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25/07/2010 Dour 2010 : un autre point de vue !
Report
by Conrad pour fm-r


Le festival de Dour est réputé pour sa taille et surtout son nombre de groupe. On n’était pas trop de deux pour couvrir qu’une partie de ce qui c’est passé sur la plaine de la machine à feu ce week-end du 16 juillet.

Mercredi : mise en place.

Contrairement à mon collègue, un petit bourgeois a qui il faut son confort, mes compagnons et moi squattons le camping et ses hordes de tentes deux secondes. Qu’importe le confort, c’est surtout une question d’argent puisqu’au final, le campement n’était pas très loin des festihuts et un bon matelas gonflable fait bien l’affaire. Surtout qu’au camping on peut se faire réveiller par des voisins ivres qui tombent sur la tente, on profite des jolies jeunes filles qui passent et des porcheries du voisinage (voir parfois profiter de leur jet de tomates ou de réchaud allumé)

Jeudi : un apéritif avant le grand jour.

Arrivé trop tard pour les hardcoreux tatoués Hoods la journée commence doucement avec Todd et son rock noise bruitiste qui fait, il faut l’avouer, un peu mal aux oreilles grâce au légendaire mauvais son du festival. Mais les occasions de voir les Américains sont rares alors on subit (mais de la buvette quand même). S’enchaine sur la même scène les heavy métalleux poseurs de Baroness. Entrainé par mon groupe d’amis, trop influençable je suis, je ne peux que me résoudre à voir un concert de poseurs répétant inlassablement et continuellement la même chanson. Si peu d’originalité fait mal au cœur et malgré mes efforts, je dois fuir. La solution se trouve dans l’errance sur le site. C’est l’avantage d’avoir 6 scènes (enfin 5 le jeudi), en se promenant suffisamment longtemps on finit toujours par trouver quelque chose qui accroche l’oreille. Au hasard des pérégrinations, on tombe sur Wax Taylor qui même si il fait toutes les foires à la saucisse francophones, avait réussi à ne pas tomber sur mon chemin. C’est chose faite maintenant et ce n’est pas si horrible quand c’est la première fois, il a même des musiciens ! Changement d’ambiance ensuite avec DevilDriver, le groupe des anciens de Coal Chamber, souvenez vous de la vague de néo de 2002. Pas de surprise, c’est du gros son, du lourd qui tache. Pas mauvais au demeurant, il faut être d’humeur. Sauf que le jeudi, on est la pour Faith No more et la tête n’est que pour la reformation du groupe de Patton. 22h le concert commence. Le groupe est en costard comme sur les dernières tournées, Patton en bleu pailleté. Les tubes s’enchainent, le rappel est l’occasion de ressortir des vieilleries et surtout de constater que finalement le poids de l’âge se fait sentir. Tout le show repose quasiment sur les épaules du chanteur qui peut enchainer les cris et le chant clair à la perfection. À peine le temps d’essayer de faire chanter un petit garçon (pas très coopératif d’ailleurs), d’insulter une spectatrice et le concert est déjà fini. Entre bonheur et déception, le choix des chansons laisse un petit gout de pas fini (même pas un « digging the grave »).
Nouvelle promenade, on passe devant DJ Zinc et sa musique putassière au possible. Un seul rythme, des breaks pénibles, des montées qu’on voit venir de loin, mais c’est rigolo pour danser et se défouler avant d’aller voir Le Bal Des Enragés. Réunissant la fine fleur du rock/metal/punk français, le spectateur assiste impuissant aux reprises de Motorhead, Nirvana, des Svinkels et j’en passe. Bonne ambiance même si tout cela sonne très punk à chiens et la bière bon marché. Ce concert va clôturer ma journée de concert, car le temps passant je deviens de plus en plus vieux (à raison d’une année à chaque festival).

Vendredi : Le grand soir !

