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30/08/2008 Eurockéennes : Live Report en léger différé
Report
by Conrad pour fm-r


Entre petits groupes pointus et bruitistes et têtes d’affiches datées (pour ne pas dire has been), cette 20e édition des Eurockéennes de Belfort n’a pas laissé indifférents les fans du festival. Pourtant force est de constater que même si la situation actuelle du milieu du spectacle musical évolue, les Eurockéennes (« Eurocks », pour les intimes) tiennent plutôt bien la route.

Arrivé sur le camping le mercredi soir, je n’ai pas pu assister au concert donné sous une tente sponsorisée par une marque de pile à lapin car je ne l’ai pas trouvée. En même temps, je dois avouer ne pas avoir trop cherché et on ne va pas se plaindre pour une fois qu’on ne voit pas trop les sponsors. Passons sur l’ambiance du camping qui, en dehors de la bande d’amis avec laquelle je me trouvais, me semble de plus en plus calme chaque année. Les mauvaises langues accuseront la programmation de plus en plus familiale du festival, mais qu’importe…

Le vendredi, la plus grosse journée des Eurocks pour moi devait commencer avec le belge éthylique Arno mais un départ un poil trop tardif et un concert raccourci pour quelques prétextes auront raison de mon envie. Un petit tour à la loggia pour A Place To Bury Strangers, histoire de constater que ce style n’est définitivement pas pour moi et je vais me refugier sur la plage pour y apercevoir les écossais de Biffy Clyro dont les 3 premiers albums oscillent de l’excellent au très bon. Malheureusement, un son trop brouillon et trop de chansons de l’exécrable dernier album me laisseront de marbre. Quelques instants plus tard, le dilemme Comets On Fire/Cat Power me tiraille mais le blues psyché noise rock (insérez un style journalistique pompeux ici) des premiers gagne et… bonne pioche, très bon concert bien maitrisé. Toute bonne chose ayant une fin, il faut partir avant celui-ci justement, car je ne louperais pour rien au monde le concert de Massive Attack. Après un début en demi teinte pour cause de plein jour, la nuit tombe et le spectacle commence, un son parfait, un jeu de lumière et une setlist qui tiennent largement la route (quoique les morceaux sont un peu convenus selon certains puristes, mais qu’importe). Le seul défaut du concert étant d’être en même temps que Galactic mais après tout, le temps n’est pas extensible. On enchaine directement avec Genghis tron et son métal barré, ses grosses guitares, son chant hurlé et leurs compos déstructurées. L’absence de batterie ne gêne en rien le concert, par contre les chansons récentes manquent cruellement de folie ce qui entraine une petite escapade vers Deus, mauvaise idée cette fois, je tombe en pleine partie ventre mou du concert, n’étant pas assez fan, je préfère m’éclipser. La soirée continuera ensuite sans grande surprise musical mais sympathiquement autour d’une sieste devant Ben Harper, une partie de The Gossip (bien énergique même si je ne suis pas adepte), une fuite de la scène ou joue Nortec Collective et un retour au camping pour se reposer les jambes.

Le samedi est plus léger et ne propose aucun dilemme pour moi. On commence doucement avec Vampire weekend qui m’ennuie royalement, je ne connais pas l’album et le son de la plage ne me donne pas envie de continuer, je vais donc me placer correctement pour Sharon Jones And The Dap Kings, quelques mètres plus loin. Le concert commence sans Sharon Jones mais les Dap Kings mettent déjà l’ambiance sous le chapiteau qui va littéralement être retourné par l’arrivée et le set de la petite femme pieds nus. En un peu plus d’une heure, elle nous fera danser et éliminer toutes les calories en trop dues à la malbouffe d’un festival. Suive un petit passage devant Cavalera Conspiracy et leur métal basique mais efficace, les squatteurs de festivals de The Do et on se place devant Grinderman. Le groupe du grand Nick Cave distille son blues rock sur la grande scène quasi désertée du public. La moustache de Cave fait mouche et le final sur Tupelo m’achève. Ça sera LE concert de la journée. Un passage ultra rapide à Shape Broad Of Mind, très bon sur album mais décevant en live, puis traversée du site pour voir Red Sparowes qui, à l’inverse sont énormes en live. Très bon souvenir. La journée de concert va se terminer sur N.E.R.D dont la musique n’est pas extraordinaire mais qui fait bouger un peu le popotin. Je me suis même surpris à louper le concert de Fucked Up car je suis resté trop longtemps, trop car j’ai eu le malheur d’entendre 7 Nation Army final.

