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20/07/2012 Dour - 12 au 14 juillet 2012 (livereport)
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by Jogging Vert pour fm-r Mon pari était de ne faire aucun festival d’été cette année. Faire une pause en quelque sorte. Même Zidane l’a fait. Trop de concerts tuent le concert. Puis trop de traduction d’émotion (livereport) tue l’émotion. Solidays, j’ai tenu (ouais, je ne me suis pas forcé une seule seconde). ME003, j’ai tenu. Rock Dans Tous Ses Etats, j’ai tenu. Worldwide, j’ai tenu. Puis, début juillet, j’ai fauté. J’ai été lire le pdf de la prog de Dour, pour voir. J’avais beau avoir vu passer les salves d’annonces pendant des mois, j’ai pris une baffe dans le museau. Au moins 50 groupes que je voulais voir. Puis j’ai imprimé le programme, j’ai commencé à entourer les groupes, à demander à mes potes comment ils y allaient, à mettre 2-3 slips de côté… Ils m’ont eu. J’y retourne ! Voir du Rock à mon Dour (Gerard Blanchard cassedédi).

JEUDI 12 JUILLET 2012
Premier plantage de tentes ok (même si la nana du groupe a oublié les arceaux de sa canadienne… déjà qu’avoir une canadienne en 2012 c’est la biffe… tout comme utiliser l’expression biffe en 2012, ça se tient). Première nuit au camping ok (si ce n’est qu’il s’intitule D, donc après le A, le B et le C en toute logique, donc très loin des concerts). Première pinte, renversée (le barman, voyant ça, me fait un signe de la tête, prend mon verre et… le jette à la poubelle !). Premier hamburger oignons : on confond américaine et andalouse (foutues habitudes françaises). Premier trajet : on retrouve nos marques. Tiens, 1€ de taxe pour tout retrait bancaire ? Pas fun. 15h00, la surf music maniérée (et pas calée) de LA FEMME nous prouve d’entrée son faible intérêt malgré la vague de hype qui l’accompagne. 15h15, seuls deux morceaux new-wave des JUVENILES suffisent à me convaincre du fort potentiel des JLBistes. A revoir. Les gens flânent, allongés dans l’herbe. Profitez. 15h30, SOULEANCE nous récite une énième fois La Belle Vie, grosses basses à l’appui. Ils prêchent un converti. Toujours autant de classe et de groove. 16h30, belle pop électronique que celle des CASIOKIDS, et beau final sur Fot i Hose. C’est fou comme les gens du Nord ont une joie de jouer communicative. Ibrahimovic est sans doute l’exception qui confirme la règle. 17h00, LA RUDA fait ses adieux avec honneur, en jouant sur la grande scène (un chapiteau aurait été plus approprié et électrique). Tous les classiques y passent (danser sur Roots Ska Goods m’a rappelé mon été 98). N’en déplaise à ma jeunesse, ça a tout de même bien vieilli (la faible affluence/vivacité du public confirme mon propos). Cela n’empêche pas de voir un mec sortir du simili pogo le nez en sang. Rendez-vous en décembre pour la der des der. 18h00, C’est fou comme les corps propres et parfaits des danseuses du Jupiler Bar tranchent avec nos dégaines de clodos. Enfin, n’oublions pas que beaucoup de festivalières portent les bottes, le poncho de pluie, mais gardent le boom-short ! Sexy par tous les temps ! Vooous les feeeemmes. 19h00, la pop world d’OWINY SIGOMA BAND nous replonge allégrement dans le Worldwide 2011. Coquillages et crustacés… 21h00, Je ne comprends définitivement pas le succès de SHAKA PONK. Show kitsch, danses alambiquées, grimaces tarabiscotées, ensemble faux et peu dansant (véridique). Pauvres jeunes. 21h30, SELAH SUE, Janis belge, croonise la foule, soul au vent. Une nana m’interpelle, « c’est beau un homme avec de la barbe », puis s’en va aussitôt. Reviens dans une heure chérie, et on verra si mon k-way décathlon te séduit autant… J’en rassure certain, je ne cumule pas avec la chemise à carreaux. 