Parti tôt du camping pour pouvoir apprécier les concerts, je suis arrivé tard sur le site. La faute au village associatif et ses stands de vêtements de hippie, mais surtout au stand de prévention. Vraiment sympathique, le personnel fait un bon boulot avec distribution de préservatifs et autres choses tout en supportant avec un grand sourire les gros lourds partiellement éméchés qui viennent leur poser des questions stupides. Dommage que l’emplacement soit moins accessible que les stands pour acheter des sarouels (l’orthographe n’est pas déterminée) hors de prix.
Début des festivités de la journée avec les anciens Dog Eat Dog et leur fusion rock/rap avec du saxophone. Ils sont contents d’être là et ça se ressent. Le public (enfin moi) attend impatiemment leurs tubes « isms » et « no fronts » qu’ils feront avec un grand sourire. Sur les côtés du stand attendent les « danseuses » de jupiler pour distribuer leurs ridicules chapeaux rouges. On est donc américain pendant une heure.
Un enchainement aurait dû avoir lieux avec Hightone, mais il fut interrompu par une partie de Frisbee improvisé avec des inconnus flamands. Pour la paix entre les peuples, il a fallu s’y contraindre avec plaisir. C’est aussi ça Dour, un programme alléchant, mais qu’on arrive jamais à voir. Après cette petite pause sportive vient Gwar. Costumés sur scène et à fond dans leur délire, ils vont servir pendant une heure un hard rock assez peu intéressant, mais se rattrapent avec un show qui en vaut la peine. Entre l’empalement d’un policier/porc, la décapitation de Benoit XVI, la pénétration du cou de Satan par le pénis du chanteur, le démembrement d’un extra terrestre et le traitement de faveur du fan Number 1, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Surtout que chaque intervention se finit toujours par des gerbes de faux sang rouge, bleu ou vert sur le public, amateur de bon gout et ravi d’être sous les jets !
Dans un style encore différent, les Fun Lovin Criminals s’installent sur l’autre grande scène et vont y jouer leur rock jazzy bien cool et on redevient américain pendant une heure. Cool sera d’ailleurs définitivement le mot qui décrit le mieux ce concert tant les New-Yorkais ont la classe. On finira d’ailleurs d’apprécier le concert au stand de bière spéciale (une merveilleuse idée de la part de l’organisation) pour encore plus de fraicheur.
Il va être 23h, la nuit est tombée, il est temps de passer aux choses sérieuses. Atari Teenage Riot va tenter de faire fondre le cerveau des spectateurs en poussant les BPM de la boite à rythmes à fond et en hurlant leur slogan révolutionnaire. Les Allemands font dans l’hyper violence et ça marche très bien. Mon petit corps fragile ne tient pas trop donc je m’éclipse avant la fin histoire de me placer pour Chris Cunningham. Manque de peau, si visuellement c’est intéressant (et encore) la musique ne suit pas. On déménage donc à Carl Craig puis Dave Clarke pour danser un peu, mais voila qu’il est déjà l’heure d’Otto Von Sirach et son breakcore malsain. Otto est un habitué de Dour, mais chacune de ses prestations est différente. Cette fois c’était plus sobre (malheureusement), mais la fonte de cerveau amorcée précédemment avec Atari Teenage Riot reprend quand même. Après une heure de lobotomie musicalement assistée (mais de bon gout) Bong Ra s’installe. Vu mon état de fatigue et les deux MC venu gâcher la musique, il est normal que je n’accroche pas. Au dodo si je veux survivre aux deux jours qui restent.

