cordes donne une couleur unique à chaque morceau offrant saveur chanson, chaleur rock, voyage dépaysant, ou bien rage punk. Le groupe aux cent facettes ne peine pas à conquérir les présents avec une recette imparable entre vieux tubes des Garçons Bouchers « La bière », « Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs » du fameux album « Regards affligés » et autres pièces moins connues mais tout aussi bien exécutées. En voila une reformation qui ne surfe pas sur le business pour proposer une reformation de gout. Foncez !


Conclusion

Cet heureux finish sonnera le glas de mon Garorock 2008, la fatigue est de la même tenue que les années passées, mais la satisfaction moindre. En effet, malgré une affiche d’une qualité certaine, le trop de reggae, de hip hop ou d’électro (la nouvelle mode) délaisse un public amateur de rock et de chanson. Bien sur le festival ne stagne pas sur un critère et se révèlera à la hauteur de beaucoup d’attentes, il faut en juger par l’ambiance folle qui a régner tout le week end digne des concurrents estivaux et l’affluence record de 43 000 spectateurs pour reconnaître le succès de l’édition. Je ne peux m’empêcher de penser qu’un évènement se doit de proposer des têtes d’affiche comme par le passé Public Enemy, Deftones, Vitalic, Olivia Ruiz pour se stabiliser dans le temps, surtout par les temps qui courent où même les plus gros connaissent de plus en plus de problème à établir une programmation majeure (cf Eurockéennes, Benicassim, Sziget…). Gageons que cette année l’organisation a joué la carte de la sécurité pour consolider les fondations pour nous proposer un futur encore plus réjouissant, et tenter quelques risques (post rock, métal, folk…). Je ne vais pas cracher dans la soupe tout de même, Première Pression nous a concocté 3 jours fort satisfaisants et je leur dis avec grand plaisir à l’année prochaine !




03/06/2008
[quote=maxjura]Relativement d'accord dans l'ensemble meme si selon moi t'as loupé de purs trucs (High Tone, Kid Koala, Daniel Darc...)[/quote] Je bossais pendant le festival, j'ai pas pu tout voir du coup... [quote=maxjura]et je comprend pas comment t'as pu approcher a moins de 200m des BB Brunes ou d'Empyr sans etre pris de violentes crises d'epilepsie.[/quote] Simple curiosité, et pour confirmer ce à quioi je m'attendais, je te rassure, j'ai pas tenu tout le set, loin de la ! [quote=maxjura]Je comprend pas trop non plus pourquoi d'un côté il y a trop de hip-hop et d'électro et de l'autre il manque des tetes d'affiches comme Public Enemy et Vitalic ?[/quote] On peut attendre des têtes d'affiche sans que ce soit l'overdose dans le style ;) En fait je fais déjà bcp bcp de concerts le restant de l'année, alors ce que j'attends de voir dans un festival, c'est des groupes que je ne vois pas le restant de l'année...
by OscarTramor


03/06/2008
Relativement d'accord dans l'ensemble meme si selon moi t'as loupé de purs trucs (High Tone, Kid Koala, Daniel Darc...) et je comprend pas comment t'as pu approcher a moins de 200m des BB Brunes ou d'Empyr sans etre pris de violentes crises d'epilepsie. Je comprend pas trop non plus pourquoi d'un côté il y a trop de hip-hop et d'électro et de l'autre il manque des tetes d'affiches comme Public Enemy et Vitalic ? En tout cas tres agreable a lire...
by maxjura


01/06/2008
Au temps pour moi, j'ai confondu fatigue aidant ! C'est corrigé.
by OscarTramor


01/06/2008
"Mix Master Mike, DJ de Cypress Hill". Pas mal celle-là... :rolleyes: Pour info : Mix MasterMike : Dj des Beastie DJ Muggs : Dj de Cypress
by youpa



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