Le dimanche commence doucement avec une partie de MGMT que je n’apprécie guère plus que lors de leur tournée en sale et j’ai une grande envie de voir Seasick Steve, je me déplace donc vers la scène. Il s’agit pour moi d’une énorme découverte : imaginez une sorte de pequenot texan en salopette, barbu et surement édenté (je ne suis pas allé voir) et son batteur, qui à l’air d’un autiste chevelu, faisant un pur blues des familles mais avec une énergie et une présence phénoménale. Le Club Deville est plein et l’ambiance est très bonne malgré le temps pluvieux. Malheureusement, étant fan des gallois de Mclusky, je me dois d’aller voir Future Of The Left, le nouveau groupe de certains de leurs membres. Un concert excellent et très rock n’roll. Une petite pause à la buvette s’impose avant l’enchainement final du dimanche soir, à savoir Holy Fuck/Yeasayer/Battles/Ez3kiel. Sur le papier, c’est plutôt énorme, sur scène ça oscille entre le fantastique et l’anecdotique. Après un court passage devant The Offspring (curieusement, les membres du groupe m’ont l’air très jeunes), Holy Fuck lance les hostilités avec brio, leur mélange de d’électro, de rock et d’autres choses est très entrainant et ne fera vraiment pas tache avec le concert de Battles qui aura lieu sur la même scène plus tard, tellement les 2 groupes sont proches musicalement (Cela n’engage que moi). Après une téléportation vers l’autre bout du site, on assiste au concert de Yeasayer qui, mal placé entre deux groupes géniaux, n’arrivera pas à captiver mon petit cerveau enivré de 3 jours de musiques. Surtout que je compte garder un maximum de force pour le gros morceau de la soirée : Battles. Troisième fois que je les vois et c’est toujours la même claque, malgré un set qui n’a que très peu évolué. Mais leur musique donne toujours autant envie de remuer la tête, voire de sauter dans tous les sens. Bref, de l’énergie il y en avait sur scène mais avec la maîtrise des gens de ce groupe, elle est canalisée vers le public presque nombreux de la loggia. Car oui, il faut quand même admettre que le public, plutôt familial, a préféré s’amasser devant les grandes scènes, pour voir Moby et consort, que de découvrir les perles des petites scènes. Qu’importe, l’amateur de musique n’a que faire de la popularité, tant que la musique sonne, sonne, sonne. Dernier concert du weekend pour moi, le set deEz3kiel à été une très bonne surprise. Leur show avec vidéo laisse peu de place à l’improvisation mais est très joli, voire impressionnant, notamment la partie avec l’animation en synchronisation avec le batteur. Le groupe réussi à faire un set carré sans être froid, en interagissant avec le public par l’intermédiaire d’un ballon qui circule dans la foule, devenant par la même musicienne puisque chaque touche du ballon provoque la suite de la chanson. Un bien beau final, donc.
Cette édition des Eurockéennes est un beau cru avec quelques bonnes découvertes, quelques beau gros noms, mais on ne peut que constater une lente et douloureuse progression du festival vers une programmation plus grand public avec, en parallèle, des petits groupes pointus n’intéressant pas grand monde (parmi le grand public, il s’entend). On observe donc une espèce de scission entre la grande scène et les autres, même si certaines lueurs d’espoir, tel que le Club Deville plein pour le concert de Seasick Steve, sont bien présentes. I want to believe.

Ps: n'hésitez pas avec vos commentaires du style "t'es même pas aller voir ça" ou "t'es trop nul" car il est toujours bon de rire dans ce monde si dur et si sombre.




02/09/2008
tout à fait thierry
by youpa


01/09/2008
t'es même pas aller voir Santogold !!
by kix


31/08/2008
T'es trop nul t'es pas allé voir Moby ^^
by Fanch


31/08/2008
pour ez3kiel, je me demande si la video n'est pas reliée aux pads de la partie electrique de sa batterie ...
by snockot



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