Samedi : c’est repos

Petite journée pour moi, même si sur le papier il y avait de quoi faire : Fucked Up, Breakestra, Mayer Hawthorne, Bilal, Lee Fields, Crown City Rocker, Poulycroc, Jr Reid (cherchez l’intrus) n’auront pas l’honneur de m’avoir dans le public. Il faut faire des choix, c’est Dour.
La journée va donc commencer avec les chialeuses de Chokebore. Très bonne surprise : le concert n’est pas larmoyant. C’est même très bon quoiqu’en pense le public qui boude leurs prestations et déserte le chapiteau. En plus, les horaires permettent de voir le concert en entier et la fin de Mass Hysteria pour avoir un bon souvenir de mon adolescence : juste le temps de voir que Mouss est devenu vieux et qu’ils jouent contraddiction, respect to the dancefloor et furia (comme au bon vieux temps). Black Mountain enchaine, mais peu ou pas de souvenir de ce concert. Rien de marquant. Pause nourriture, même si c’est un bien grand mot et c’est parti pour De la Soul et ses musiciens. Malgré les problèmes techniques, pas de micro sono pour le deuxième chanteur, le concert est parfait. Les instruments permettent une nouvelle interprétation de leurs chansons. Pour le plus grand bonheur de tout le monde, les arrangements sont très bons et ça fait du bien par où ça passe.
On continue dans le hip-hop avec la légende Pete Rock sauf que cette fois-ci on se retrouve avec un show classique à base de chansons tronquées et de « heyyyyyy hooooooo ». Bref pas très intéressant. La soirée se finira avec Étienne de Crécy dont la musique ne m’attire pas spécialement, mais avec une mise en scène sympathique à base de cube. Rien de transcendant, mais une bonne façon de finir avant de retourner au camping, manger du saucisson, profiter de la fraicheur et parler avec ses voisins de tente.

Dimanche : On voit le bout !

On passera gentiment sur Shining et Melissa Auf Der Maur qui jouent trop tôt et la journée va commencer avec Tinariwen que j’arrive ENFIN a voir. En plein soleil, pour commencer, leur blues rock africain passe magnifiquement bien avec un cornet de frites à la main. Malheureusement, les voir m’oblige à louper Brother Ali et Monotonix, mais la vie est dure…
On passe du coq à l’âne avec Antipop Consortium qui joue non loin de là. Très bonne prestation des Américains. Leur hip-hop est bon et pour une fois on ne passe pas (ou peu) par les habituels « I can’t hear you dour !! ». On notera au passage qu’un des chanteurs pense être en France. Leur final sur ping-pong rend la foule hystérique (c’est mon côté marseillais) et nous libère juste à temps pour aller voir Steve Von Till/Harvestman donc la lenteur n’a d’égal que l’ennui que sa musique provoque. Cela dit, allongé devant le chapiteau à regarder les autochtones passer, ce n’est pas désagréable… Un petit détour devant Giant Sand et leur country/rock/western fort sympathique avant d’arriver au stand de bière spéciale d’où je constate que Ghinzu à bien changé. On file donc à la petite maison dans la prairie pour voir Archie Bronson Outfit qui fait un rock beaucoup plus convaincant en toge et avec des hommes nus sur scène.
Un bon moyen de conclure un festival puisqu’il est temps maintenant de traverser l’Europe en voiture vers ma prochaine destination…Je loupe donc à mon grand regret quelques groupes…

Au final…

Cette édition de Dour n’est pas ma première, mais sans être la meilleure, ce n’était pas la pire.
Comme chaque année, un menu musical très intéressant et éclectique qui force à faire des choix poignants, des jolies jeunes filles, de la bière bonne, mais dont le prix augmente à chaque fois. On regrette toujours la nourriture trop chère et trop mauvaise, les sauces très mauvaises pour le transit et la dégueulasserie du camping (provoqué par l’incivilité de certains festivaliers bien sûr) et surtout comme tous les ans : la fouille devient de pire en pire, on confisque les bouchons cette fois et toujours aucun point d’eau sur le site…
Cette édition finit donc bien mon cycle Dour puisque je ne crois pas être suffisamment en forme pour avoir des journées de 10 heures de concerts, mais que la jeunesse y aille, ça reste du bon.
P.-S. : les plus méchants pourront aussi reprocher l’envahissement du site par la publicité en particulier les deux stands qui passent de la musique immonde en quasi permanence…et ils n’auront pas tort.




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