22h00, AFRICA HITECH, soit la viciosité pénétrante du dubstep sans les inconvénients. La techno (parfois tribale) vient parfaire le tout. 22h30, CARIBOU, échappé du Radiohead Tour, vient distiller une transe électronique démente. Magique, une fois de plus (comme au Bal Blanc). 23h20, SCUBA déverse de la techno au kilomètre. Mouais. 00h00, les sons mélodiques et aériens de RONE confirment qu’il est bel et bien une des étoiles montantes de la techno made in France. Live à la rentrée. 00h50, SQUAREPUSHER, l’homme aux 3 Sonars (Barcelone, Tokyo, Sao Paulo), éclate nos rétines et nos neurones. Ufabulum en live est d’une déstructuration et d’une férocité rare. Comme au Sziget 2009, la déflagration musicale du festival. Public non averti s’abstenir. L’entre deux concerts est gâché par l’intervention d’un relou de hippie pot de colle… de Vendée ! Cela ne s’invente pas. 02h15, CLARK finit de nous réduire la caboche en confiott’. Bonne chose de l’avoir vu aux Nuits Sonores il y a 2 mois, pour l’apprécier pleinement (car après Squarepusher, c’est chaud). A te ratatiner le cervelet (rigolez pas, ici il le mange). 03h30, AGORIA présente son projet Forms, soit 3 bouts d’accordéon de papier lumineux en guise de déco… Heureusement, niveau son, c’est toujours aussi imparable. Notons que Moustique, le fanzine du festival, titre ceci dans son canard du jour « Ce dj lyonnais conjugue positive attitude, chose plutôt rare dans le milieu et… ». Toujours autant à côté de la plaque ceux là. Bon, plus que 40 minutes de marche, et on pourra dormir. Treize heures de concerts, ça use.

VENDREDI 13 JUILLET 2012
Il n’est plus question de faire sa belle, le temps est venu de chausser les bottes pour ne plus les quitter. Les premiers échos des bars laissent deviner Scatman et les Lacs du Conémara (tiens, j’y mets une faute d’orthographe rien que pour faire chier Sardouille). On est bien tintin. Tiens, 2€ la douche au camping ? Pas chouette. 15h45, KLUB DES LOOSERS. Un artiste qui déglingue le contenu de la série Bref ne peut qu’être respectable. Mais dur d’enquiller un tel flow de (bonnes) paroles aussi tôt, la tête encore embourbée avec le son dégueu craché par les enceintes. Peut-être pas un groupe de live. 16h20, MURKAGE nous fait fondre les dernières crottes de yeux restantes de la nuit. Puissance incroyable. Un son grime très anglais dans l’âme, tellement punk ! 17h00, SPEECH DEBELLE et sa voix reconnaissable entre mille, nous bercent paisiblement dans un rap saupoudré de soul. Appréciable mais on attendait presque plus. 17h30, je découvre enfin HANNI EL KHATIB, loupé aux dernières Trans. Résultat, du rock garage, efficace car simple, sec et efficace. M’étonne pas que tous les programmateurs aiment… 18h00, ROOTS MANUVA, petit bidon et absences de sortie (bien perché à coup sur, jusqu’à en écrire un texto pendant un morceau). Un hiphop lorgnant légèrement vers le ragga dancehall. Reste des tubes, qui passent comme du petit lait (rien que pour Let The Spirit). Belle maîtrise. 19h00, un bon bol du « doux » dubstep mental de PINCH sous le chapiteau Balzaal (temple de la junkietude). Du Burial en plus charnu ? Bien plus passionnant que son essai avec Shackleton. 20h20, je passe devant Dinosaur Jr, légende rock, très vite rattrapé par l’appel du burger. 21h00, l’air innocent de ST VINCENT, petit brun de femme, délivre sans mal une prestation pure, mélange de rock, de pop et d’audace. 21h30, si décevant l’été dernier, MOUNT KIMBIE arrive ce soir à traduire en live leur phénoménal Crooks & Lovers. Dubstep expérimentale, electronica, voir hiphop. Profond. 22h30, PANTHA DU PRINCE. Après l’avoir vu deux fois en dj set (pas folichon), voici enfin un live digne de Black Noise. Techno house, ambient, organique, naturelle, mélancoliquement captive. Du grand art. 23h, la queue au bar, des coups d’épaules à tous les coins de rues, des gens qui montent aux poteaux dans les chapiteaux. Le festival bat visiblement son plein. 23h15, que dire du concert de BATTLES. Encore et toujours déroutant. Rock expérimental, aux confins d’une pop tribal électronique. En somme, une musique déviante ! Puis, la (superbe) pochette de Gloss Drop n’a jamais aussi bien collé à l’évènement (une sorte de joyeuse boue). James Blake est sacrifié sur l’autel d’un enchaînement de bons concerts (puis, c’est un dj set, un sacrilège si l’on pense une seconde à son live dantesque). Et Balzaal c’est loin, encore plus en bottes de 4 kilos chacune. 00h00, BLACKSTAR (aka Mos Def et Talib Kwell) nous réconcilie définitivement avec le hiphop (à l’ancienne) sur la Last Arena. D’une telle facilité, d’une telle évidence. A trois, la scène leur parait pourtant petite. Tout bonnement, la classe. 00h30, ACTRESS bien que décrié ci et là, pond une techno appréciable, riche, audible et même mieux, dansante ! Rien d’extraordinaire, mais bon. 01h00, les deux derniers morceaux de FOREIGN BEGGARS sentent très fort le dubstep bien crade. Attention à ne pas gâcher une si belle virtuosité. 01h15, CASPA enchaîne lui aussi sur du dubstep salasse, à en passionner n’importe quel teufeur lassé de devoir se défendre en repas de famille d’écouter de la hard-tek (le dubstep, c’est tellement plus cool et moderne). Pas ma came. 01h30, THE EXPERIMENTAL TROPIC BLUES BAND nous remue gaiement le fion. Autant de rapport avec les tropiques que Dombasle à la musique. Rock’n’roll, vif, explosif. Défoulement salvateur, telle une récré d’antan. 02h30, CONGOROCK nous cague la même daube que Caspa ! Lui aussi ? Merde. Remarque, un pote de Bloody Beetroots ne peut qu’être détestable. 02h50, DJ FOOD va-t-il nous sauver cette fin de soirée en demi-teinte. Ça part moyennement bien avec des remixs bon marché (Beatles, House Of Pain, Damian Marley) pour basculer vers le drame : du dubstep criard, pour un dj hiphop de chez Ninja Tune ? On est proche de l’hérésie. Puisque c’est ainsi, je me retire dans mes appartements, non sans jouer avec quelques centaines de mes camarades au patinage artistique sur boue. Autant de concentration (sur l’équilibre) à une heure tardive, ça force d’admiration. C’est dingue comme on tient à nos fringues.

SAMEDI 14 JUILLET 2012
Jeans 1 HS. Next. On a bien fait de ne pas planter nos tentes prêts des allées : les pauvres ont morflé grave (fusion entre terre et tissu). Tiens, belle apparition de quelques graviers et ballots de paille pour combattre la boue… mais difficile de lutter contre 4 jours de plugia. 16h10, FRANCOIS AND THE ATLAS MOUNTAINS jouent le rôle des Frosties. Le côté pop trendy, bobo africanisé (pléonasme) est un peu repoussant. N’empêche que ça sonne juste pour lancer la journée. Mon voisin y voit une ressemblance avec Sylvie Vartant : la dope fait des ravages. 17h00, DIMLITE. Stones Throw, electronica, abstract hiphop, bricoleur de samples, beatmaker inventif tous les voyants sont aux verts. Réjouissant. Ambiance plus tendue à la borne de rechargement de portables (excellente idée), tout le monde guette n’importe quel individu louche qui s’approche de son GSM (c’est comme ça qu’on dit ici). 18h00, les MARCEL & SON ORCHESTRE fêtent eux aussi leur tournée d’adieux. La fin d’une époque (ska-rock des années 90). Les vieux titres me font toujours autant sourire. Ours Ours. 19h00, DÂM-FUNK (mix corporel d’Ice-T & Tido Berman) nous catapulte, un peu plus fort, la claque prise à Sète un an plus tôt. Quel groove mes enfants. Plus funk, tu meurs. L’envie de copuler ou de se rouler dans le sable (la boue oui) est trop forte. Les solos basse, batterie, synthé mettent un point d’honneur au show. Sublime. 20h00, THE PARCYDE LIVE BAND prolonge le plaisir. Hiphop pêchu & festif from L.A., trop peu connu (comparé au Jurassic 5 par exemple). Pas d’Officer (qui m’a fait découvrir le groupe), mais du Drop (bien que moins tonitruant que le clip). Jolie outro sur Nightmares On Wax. 21h00, BON IVER hypnotise l’assemblée par sa folk féérique. Grosse impression. Que de chemin parcouru depuis 4 ans. Bon Oncert. Rendez-vous à la rentrée au Pitchfork. 21h30, DOOM n’a pas annulé (cf Nuits Sonores), mais je passe à côté de sa prestation. A moins que ce ne soit lui ? Un peu trop smooth peut-être. Ça arrive. 22h00,la pop électronique de LITTLE DRAGON me déçoit quelque peu elle aussi. Je n’ai pas réussi à me mettre dans l’ambiance expérimentale dirons-nous. 23h00, le vieux hiphop underground des DILATED PEOPLES (ne surtout pas tenter la VF) me met du baume au cœur. This Way et Delilah sonnent encore sur la plaine. 23h30, la house de T. WILLIAMS me remet définitivement dans le bain. Mes fesses bougent de nouveau. 00h00, LUNICE (à ne pas confondre avec Luniz hein) ou quand l’electronica rencontrent la bassmusic, chapeauté par des voix hiphop old school. Prenant. 00h45, JULIO BASHMORE écrase la fin de nos forces à grand coup de basses et de techno lancinante. Un petit remix de Let’s Go, ça r’quinque un homme. 01h10, impossible d’entrer dans le chapiteau où joue FLUX PAVILLON, vu la chaleur qui en émane. J’aperçois même des gouttes dégoulinant partout à l’intérieur du chapiteau. La (dubstep) fournaise ! Vu le son assommant, c’est peut-être un mal pour un bien. On aura le temps de les croiser cet automne (Nördik Impakt, Marsatac). 01h20, je me plante de chapiteau et tombe nez à nez avec la techno profonde et captivante de BEN KLOCK. Nooon ! J’avais décidé d’éviter Klock & Dettmann pour profiter des autres groupes. Dur de s’en extirper. 01h30, déjà vu aux côtés de FlyLo l’an passé, DORIAN CONCEPT prouve qu’il est plus qu’un faire valoir. Génie des synthés et du groove, il arrive à créer un nouveau croisement entre le hiphop, le jazz et l’electro. Juste atmosphérique et bluffant. 02h00, TNGHT (Lunice + Hudson Mohawke) enfonce le clou. Deux tels beatmakers ne pouvaient accoucher que d’un beau bébé. C’est chose faite. Mastoc et minutieux. 03h10, MOSCA nous achève par une house minimale, quoi qu’entrainante. Déjà ma dernière nuit. Je dois louper le dernier jour, heureusement le plus faible en terme de programmation (même si une petite sieste sur The Abyssinians m’aurait bien plu).

CONCLUSION
Troisième édition et toujours les mêmes constats : une programmation incroyable (la meilleure d’Europe, un seul des 7 chapiteaux pourrait faire un festival à lui tout seul), un site « basique » et un accueil rock’n’roll (voir rudimentaire). La météo n’a pas été clémente (du jamais vu, l’an prochain, on économise pour se payer un Flexotel). Après, la pluie et la boue n’ont jamais tué personne. Comme dit l’année dernière, Dour c’est un état d’esprit, une culture. On y adhère, ou pas. 148.000 personnes ont choisi. Nous aussi.
BONUS
Livereport Dour 2011 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=14719 Livereport Dour 2010 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=13320 Livereport Dour 2009 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=11945 Livereport Dour 2008 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=10801 Livereport Dour 2007 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=2088 Livereport Dour 2006 : http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=830 + http://www.fm-r.info/forum/viewtopic.php?id=874
17/08/2012 cimer by Jogging Vert
07/08/2012 Putain de report. J'adore, comme d'hab. Continue!! by dafritch
29/07/2012 On ne peut pas tout faire :) Puis les headliners ne me parlaient pas des masses... by Jogging Vert
29/07/2012 Ou sont les head-liners???;-) by GreGoS
21/07/2012 Merci mec. by enzo
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